Environnement : mieux contrôler les granulés plastiques pour réduire la pollution à la source
Par
Patrick Hilbert
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Patrick Hilbert
Une nouvelle étape est engagée dans la stratégie nationale de réduction de la pollution plastique avec la mise en œuvre des recommandations issues de l’étude intitulée « Supply Chain Analysis for Plastic Pellets ». Cette décision, entérinée le 6 février dernier, vise à encadrer plus strictement l’importation et l’utilisation des granulés plastiques, considérés comme une matière première clé dans la fabrication de produits plastiques.
L’étude menée dans le cadre du projet « Implementing Sustainable Low and Non-Chemical Development in Small Island Developing States » (ISLANDS), financé par le Global Environment Facility et déployé dans 33 petits États insulaires en développement, s’inscrit dans une démarche de structuration des politiques publiques face à la pollution plastique. Elle a consisté en une analyse complète de la chaîne d’approvisionnement des granulés plastiques afin d’aboutir à un cadre stratégique pour la réduction progressive de l’usage de granulés plastiques vierges dans l’économie nationale.
Parmi les principales recommandations figurent la régulation des granulés plastiques en tant que produit contrôlé, avec un système d’enregistrement des importateurs, ainsi que l’amélioration de l’accès aux données douanières et du reporting, en collaboration avec la Mauritius Revenue Authority. L’objectif est de disposer d’une meilleure traçabilité des flux et d’outils de suivi plus précis pour orienter les décisions politiques.
Sur sa page Facebook, la Junior Minister à l’Environnement, Joanna Bérenger, a apporté des précisions sur l’état des lieux et les enjeux. « Jusqu’en novembre 2025, nous ne disposions d’aucune information sur la quantité de granulés plastiques entrant dans le pays. » Elle rappelle que « les granulés plastiques sont justement ce qui sert à fabriquer les produits en plastique en général, comme les sacs, les emballages, les bouteilles en plastique qui sont produites localement. »
Selon les données issues de l’étude, « en 2024, nous avons importé plus de 29 800 tonnes de granulés plastiques à Maurice pour une valeur d’environ Rs 2,2 milliards ». La Junior Minister souligne également que « les chiffres montrent une croissance constante, avec une situation appelée à s’aggraver si nous ne faisons rien d’ici 2030 ».
Joanna Bérenger met en avant les lacunes actuelles du dispositif de suivi : « Pour l’instant, les importateurs n’ont aucune obligation de nous fournir des informations sur la quantité de granulés plastiques qu’ils font entrer dans le pays ni sur ce qu’ils en font. » Elle précise que cela s’explique par le fait que « pour l’instant, ce n’est pas considéré comme un produit contrôlé ». Dans cette optique, « les recommandations formulées dans cette étude et approuvées […] incluent le fait que les granulés plastiques doivent devenir un produit contrôlé » et qu’il faudra « améliorer notre système de contrôle ainsi que la manière de faire le reporting avec la douane ».
Les informations collectées ont par ailleurs été transmises à l’Université de Maurice, qui travaille à l’élaboration d’une feuille de route vers une réduction accrue de la dépendance au plastique. Pour Joanna Bérenger, « le moment est venu de pouvoir mettre en œuvre une stratégie pour combattre la pollution plastique de manière raisonnable et durable », ajoutant que « tant que nous adopterons des lois sans comprendre la complexité de la chaîne d’approvisionnement et les habitudes des consommateurs de plastique, nous resterons largement sur la touche dans ce domaine ».