Mise à jour: 19 janvier 2026 à 12:30

Enquête internationale sur le trafic de drogue et le blanchiment d’argent : La Vida Loca, l’ombre d’un réseau tentaculaire

Par Le Défi Quotidien
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Le Franco-mauricien est également recherché par l’Adsu. Saisie de 16 kilos de cocaine à Madagascar.

Figure clé d’un vaste réseau de trafic de drogue et de blanchiment, Laurent V., alias La Vida Loca, relie Madagascar, Maurice et l’Europe. Malgré l’absence d’inculpation à Maurice, son nom reste central dans les enquêtes internationales et locales.

Son nom revient avec insistance dans plusieurs enquêtes menées à des milliers de kilomètres les unes des autres. Laurent V., plus connu sous le surnom de La Vida Loca, s’impose comme une figure centrale dans un vaste dossier mêlant trafic de drogue et blanchiment d’argent, reliant Madagascar, Maurice et l’Europe, particulièrement l’Espagne.

Bien qu’il ne soit pas officiellement inculpé à Maurice à ce stade, son ombre plane sur les investigations en cours de la Financial Crimes Commission (FCC). Il est également cité depuis un moment dans une importante enquête de l’Anti Drug & Smuggling Unit (Adsu). À Maurice, La Vida Loca vivait dans l’Ouest de l’île, notamment dans un luxueux appartement de Flic-en-Flac.

Selon des renseignements provenant des Casernes centrales, le Franco-mauricien se trouverait actuellement en Espagne, où il aurait récemment été inquiété dans une affaire de trafic de drogue. Son nom figure aussi dans un rapport du Pôle Anti-Corruption (PAC) malgache, établi à la suite d’une importante saisie de cocaïne sur la Grande île. Entre janvier et février 2025, 16,4 kilos de cocaïne avaient été saisis, ce qui équivaut à environ Rs 33 millions selon les autorités malgaches. Selon la Section de Recherches Criminelles (SRC) malgache, la cargaison provenait du Pakistan et devait transiter par Madagascar avant d’être acheminée vers Maurice par voie maritime. Neuf suspects ont été arrêtés dans cette affaire, dont trois ressortissants mauriciens. Les enquêteurs malgaches évoquent l’existence d’une organisation hiérarchisée, dans laquelle La Vida Loca apparaîtrait comme un donneur d’ordres, notamment à travers des échanges téléphoniques jugés compromettants.

Échanges téléphoniques

Les autorités malgaches affirment détenir des enregistrements d’appels datant de janvier 2025, au cours desquels La Vida Loca s’exprimerait comme le chef du réseau, donnant des instructions à plusieurs interlocuteurs, parmi lesquels figureraient des Mauriciens déjà suivis par la FCC. Ces éléments ont conduit à l’ouverture de canaux formels de coopération entre le PAC malgache et les autorités mauriciennes.

Dans ce cadre, la FCC concentre désormais ses efforts sur le volet financier du réseau, cherchant à comprendre comment les profits du trafic de drogue auraient été redistribués et investis à Maurice, notamment à travers des acquisitions immobilières et des biens de grande valeur. C’est dans ce contexte que s’inscrit l’enquête visant Jean Lino Albert, inculpé provisoirement pour blanchiment d’argent. Les autorités mauriciennes cherchent à déterminer si ses acquisitions – dont une BMW X5, un Ford Ranger Wildtrak et plusieurs terrains – seraient liées à des fonds issus du trafic de drogue.

Les enquêteurs s’intéressent également aux déplacements de Jean Lino Albert à Madagascar, notamment à un voyage effectué au début de l’année 2025, au cours duquel il aurait séjourné dans le même hôtel que d’autres individus impliqués dans le dossier. Selon des informations transmises par le PAC malgache, un comptage de colis de cocaïne aurait eu lieu dans une chambre d’hôtel, en présence de membres du réseau, incluant La Vida Loca.

Bien que La Vida Loca ne soit pas actuellement sous la main de la justice mauricienne, son nom demeure étroitement associé à l’enquête menée par la brigade antidrogue.

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