Faits Divers

Énième fugue d’une adolescente de 15 ans - La mère : «Ma fille est une enfant incontrôlable»

line barrack

Karen, 15 ans, est à nouveau portée manquante. Après avoir fugué le 1er juin, l’adolescente est rentrée chez sa mère, à La Butte, Port-Louis, le 11 juin. Mais le lendemain, elle a récidivé. Une énième plainte a été consignée au poste de police des Line Barracks.

Voilà presque huit ans que les parents de Karen se sont séparés. En 2016, lorsque le divorce a été prononcé, c’est Patrick, le père, 41 ans, qui a eu la garde de ses deux enfants. Aujourd’hui, Karen a 15 ans et son frère 12 ans.

La première fugue de Karen remonte à 2017. « Ma fille est une enfant incontrôlable », précise Sarah, la mère, âgée de 39 ans. Et ce n’est pas la première fois que leur fille Karen leur fait un coup pareil. D’ailleurs, la jeune fille a décidé d’interrompre ses études depuis l’âge de 13 ans, malgré l’opposition de son père.

Samedi le 1er juin 2019, elle a fugué une fois de plus. Dix jours après, soit le mardi 11 juin, elle est rentrée chez sa mère. Aux enquêteurs des Line Barracks, elle a expliqué qu’elle se trouvait chez une amie à Baie-du-Tombeau. Mais avec sa mère, c’était une toute autre version. « Ek mwa li dir li ti ek mo zann. Zame mo pa finn marye mo tifi mwa, ki zann li pe koze ? » fulmine la maman.

Moins de 24 heures après, soit le jeudi 13 juin, Karen a récidivé. Sauf que cette fois-ci, elle a oublié ses vêtements. Après que Sarah a informé la disparition de sa fille à la police, cette dernière est retournée chez elle. « Karen m’a dit qu’elle allait prendre un bain et que c’était urgent. Mais en vérité, elle était revenue pour récupérer ses vêtements et s’en aller une fois de plus », s’indigne la mère.

Superviseur au sein d’une firme privée, Patrick, le père de Karen, raconte que, contrairement avec son fils, il en a vu de toutes les couleurs avec sa fille. En 2017, durant les derniers jours scolaires de Karen, celle-ci avait falsifié la signature de son père sur ses lettres d’absences. « Comme punition, j’avais confisqué son téléphone portable », explique le père. Sauf que son action lui a coûté cher, car il s’était retrouvé sous une charge criminelle. « Le lendemain, ma fille avait porté plainte contre moi, alléguant que je l’avais giflée, chose qui est totalement fausse », explique Patrick. « Mem si mo ti donn li enn klak, be akoz sa enn paran retrouv li sou enn sarz kriminel. Ou trouv sa lozik ? » tonne le père, qui précise que trois mois de cela, Karen a eu recours à son deuxième avortement.

Son père Patrick remet en question les services de la Child Development Unit (CDU). « J’emmenais ma fille à ses rendez-vous à la CDU pour passer devant un psychologue. Et chaque semaine, c’est une nouvelle psychologue. Comment expliquez-vous cela ? » se demande-t-il. Sa mère Sarah ajoute que « lorsque je suis devant le magistrat, je n’ai pas d’occasion de m’exprimer en tant que mère ». Elle estime qu’il devrait y avoir un échange de dialogues pour trouver ensemble une solution. « Sistem Moris tourn an ron, parski ni CDU ni Brigade des mineurs ni Ombudsperson pena vrai solision pou sa bann zanfan la », proteste le père. Les nombreuses tentatives en vue de rencontrer la ministre d’Égalité du genre ont été vaines. Les parents de Karen ont fini par se rendre en cour de Port-Louis, le jeudi 13 juin, pour suggérer que leur fille soit envoyée à la Rehabilitation Youth Centre (RYC).

La rédaction a sollicité la réaction de Rita Venkatasawmy, l’Ombudsperson for Children, pour lui demander si le système ne tournait pas en rond. Notre interlocutrice a répondu : « Ce n’est pas le cas pour tous les parents, mais pour quelques-uns ». Elle souligne que l’Ombudsperson n’est pas un service provider. Ce rôle, dit-elle, est attribué à la CDU. « à l’Ombudsperson for Children’s Office, nous nous assurons que le service est bien fourni », poursuit-elle.  Rita Venkatasamy invite les deux parents à ne pas hésiter à la rencontrer. Quant au ministère de l’Égalité du genre, le numéro demeure injoignable.

(Les prénoms ont été modifiés)

Portée manquante depuis le 12 juin

Une plainte a été consignée au poste de police des Line Barracks, le jeudi 13 juin. Karen, 15 ans, est portée manquante depuis le mercredi 12 juin. De teint clair, elle mesure environ 1 m 65 et a de longs cheveux noirs. De taille moyenne, elle a un piercing à la lèvre inférieure et à la langue. Toute information à son sujet doit être communiquée à l’Information Room de la police aux numéros suivants : 999, 208-0034 ou le 208-0035.

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