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Entrepreneuriat - Menuiserie : Bois du Monde Larhubarbe met en valeur l’artisanat

Bois du Monde Larhubarbe

L’ameublement de base, les gravures sur bois, les escaliers torsadés... On trouve de tout sur la page Facebook de Bois du Monde Larhubarbe. Telle est l’offre d’un jeune Mauricien qui essaie de se frayer un chemin à la force de ses poignets et de son talent.

Natif de Rose-Hill, cadet d’une fratrie de trois enfants, Elvis Larhubarbe concède volontiers qu’il n’est pas doué sur le plan académique. À 12 ans, il abandonne l’école pour aider son père dans un atelier de menuiserie. Après la fermeture de cet atelier, il est envoyé dans d’autres ateliers et ce, durant cinq ans. C’est ainsi qu’il découvre le bois, cette matière si noble. À 17 ans, il cerne toutes les techniques de l’ameublement. À cet âge, rien ne lui fait peur et il n’hésite pas à démarrer sa carrière d’artisan du bois. Il travaille d’abord pour des particuliers. Puis, il fait partie des ouvriers œuvrant sur des villas de grand standing telles que Tamarina et Anahita. Ses compétences sont requises pour les escaliers en bois de l’Assemblée nationale. Il commence à sillonner le pays. Ce qui le mène dans le Nord. Une fois les contrats bouclés à Grand-Baie, il s’installe à Grand-Gaube, pour être plus près d’une nouvelle liste de clients.

Le choix d’Elvis, menuisier qui sillonne le pays pour exécuter divers types de travaux, est révélateur à plus d’un titre. D’une part, cela permet à Elvis de confirmer la demande pour des œuvres sur mesure, d’évoluer vers l’ameublement haut de gamme et contemporain et d’avoir une approche plus collaborative entre le client et l’artisan, tant dans le choix du bois que dans le design. D’autre part, cela lui permet de soutenir les grands projets d’immobilier de luxe, car ces derniers sont demandeurs de main-d’œuvre talentueuse. Ladite compétence, tant dans la fabrication que l’entretien futur, demeure une denrée rare dans le pays.

La force de cet artisan de 30 ans, en couple et père d’un enfant, réside dans le marketing sur les réseaux sociaux. À 14 heures, le lundi 24 septembre, son compte Facebook compte déjà  3 121 amis. Chiffre étonnant si on tient compte de la taille du pays et le métier de notre interlocuteur. Comment est-ce possible ? À cette question, notre interlocuteur répond que « le compte Facebook est géré par ma compagne, Nicole. Quand je reviens du travail, nous discutons de ce qu’on peut ajouter en termes d’illustrations ». Et d’ajouter : « c’est un de mes clients qui m’a suggéré la nécessité d’avoir une présence sur Facebook. Et ça marche. Nous avons reçu beaucoup de messages, que ce soit pour une prise de contact ou des questions précises sur l’ameublement et les travaux. »

Si les menuisiers en général préfèrent travailler dans le confort de leur atelier pour ensuite compléter les travaux chez leurs clients, en revanche, Elvis Larhubarbe opte pour le contraire. Non pas parce qu’il ne veut pas d’un atelier – bien au contraire – mais parce que cette option permet au client de suivre l’évolution du chantier.

« Si le client trouve des imperfections ou alors s’il veut modifier ou rajouter quelque chose à sa commande initiale, ce sera plus facile de le faire sur place », fait ressortir notre interlocuteur. « J’ai appris à m’adapter aux demandes des clients. D’ailleurs, je les aide à choisir le bois idéal pour le meuble selon leur désir. Je les accompagne pour acheter les matériaux. Ce qui fait qu’ils ont la confirmation du prix et aussi de la qualité. Très souvent, dans le passé, je me suis retrouvé à recommencer à zéro un meuble fabriqué par un autre. La simple raison est parce que le bois utilisé n’était pas approprié », explique-t-il.

Cependant, Elvis Larhubarbe est conscient de la nécessité d’avoir son atelier voire son coin où il pourra travailler et faire resurgir son art sur le bois. Mais, dit-il, tout est une question de financement. Il est également opportun d’avoir des « guides » pour faire émerger des entrepreneurs, une catégorie sur laquelle Maurice a fondé beaucoup d’espoir…