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Entrepreneuriat - Maya Sewnath : pas de réussite sans prise de risque

Maya Sewnath

Cette femme n’a pas froid aux yeux. Elle s’est battue contre vents et marées pour se faire une place dans le monde de l’entrepreneuriat. Son succès repose sur sa détermination, la persévérance et son acceptation de prendre tous les risques pour atteindre son but. Rencontre avec la directrice de SSS Furniture qui fabrique tous types de meubles pour le compte des plus grands magasins du pays.

Zone industrielle de Valentina, Phoenix, vendredi après-midi. À l’arrière du complexe industriel de la Compagnie Mauricienne de Textile, se dresse, dans un cadre féerique, un bâtiment flambant neuf. Celui-ci se trouve dans l’une des rares régions de la localité qui a gardé son aspect naturel. Maya Sewnath en est très fière. Elle nous invite à monter à l’étage supérieur de son bâtiment. Et de là, on peut avoir une vue imprenable sur la nature, avec des arbres et une rivière. Une véritable source d’inspiration pour les peintres. Si Maya envisage d’embellir l’espace qu’occupe son bâtiment, elle se fera aussi un devoir de préserver la nature environnante. C’est là qu’elle se rend pour se relaxer et se ressourcer après une dure journée de travail.

À ce jour, elle a investi quelques Rs 30 millions dans le bâtiment dont la construction n’est pas encore achevée. Valeur du jour, c’est seulement la partie de l’atelier qui a été completée. « J’ai hypothéqué tous mes biens. Un seul faux pas et je retourne à zéro. Mais on n’est pas entrepreneur si on a peur de prendre des risques », nous dit-elle.

à l’entendre on peut voir sa détermination et la force qui l’anime. Elle fait partie de cette catégorie de personnes qui ne reculent jamais, même devant les pires difficultés.

Avec son époux Pritish à ses côtés, elle parle des mille problèmes qu’elle a dû surmonter pour arriver à construire son bâtiment, faisant face aux lourdeurs administratives. Elle a accompli un parcours du combattant pour obtenir son permis de construction.

Emprunts bancaires

Maya Sewnath plaide pour plus de souplesse de la part des autorités envers les entrepreneurs qui ont fait leurs preuves et qui veulent agrandir leur business. Elle parle notamment des facilités d’emprunts bancaires pas facile à obtenir. À cet effet, elle propose la mise en place d’une banque dédiée exclusivement aux entrepreneurs. Elle explique qu’après maintes difficultés, elle s’est finalement tournée vers une banque commerciale. « Pour moi ma philosophie d’entrepreneur est que vous devez fight your own case pour réussir. »

L’histoire de SSS Furniture remonte à 1996. Maya explique que son époux qui travaillait comme production manager pour le compte d’une grosse entreprise de fabrication de meubles, avait eu une offre d’emploi plus alléchante d’une autre compagnie. Mais peu de temps après, cette compagnie devait déposer le bilan. Son époux a alors fait l’acquisition de machines et autres équipements de la compagnie en faillite. Ce qui lui a permis de se mettre à son compte aux côtés de son épouse.

« Certes, cela comportait un certain élément de risques, mais c’était le prix à payer pour entrer dans le monde de l’entrepreneuriat », dit-elle. Il faut souligner que Maya avait déjà à l’époque une expérience dans l’administration, ayant travaillé pendant des années au sein de deux importantes compagnies. 

SSS Furniture a débuté avec seulement cinq employés à Saint-Pierre. Aujourd’hui, elle en compte une quarantaine. Graduellement elle a attiré la confiance des grands magasins de meubles grâce à la qualité de ses produits. Elle fabrique aussi des meubles sur commande pour les particuliers. « Nous misons plus sur la qualité que sur la quantité », dit-elle.

En 1999, la compagnie déménage à Riche-Terre où elle va opérer pendant près d’une vingtaine d’années. C’est le 22 octobre dernier qu’elle s’est installée à Valentina dans ses propres locaux.

Mais Maya avoue qu’elle n’est pas au bout de ses peines. Comme tous les entrepreneurs, elle a du mal à recruter la main-d’œuvre locale. Pritish explique, pour sa part, que les jeunes ne sont plus intéressés par certains travaux. Ils préférent d’autres secteurs d’activités.  « On leur offre pourtant un bon salaire, la sécurité d’emploi. Mais au bout de quelques jours, ils partent  », regrette Pritish.

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