Faits Divers

En liberté conditionnelle : un maçon se fait lyncher en tentant d’agresser son épouse

Hôpital Dr A. G. Jeetoo Arrêté, Reza a été conduit au poste de police avant d’être transporté à l’hôpital Dr A. G. Jeetoo pour y recevoir des soins.

Une femme de 29 ans a failli se faire agresser, pour la énième fois, par son époux le vendredi 13 avril. Elle doit son salut à des voisins qui se sont rués sur l’homme avant de le passer à tabac. Il aura fallu l’intervention de la police pour le sortir de leurs griffes.

La peur a envahi le quotidien de Taslima*. Lors d’une énième dispute le vendredi 13 avril, cette mère de famille de 29 ans a failli se faire agresser par son époux Reza*, âgé de 45 ans. Ce dernier s’est saisi d’un couteau et l’a menacée pour qu’il lui donne de l’argent. Mais le maçon, qui est en liberté conditionnelle après avoir été arrêté pour violence domestique, a été lynché par des voisins venus au secours de la jeune femme. Il a fallu que la police intervienne pour le sortir de leurs griffes.

Arrêté, Reza a été conduit au poste de police avant d’être transporté à l’hôpital Dr A. G. Jeetoo pour y recevoir des soins. Le lendemain, il a été provisoirement inculpé de violence domestique. Il a été remis en liberté deux jours plus tard. Ce qui exacerbe la peur de Taslima, qui dit craindre des représailles.

« Comment se fait-il qu’il ait été libéré à peine deux jours plus tard », se demande la jeune femme, qui confie que sa vie est devenue un véritable calvaire. Elle raconte que son mari s’emporte facilement, ce qui engendre des disputes fréquentes. Il en viendrait même aux mains.

Le motif de leurs disputes serait toujours le même à chaque fois : l’argent. « Li rod kas a sak fwa », indique la jeune mère de famille. Toutefois, hors de question pour elle d’accéder à ses demandes. « Li travay. Li gayn kas ek depanse dan bwar. Ena fwa li bwar Rivotril (NdlR: prescrit en général à certaines personnes atteintes d’épilepsie). Li deranze kan sa dan so lekor », dit-elle.

Pas plus tard que le 16 mars, Reza, qui lui réclamait Rs 3 500, s’est emporté lorsqu’elle a refusé d’accéder à sa demande et l’a rouée de coups. Il avait même lancé un biberon sur leur bébé d’un an. Alertée, la police avait éprouvé beaucoup de difficulté à arrêter le maçon car il avait voulu s’égorger.

Mais à peine avait-il retrouvé la liberté provisoire qu’il a tenté une nouvelle fois d’agresser Taslima. C’était le mercredi 11 avril. Il était environ 19 h 30 quand Reza lui a réclamé de l’argent. « Li pa konpran se ki ve dir pena », lâche la jeune femme. Lorsqu’elle a refusé de lui donner de l’argent, il est entré dans une rage folle en lui lançant : « Si to pa donn mwa kas, mo pou kraz partou. »

Cette fois, au lieu de lever la main sur son épouse, il s’est saisi d’un couteau. « Il a insisté pour que je lui donne l’argent », précise Taslima. Mais elle est parvenue à s’enfuir. Son mari a tenté de l’agresser. Elle a hurlé, ce qui a alerté les voisins. La police de Pailles a été informée. À l’arrivée des agents, le maçon se faisait lyncher par des habitants. La police est intervenue pour le sortir de leurs griffes.

*Les prénoms ont été modifiés