Encadrement politique : vers un retour des PPS
Par
Patrick Hilbert
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Patrick Hilbert
Le retour du poste de Parliamentary Private Secretary (PPS) est de plus en plus sérieusement envisagé. Selon plusieurs sources concordantes, l’exécutif étudie actuellement une reconfiguration de l’encadrement politique au sein du gouvernement, avec la possibilité d’un système hybride mêlant Junior Ministers et PPS. iel. Dans cette formule, certains élus conserveraient leur titre de Junior Minister, tandis que d’autres, actuellement titulaires de cette fonction, changeraient d’appellation pour devenir PPS. Une autre hypothèse est également sur la table : celle de voir certains Junior Ministers tout simplement rétrogradés au rang de simples députés, sans fonction exécutive particulière. Une chose semble toutefois se préciser : si ce modèle hybride devait être retenu, le nombre total de Junior Ministers et de PPS réunis ne dépasserait pas dix.
Cette limite n’a rien d’anodin. La Constitution mauricienne, à son article 66, prévoit en effet la possibilité de nommer jusqu’à dix Junior Ministers. C’est précisément ce poste qui avait été réintroduit à la suite des élections générales de novembre 2024, dans un mouvement qui s’était accompagné de la disparition du poste de PPS. À l’époque, cette réforme avait été présentée comme un changement de philosophie dans l’exercice du pouvoir, avec une volonté affichée de mettre fin à une fonction jugée politiquement problématique. Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a lui-même été extrêmement critique envers ce poste de PPS.
Le retour potentiel des PPS constituerait donc un revirement notable, même s’il ne s’agirait pas nécessairement d’un abandon total du système des Junior Ministers. Le poste de PPS n’est pas nouveau dans le paysage institutionnel mauricien. Il avait été créé en 1987, sans amendement constitutionnel, après l’abolition des Parliamentary Secretaries en 1982. Au fil des années, cette fonction a souvent été utilisée comme un relais entre les ministres, les députés de la majorité et la population.
Sous les gouvernements successifs du MSM, notamment durant la période 2014 à 2024, les PPS avaient été largement mobilisés comme interface politique de proximité, au point de devenir des acteurs influents sur le terrain. C’est précisément cette influence qui avait nourri de nombreuses critiques au sein de l’actuelle majorité.