Economie

Entrepreneuriat - Restauration rapide : Popcorn Master, le maïs pour couronner un riche parcours

popcorn L’entreprise est devenue une référence dans la fabrication et la commercialisation du popcorn.

Sis dans la zone dédiée à la restauration de Phoenix Mall, le commerce offre du popcorn et de la barbe à papa à une clientèle à cheval sur la qualité. L’entreprise se fait la vitrine du parcours réussi de son propriétaire. Mais ce cheminement n’a pas été aussi linéaire et rose qu’on pourrait le croire. Ashley Kamanah, le maître des lieux, se confie.

Nommez un travail manuel – riche en sueurs et pauvre en revenus – auquel Ashley Kamanah n’a pas touché avant qu’il ne s’installe à son compte et qu’il ne gravisse les échelons jusqu’à ce qu’il devienne une référence dans le popcorn ? Il a tout fait, ou presque, permettant à sa famille de joindre les deux bouts et de se sortir de la pauvreté. Certes, il admet qu’il récolte les fruits d’un dur labeur sans avoir eu un parcours académique. Cela n’a pu se faire sans avoir été humble, simple, tout en restant pragmatique.

« Ayons un mental solide. Évitons de contempler le passé. Évitons de perdre du temps en s’apitoyant sur les erreurs. Mon parcours repose sur cette approche de la vie, » affirme Ashley Kamanah, 40 ans, aujourd’hui marié et père de deux fils. « Dans des moments difficiles, je ne me suis pas apitoyé sur mon sort et je n’ai pas cherché la sympathie des autres. Nous ne parviendrons pas à nous assurer deux repas par jour et avoir un toit en choisissant cette voie. »

Quand il relate son cheminement dans le monde du travail depuis son jeune âge, on comprend mieux l’état d’esprit de ce natif de Goodlands. Sa mère est employée d’usine. Il est à l’école primaire. Mais il travaille au marché le week-end pour un salaire de Rs 10. Étudiant au collège Friendship, il aide dans un poulailler. Il trouve le temps pour se faire sélectionner dans l’équipe nationale de football des moins de 13 ans.

Précarité financière oblige, le jeune Ashley abandonne les études secondaires. Il est alors en Form II. Il sera tour à tour dans la construction, la restauration en tant que serveur, jusqu’à ce qu’il essaie de trouver un brin d’espoir dans la vente de légumes frais.

« Je me suis installé à mon propre compte à l’âge de 20 ans. Chaque jour de foire, je prenais deux caisses de pomme d’amour que j’allais vendre à Cité Martial. C’était 40 kg à transporter chaque matin par le bus. Au retour, j’allais bêcher dans un lopin de terre que je louais avec un particulier, » relate-t-il.

L’influence et l’aide maternelle le pousseront à évoluer à un palier supérieur, à chaque tournant important. D’abord, il y a cette enveloppe d’aide de Rs 5 000 qui lui permet d’acheter une Morris Oxford. Ce moyen de transport lui permet d’acheter et de revendre fruits et légumes et s’assurer de meilleurs revenus. Mais, deux ans plus tard, il fait un accident. La solide voiture est irrécupérable. Ce malheur le mène à un nouveau palier. Il fonce. Il achète un poids-lourd grâce à un emprunt contracté auprès de la Banque de développement. Jusqu’en 2006, il tentera de se relancer dans le négoce et commerce de fruits et légumes.

Mais ce secteur d’activités a ses mauvais côtés. Le business est saisonnier. Le mauvais temps arrive toujours dans une période riche en revenus qui se transforme en de longs moments sur la touche. Après ce constat, Ashley Kamanah décide d’investir dans un créneau qui lui assurerait une source constante de revenus. C’est ainsi qu’il se lance dans la commercialisation de popcorn. Il réinvestit à chaque fois pour acheter de nouveaux équipements qui lui permettent d’opérer dans d’autres régions du pays…jusqu’à ce qu’il s’installe au Phoenix Mall, sans pour autant se défaire des difficultés rencontrées en cours de route.

L’ambition de diversifier est toujours là. Les crêpes salées, faites à l’ancienne comme on en voyait dans les snacks, trouvent facilement preneur. Il compte investir dans des équipements à la pointe de la technologie, pour la restauration.

Mais l’homme n’oublie pas ses origines et son parcours. L’éducation et le bien-être de ses enfants sont prioritaires, afin de leur donner ce qu’il a abandonné il y a presque trois décennies…

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