Faits Divers

En cour intermédiaire : la police objecte au départ de Prakash Maunthrooa

Prakash Maunthrooa conteste en appel une peine de neuf mois prison.

L’ancien conseiller au bureau du Premier ministre, Prakash Maunthrooa, a présenté une motion en cour intermédiaire pour pouvoir voyager. Libéré sous caution en attendant son procès en appel, il souhaite se rendre à Bristol pour voir son avocat et veut aussi rendre visite à sa fille par la même occasion. 

«Je ne pense pas qu’une personne puisse comprendre ce que je suis en train de vivre et de ressentir en ce moment ». C’est en ces termes que Prakash Maunthrooa, 65 ans,  ancien conseiller au bureau du Premier ministre, a témoigné devant la cour intermédiaire le mercredi 11 décembre 2019. Condamné à neuf mois de prison pour complicité dans l’affaire Boskalis aux côtés de Siddick Chady, Prakash Maunthrooa est actuellement en liberté sous caution. Cela, en attendant l’issue de son procès en appel. 

L’homme a soumis le 21 novembre 2019, une requête à la cour intermédiaire en vue de suspendre temporairement l’interdiction de voyager qui pèse sur lui. Il souhaite se rendre en Angleterre et aux Émirats arabes unis. Cela, du 14 décembre 2019 au 18 janvier 2020. Motif : son principal avocat, Me Nadeem Aullybocus, qui vit à Bristol, l’attend pour une session de travail en vue de son procès en appel, en compagnie de son avoué, Me Sunil Luchmun. De plus, Prakash Maunthrooa a aussi soutenu qu’il souhaite rendre visite à sa plus jeune fille qui est en dernière année d’études en Grande-Bretagne. 

La police a objecté à sa motion. Le chef inspecteur Dharmendra Nutchetrum, affecté à la Special Mobile Force (SMF), a été mandaté en cour pour objecter à la motion. Celui-ci dit craindre que Prakash Maunthrooa ne fuie la justice, une fois autorisé à se rendre à l’étranger. Le policier a ajouté que ce dernier « est un homme influent qui dispose d’un réseau international, pouvant l’aider à s’enfuir ».  Le témoin a dans un premier temps soutenu que la police n’avait aucune objection mais qu’après avoir consulté l’avis du Directeur des Poursuites Publiques (DPP)... À quoi la magistrate, Adeelah Hamuth, a soutenu que le témoin n’est pas censé faire état de consultations privilégiées entre la police et le DPP. 

Appelé à la barre des témoins, Prakash Maunthrooa a déclaré avoir « le cœur brisé » d’apprendre la crainte formulée par la police sur son départ. Il souligne avoir voyagé à plusieurs reprises durant les sept ans qu’a duré l’affaire Boskalis. Il rappelle qu’il a été en liberté sous caution durant tout ce temps. Il souligne avoir démissionné de son poste de conseiller au bureau du Premier ministre et aussi de divers conseils d’administration sur lesquels il siégeait auparavant. « Je n’ai pas d’argent amassé ailleurs ou encore de propriété à l’étranger. J’ai beaucoup de raisons de retourner à Maurice. Je dois laver mon honneur à Maurice », dit-il.  Il explique que sa fille, qui étudie à l’étranger en vue de décrocher un doctorat, est très affectée depuis qu’elle a appris la décision de la cour dans l’affaire Boskalis. D’où sa décision de se rendre à son chevet pour la rassurer. 

Me Abdool Raheem Tajoodeen, Senior State Counsel, a dans sa plaidoirie, invité la cour à rejeter la motion de Prakash Maunthrooa. L’avocat a soutenu que celui-ci a failli à démontrer une « urgence absolue » pour se rendre à l’étranger. Il a ajouté qu’il existe des moyens technologiques comme la vidéoconférence pour qu’il puisse consulter à distance son avocat à Bristol. L’avocat de Prakash Maunthrooa, Me Arun Bhinda, a soutenu qu’il est impératif que son client puisse se défendre en appel et consulter comme il se doit son avocat à Bristol. La cour fera connaître sa décision le vendredi 13 décembre 2019. 

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