Érosion côtière : des habitants craignent la disparition de la plage de Tamarin
Par
Mukul Doollah
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Mukul Doollah
Une partie de la plage de Tamarin est aujourd’hui menacée de disparition, victime d’une érosion côtière sévère déclenchée il y a quatre mois par une erreur humaine. Un chauffeur de pelleteuse, par facilité, a creusé à une dizaine de mètres des arbres au lieu d’intervenir à 150 m, au centre de l’embouchure. Résultat : près de 100 m de plage déjà perdus, et un écosystème bouleversé par la déviation des eaux de deux rivières vers le littoral.
Chaque été, les plaisanciers ouvrent normalement l’embouchure de deux rivières après la saison sèche, mais cette erreur humaine aurait lourdement impacté le littoral.
Aujourd’hui, avec la montée des eaux, les arbres ne protègent plus le sable. Un lampadaire, un panneau en brique et plusieurs bancs ont déjà été emportés par les vagues. Le kiosque principal et un arbre centenaire sont désormais menacés. Entre colère et désespoir, les habitants constatent la disparition progressive de cette plage publique et lancent un appel urgent aux autorités pour intervenir rapidement. En attendant, ils tentent eux-mêmes de trouver des solutions.
Selon l’activiste Percy Yip Tong, plus de 100 mètres de plage ont été érodés en seulement trois jours : « Des ki sa in arive en desam, fin fer complaint online lor Beach Authority, ban la in agir. Mais de semain de sela, fin ena gro vague, lerla ki disab in ale. Ek aster si ban lorite pa compran lurgence, nu pu bizin agir mais fode zot don nu lotorizasyon ».
Entre-temps, Percy Yip Tong a demandé une autorisation de travaux de désensablement auprès du ministère de l’Environnement. Dans une lettre datée ce lundi 27 avril, il a précisé être prêt à reprendre immédiatement ces travaux pour ralentir le courant destructeur, sans aucun financement du ministère. L’objectif est que la rivière retrouve sa sortie naturelle vers la mer. Il ajoute qu’il ne reste que peu de jours avant l’arrivée de grosses vagues, comme l’ont annoncé les services météorologiques, et de ce fait qu’une deuxième pelleteuse est nécessaire dans la zone affectée.
Brendon Labonne, habitant et surfeur, propose également la solution : ouvrir une passe dans une autre zone de la plage pour dévier le passage des eaux de la rivière. Mais pour cela, il faut l’aval des autorités. Selon lui, la situation est préoccupante : « Bann lotorite bizin konpran lirgans sa sitiasion-la, sinon sa parti la plaz la pou disparet ».
Avec le sable, les vagues emportent aussi de nombreux souvenirs. Véronique, habitante de la région, témoigne de sa déception : « Apre douz an mo pe retourn dan lendrwa. Li bien sagrinan nu pa ress nu laplaz. Nu ti pe al la pes, mars lor sa disab la. Azordi pa ress nanie pu nu ban zenfan ». Pour ces habitants, la plage de Tamarin est en danger. Ils attendent une action rapide des autorités avant qu’il ne soit trop tard.