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Entrepreneuriat : Min Lee a lancé son premier business à 17 ans

Min Lee À 32 ans seulement, Min Lee est à la tête de deux entreprises.

Elle est née à Singapour, a vécu en Amérique et a posé ses valises à Maurice pour lancer récemment sa seconde société : Red Dot. Min Lee, aujourd’hui âgée de 32 ans, est aussi la fondatrice de l’entreprise sociale Play Moolah. Zoom sur cette passionnée d’entrepreneuriat.

« L’entrepreneuriat nous permet de construire à partir d’une page blanche et d’être créatifs, de choisir nos clients et de travailler avec les personnes que nous apprécions. Dans un monde où la plupart des métiers du futur n’ont pas encore été inventés, je sais qu’il y en a un qui ne disparaîtra jamais, affirme Min Lee. C’est celui d’entrepreneur, car par défaut, il sait toujours comment créer de la valeur. »

À 32 ans, Min Lee est à la tête de deux entreprises. La toute dernière, Red Dot, a vu le jour en 2018 à Ébène. Celle-ci, spécialisée dans la transformation, aide les organisations et les individus à concrétiser leurs objectifs en utilisant des techniques rapides et modernes d’innovation, pratiquées par l’entrepreneuriat à forte croissance de la Silicon Valley et de Singapour.

Min Lee explique : « Nous ne sommes pas des vendeurs de solutions ou de méthodologie préétablie. Nous utilisons notre capacité à comprendre de manière holistique et en fonction de la complexité de chaque organisation et de son environnement et nous la combinons avec notre expérience du business, de la technologie et une connaissance de la culture mauricienne pour conseiller nos clients sur la manière la plus rapide de créer l’impact. Nous ramenons aussi à Maurice notre réseau global d’experts dans les domaines tels que le Human-Centered Design, le développement Agile et la Data Science, entre autres. »

C’est en 2016 que Min Lee pose ses valises à Maurice. Originaire de Singapour, elle a vécu sept ans à la Silicon Valley en Amérique. Elle y a rencontré un Mauricien. Ils se sont mariés. « Nous étions dans la technologie depuis de nombreuses années. Nous voulions un changement pour faire un travail plus percutant tout en nous rapprochant de nos familles. Nous avons senti qu’un nouveau réveil se préparait à Maurice, propice aux start-up, aux entrepreneurs et à l’innovation. Il est encore tôt mais il y a une communauté grandissante de décideurs qui plantent de bonnes graines pour l’avenir du pays. Nous aimons être des catalyseurs précoces. »

C’est avec ses associés Natacha Emilien et Alam Kasenally que Min Lee a lancé Red Dot. Toutefois, au lieu de faire appel à des investisseurs externes, ils l’ont lancée en ayant recours à du bootstrapping. « Notre premier bureau était notre appartement à Flic-en-Flac. Notre première session de brainstorming s’est déroulée durant la période cyclonique de février 2018. Nous utilisions des boîtes de carton de déménagement comme whiteboards ! Faire du bootstrapping et ne pas faire appel à des fonds externes nous a permis d’instaurer une discipline où nous devions nous assurer de dépenser chaque roupie judicieusement et uniquement si cela apportait de la valeur au business. Aujourd’hui, nous avons une petite équipe, un bel espace d’innovation à Ébène que nous appelons notre chez-nous et des clients que nous aimons beaucoup », confie Min Lee.

Parcours atypique

Jeune, elle n’avait aucune idée du métier dans lequel elle voulait se lancer, mais elle savait ce qu’elle ne voulait pas faire. Aujourd’hui, la CEO se plaît d’être le témoin de transformation des individus et des entreprises « Je ne voulais pas être employée dans une entreprise, car mon niveau d’énergie est souvent affecté par les jeux de politique interne ou la bureaucratie inutile. Je ne pouvais m’imaginer passer les années les plus dynamiques de ma vie dans un tel environnement. »

Fascinée par le monde du travail « qui semblait beaucoup plus intéressant que l’école », elle s’y lance à l’âge de 14 ans alors qu’elle est toujours scolarisée. À 17 ans, elle lance un studio de Graphics Design. Elle pensait que ce serait une bonne idée de vivre de sa passion qu’est le design. Elle a vite déchanté lorsqu’elle s’est rendu compte que faire du design comme une activité de loisir est complètement différent du design pour des clients.

« C’était impossible de développer ce business à grande échelle vu que les meilleurs designers que j’employais me quittaient pour fonder leur propre entreprise. Je me retrouvais avec des débutants. Je travaillais sans cesse à des heures indues pour pallier le manque de ressources. J’ai appris que dans le business, il est important de savoir quand se retirer et bouger vers quelque chose de plus grand. »

Emballée par le monde du travail, Min Lee prend des emplois à temps partiel, en parallèle avec ses études, dans divers secteurs dont l’agroalimentaire, le marketing, la santé, l’éducation et le secteur bancaire. Elle a ensuite l’occasion d’intégrer une start-up de la Silicon Valley, qui est ensuite rachetée par Skype pour $150M.

« Je suis reconnaissante de ce parcours atypique qui m’a permis d’acquérir de l’expérience et de comprendre les dynamiques du monde du business. Je suis inspirée de voir comment les meilleures pratiques d’une industrie peuvent s’appliquer à une autre. »

En 2010, elle lance Play Moolah, une entreprise sociale qui utilise la gamification pour bâtir de bonnes habitudes par rapport à l’argent. « Elle seule ne suffisait pas à combler ce fossé et à influencer le changement d’attitude. Nous avons développé une combinaison de produits éducationnels et technologiques. Nous avons commencé des cercles de conversations, permettant aux jeunes adultes d’explorer leur lien relationnel avec l’argent,  en créant un espace sécurisé où ils peuvent parler de tout l’aspect émotionnel entourant l’argent - comme la honte, l’estime de soi – ou comment équilibrer passion et nécessité de travailler pour avoir un salaire. »

Si son emploi du temps est chargé, Min Lee trouve toutefois du temps pour sa famille. Maman d’une adorable petite fille depuis deux semaines, Min Lee et son époux essaient de s’accorder du temps. « Comme mon époux est aussi dans le business, nos vies de travail et de famille s’entremêlent. Mais autant que possible, nous tentons de ne pas parler travail à la maison et de passer au moins un jour par week-end sans aucun plan, deadline ou événement social. »

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