Enquête sur des contrats pétroliers de la STC : Kareena Neisius ne pourra accéder aux documents de la FCC
Par
Kursley Thanay
Par
Kursley Thanay
La Cour suprême a rejeté la demande de Liinaa Kareena Neisius, directrice de la filiale mauricienne de MMG, visant à accéder à des documents confidentiels de la Financial Crimes Commission. L’enquête porte sur l’attribution de contrats pétroliers controversés d’une valeur de Rs 30 milliards.
La directrice de la filiale mauricienne de Mercantile & Maritime Group (MMG), Liinaa Kareena Neisius, a vu sa requête rejetée par la Cour suprême dans un jugement rendu le 23 janvier 2026. La femme de 42 ans, provisoirement accusée d’entente délictueuse en vue de commettre le délit de blanchiment d’argent, réclamait l’accès à plusieurs documents détenus par la Financial Crimes Commission (FCC). L’organisme enquête sur des irrégularités alléguées lors de l’attribution de contrats pétroliers d’environ Rs 30 milliards par la State Trading Corporation (STC) à MMG, pour la période 2023-2024.
Dans sa décision, le juge Azam Neerooa, siégeant en référés, a estimé que la quadragénaire n’avait pas démontré l’existence d’une situation d’urgence justifiant l’intervention du juge des référés, conformément à l’article 806 du Code de procédure civile.
L’affaire remonte au 9 avril 2025, lorsque le domicile de Liinaa Kareena Neisius a fait l’objet d’une perquisition, au cours de laquelle des documents et du matériel informatique ont été saisis. Elle a ensuite été interrogée à deux reprises.
À travers ses avocats, la directrice de MMG avait demandé la communication de cinq documents, notamment des procès-verbaux de réunions du Conseil d’administration de la STC et du Conseil des ministres, ainsi que des documents liés à l’attribution d’un contrat de fourniture de carburant à Mercantile and Maritime Investment PTE Ltd. La FCC avait refusé ces demandes en invoquant le devoir de confidentialité prévu à l’article 161 du Financial Crimes Commission Act 2023, précisant qu’elle ne détenait que les procès-verbaux d’une réunion du Conseil d’administration de la STC tenue en juin 2023.
En Cour, Me Yahia Nazroo, avocat de la quadragénaire, avait soutenu que l’accès aux documents était « nécessaire pour permettre à sa cliente de préparer sa défense (…) », en s’appuyant notamment sur le droit à un procès équitable garanti par l’article 10 de la Constitution.
Le juge n’a pas retenu cet argument. Il a rappelé que le droit à la communication complète des preuves « arises only when a person is charged with a criminal offence » et que Liinaa Kareena Neisius disposerait de recours adéquats si une poursuite formelle devait être engagée contre elle.