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[En images] Le jour se lève sur Notre-Dame dévastée 

Aux premières lueurs du jour, les portes ouvertes de Notre-Dame dévoilaient mardi une scène de désolation : en s'effondrant à l'intérieur, le toit et la charpente ont jonché l'intérieur de la cathédrale de monceaux de débris calcinés.

Mardi matin, 16 avril. Les lances à incendie des pompiers continuaient à arroser l'intérieur du monument pour en refroidir les murs et empêcher toute reprise de feu, alors que, à l'horizon, les rougeoiements de l'aube rappelaient les lueurs des flammes, qui toute la nuit, ont ravagé la cathédrale.

Autour de l'église, dont les murs, les structures de pierre et certains vitraux ont résisté au sinistre, ils sont arrivés peu à peu, à pied ou en vélo. La même expression grave, la même émotion sur les visages de ces témoins du petit matin, venus voir par eux-mêmes et rendre hommage à un bâtiment à nul autre pareil. 

«Je suis dévastée, même s'il y a longtemps que je ne suis plus catholique. C'est ici que j'ai été baptisée», murmure Claire, 88 ans, qui préfère ne pas donner son nom de famille.

Elle s'est assise sur un banc de pierre, sur la berge de la Seine face à la façade Sud. Sous un large chapeau de feutre, ses yeux bleu lagon s'embuent de larmes. «Pour moi, cet endroit est le centre du monde. Paris est le centre du monde, et Notre-Dame est le centre du centre. C'est une merveille architecturale, culturelle, elle porte l'histoire de la France et au-delà. C'est l'histoire de ma vie avec huit cents ans derrière.»

Les quais du fleuve s'emplissent peu à peu de badauds, d'équipes de télévision du monde entier, de photographes. Un blogueur coréen se filme en selfie, avec derrière lui la silhouette mutilée de la cathédrale d'où s'élève les nuées de vapeur d'eau des lances à incendie. 

S'il te plaît, Victor Hugo !

Christophe Provot, 25 ans, étudiant en histoire de l'art et fervent catholique, a passé la nuit à tourner autour du bâtiment en feu, à prier, à chanter avec des inconnus partageant sa ferveur des cantiques et des chants religieux. 
«Je suis arrivé hier soir, vers dix heures, quand j'ai entendu à la télé qu'on n'allait peut-être pas parvenir à la sauver», dit-il, le teint pâle et les yeux fiévreux. 

«Je me suis dit : ce n'est pas possible, il faut que je voie ça de mes yeux. Avec une amie, nous nous sommes joints à des groupes de prière. Nous avons rencontré d'autres personnes. Ça unit, nous étions dans l'espoir», ajoute-t-il.

«Et notre appel a été entendu : elle va rester debout. Regardez, ce matin, elle est toujours là. La toiture a disparu, les dégâts sont énormes, mais les murs ont tenu et c'est ce qui compte. Le jour se lève, et on voit qu'elle est en meilleur état que ce qu'on pouvait craindre cette nuit.»

Aurora, une Italienne de 33 ans, illustratrice pour une start-up parisienne depuis cinq ans, s'est levée à six heures, a enfourché son vélo et est venue, «comme pour rendre hommage à un vieux parent malade».

Notre dame
L'incendie a éclaté lundi soir

«Hier soir, j'ai une collègue qui criait: 'Victor Hugo, s'il te plaît, éteint l'incendie depuis les cieux'», sourit-elle. «Notre-Dame, c'est comme la tour Eiffel, c'est comme ma grand-mère. Comme si à Rome le Colisée avait brûlé. Je devais venir.»

Amarrée sous un pont, la vedette-pompe des pompiers alimente toujours en eau de la Seine les tuyaux qui montent vers le parvis, où le dispositif est peu à peu allégé.

Les hommes du feu en uniforme tournent autour du bâtiment, se reposent en groupe après une nuit blanche. Tout en haut de la tour Sud, casque argent sur la tête, l'un d'eux se penche vers l'extérieur. Il pose la main sur l'une des compagnes de Quasimodo, gargouille de pierre penchée vers le gouffre béant de ce qui fut le toit de plomb.

Voici quelques images : 

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AFP