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Émission thématique : mieux comprendre le rôle de la Beach Authority 

Quand s’adresser à la Beach Authority ? Quels sont les services offerts par cet organisme ? Qu’en est-il de la responsabilité individuelle et collective ? Autant de questions abordées dans l’émission thématique Explik ou Ka du jeudi 21 janvier. L’invité de Priscilla Sadien, n’était autre que Daniel Laurent, le président de la Beach Authority, qui répondait aussi aux questions des auditeurs. 

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71 plages publiques sont nettoyées par des compagnies privées.
Le président de la Beach Authority, Daniel Laurent.
Le président de la Beach Authority, Daniel Laurent.

La Beach Authority est responsable de 130 plages à Maurice et 12. Son rôle principal, poursuit-il, est de s’assurer que la loi selon la Beach Authority Act soit respectée : Use of Public Beach Regulations et Trade License Regulations. « Dans le premier cas, nous devons nous assurer que chaque personne qui vient à la plage respecte tout ce qui est mentionné dans la loi. Par exemple, une personne ne peut pas jouer au ballon où il veut sur la plage ou encore une personne ne peut pas placer son bateau où il veut. Nous devons donc veiller à ce que chaque personne puisse passer un moment agréable à la plage dans le respect de l’autre. » 

Afin de mener à bien sa mission, la Beach Authority est composée de plus de 100 officiers qui œuvrent chaque jour à différents endroits. « Pour mieux gérer les doléances, il y a quatre autres bureaux supplémentaires : Péreybère, Flic-en-Flac, Belle-Mare et dans le Sud. Pour pouvoir agir promptement, nous avons aussi un bureau principal à Ébène. Nous faisons de notre mieux avec les moyens du bord. La Beach Authority est appelée à grandir et nous verrons s’il faut plus de personnes à l’avenir », fait valoir son président. 

Daniel Laurent précise qu’à la création de la Beach Authority, 90 plages étaient déclarées publiques, tandis qu’en 2021, le nombre est passé à 130. Au fil du temps, le nombre ne cesse d’augmenter. « Donc, je ne comprends pas pourquoi on dit ‘pe kokin nou laplaz’, car nous faisons en sorte que les plages soient déclarées publiques. Nous les réaménageons, nous les tenons propres et nous faisons des aménagements des cabines de douche.

Notre but est que les gens se sentent plus à l’aise. D’ailleurs, les gens voient très bien que nous offrons des facilités. » Il ajoute que les autorités travaillent actuellement pour la proclamation d’autres plages publiques. 


Nettoyage des plages et des toilettes 

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Les éboueurs à l’oeuvre pour nettoyer les plages.

71 plages publiques sont nettoyées par des compagnies qui ont le contrat de nettoyage de 7 à 18 heures, en hiver, et en été de 6 à 20 heures, explique Daniel Laurent. Ces entreprises assurent aussi la sécurité des toilettes et respectent l’heure d’ouverture des toilettes. « Nous faisons des visites sur le terrain pour nous assurer que ces heures d’ouverture soient respectées. »

De plus, notre interlocuteur explique qu’ « il y a une équipe qui prend très au sérieux les doléances reçues. Elles sont traitées dans les plus brefs délais. Cette équipe cherche toujours à trouver des solutions durables. Pour le moment, nous ne sommes pas pour des toilettes payantes. Nous voulons que les gens passent un moment agréable, mais qu’ils collaborent aussi à garder les toilettes propres. »

Le nettoyage des plages reste une des priorités.
Le nettoyage des plages reste une des priorités.

Les Pas Géométriques 

Selon Daniel Laurent, beaucoup de personnes ont obtenu des terrains à bail qui s’arrêtent à la marée haute. Il précise que « la Beach Authority est responsable de la partie où commence la marée basse ». Et de préciser que « partout où il y a la mer, les personnes ont le droit de nager. Il y a beaucoup de confusions à ce sujet. Longtemps, les personnes campaient ou passaient de bons moments devant les bungalows et autres campements, mais ils causaient beaucoup d’inconvénients, comme la pollution sonore ou encore ils laissaient leurs déchets partout. C’est pour cela que les règles ont un peu changé. Devan lotel pa gayn drwa gayn pouse, sof si ou pe fer bann zafer ki pa bizin. »

Le camping 

« Il ne faut pas penser que c’est une punition de devoir demander une permission avant d’aller camper. Cependant, nous demandons aux personnes de nous aviser 21 jours avant la date du camping. Quand les personnes vont camper, elles essaient d’avoir un minimum de confort. Ainsi, nous leur demandons deux ‘clearances’. Et lorsque nous sommes informés, nous pouvons par exemple nous assurer que les toilettes soient ouvertes jusqu’à un peu plus tard dans cette région précise. Car les toilettes sont très importantes durant un camping. Si les personnes veulent un point d’électricité, avec la lettre d’autorisation que nous leur remettons, elles peuvent se rendre au Central Electricity Board (CEB) pour l’utilisation de l’électricité. Et pour leur sécurité, avec cette lettre de la Beach Authority, elles peuvent aller au poste de police et les policiers peuvent faire des surveillances régulières. Toutefois, il y a un frais de Rs 3 000 à effectuer, somme qui est remboursée s’il n’y a pas de dommages causés, par exemple dans les toilettes. Cette demande n’est pas obligatoire, mais elle est fortement encouragée pour avoir plus de confort et des avantages. De plus, le délai de 21 jours doit être respecté, sauf urgence », a expliqué Daniel Laurent.

Des arbres plantés pour prévenir l’érosion 

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Le ministre de l’Environnement soutient aussi la BA

Daniel Laurent explique que les projets pour empêcher l’érosion sont en cours.  « C’est la tâche principale du ministère de l’Environnement. Nous n’agissons pas seuls. Plusieurs arbres seront plantés pour prévenir l’érosion. » 

Actes de vandalisme : les cas vont diminuer avec les caméras

Avis à ceux qui ont l’intention de piller les toilettes et salles de bains publiques. Avec les caméras de surveillance qui seront placées sur les plages, il se dit convaincu que le nombre de cas va considérablement diminuer. « Nous aurons les images des responsables de ces actes et ils devront répondre de leurs actes. »

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Questions  des auditeurs :  

Ricardo, de Palmar : « Les toilettes publiques sur la plage de Palmar sont régulièrement fermées, nous avons dû aller dans les bois ».

R : « C’est vrai que des toilettes ont été construites à Palmar. Mais il est malheureux de constater qu’avant même l’ouverture de ces toilettes, il y a eu des actes de vandalisme. La pompe d’eau et d’autres items avaient été volés. Pour l’instant, nous ne pouvons pas ouvrir des toilettes qui sont inutilisables. Je vous rassure que nous sommes au courant et que nous faisons de notre mieux pour que ces toilettes soient opérationnelles pour les membres du public au plus vite possible. »

Satish, de Port-Louis : « Beaucoup de personnes fréquentent la plage de Balaclava, mais il n’y a pas de toilettes et de salles de bains. Sinon, est-ce que les hôtels ont le droit de construire des structures et empêcher les personnes de s’asseoir ? » 

R : « En ce moment, nous faisons des études avec d’autres autorités compétentes pour Balaclava dans le but de voir où il faudrait placer des toilettes et aménager la plage. Nous devons voir par exemple les connexions pour l’eau ou la Waste Water Unit. Pour ce qui est des hôtels, ils n’ont pas le droit de construire des structures permanentes. »

Arnachellum, d’Albion : « La plage publique fait environ 100 mètres. Mais environ deux cent mètres plus loin, d’autres personnes habitent ou utilisent des passages et des couloirs. Et le nettoyage ne se fait pas. Comment faire pour décréter ces espaces plages publiques et comment nettoyer ces parties de la plage ? »

R : « Tout dernièrement, nous avons envoyé une lettre au Président du Conseil de District de Rivière-Noire pour s’occuper du nettoyage de ces parties de plage mentionnées. Je pense qu’une réunion avec les conseillers du District et le ministère concerné est nécessaire. Malheureusement, nous ne pouvons pas placer des poubelles dans ces endroits qui ne sont pas déclarés plages publiques. Par ailleurs, c’est le ministère des Terres et du Logement qui donne le feu vert pour décréter une plage publique. »

Hossenbux, de Port-Louis : « À Mont-Choisy, il y a un barrage de roches et des plantes. Les propriétaires nous ont dit qu’ils ont payé pour cet espace et que personne ne peut se mettre debout à cet endroit précis ni faire quoi que ce soit. Les gens ne peuvent que passer. »

R : « Soyez rassurés que nous allons faire une enquête et même un état des lieux si nécessaire. Nous reviendrons vers vous. »

Ramen, de Grand-Baie : « Je vois qu’il y a plusieurs types d’écriteaux sur les différentes plages à Maurice. Je pense qu’il faut les harmoniser afin que les gens puissent reconnaître les plages publiques, y compris les touristes. De plus, il est important que toutes les plages soient bien aménagées avec des toilettes, bancs, points de lumière et une bonne maintenance. »

R : « Nous avons de grands panneaux pour mentionner que ce sont des plages publiques. Nous nous assurons d’une bonne maintenance et d’un bon suivi des plages publiques. Nous ferons en sorte de continuer à faire plus, en termes de poubelles et de bancs. »  


Ian Hookoomsing de la plateforme « Aret Kokin Nou Laplaz » : « Situation de crise pour l’érosion » 

Porte-parole et activiste de la plateforme ‘Aret Kokin Nou Laplaz’, Ian Hookoomsing a souhaité intervenir lors de l’émission. « Les plages à Maurice ne sont pas uniquement sous la responsabilité de la Beach Authority, sachant que cet organisme ne s’occupe que des plages déclarées publiques, dont environ 50 kilomètres sur 322 kilomètres, qui représente environ 15 %. Nous, par exemple, nous avons dû lutter pour Pompomnette. Et comme la plage n’est pas publique et n’a pas été proclamée publique, nous devons donc la nettoyer régulièrement. Cela se fait par nos activistes durant le weekend après avoir placé des poubelles et des tables sur cette plage », a tenu à faire ressortir Ian Hookoomsing.

Ce dernier estime qu’il sera bien d’avoir une rencontre entre les activistes d’Aret Kokin Nou Laplaz et la Beach Authority afin de montrer comment Pompomnette est devenue une plage exemplaire. « Nous constatons que les gens ne savent pas respecter leur patrimoine, mais il faut continuer la sensibilisation. Pour notre part, nous continuons à planter des arbres. C’est ce que nous voulons faire en collaboration avec la Beach Authority pour ces 900 mètres de plage », rappelle Ian Hookoomsing. 

L’activiste lance un appel aux Mauriciens afin qu’ils réclament un réel plan de gestion des plages des autorités. « Nous ne devons pas nous bagarrer devant les campements. Nous voyons de plus en plus des barrages en roche. Et nous sommes en situation de crise pour l’érosion. La Beach Authority fait un bon travail sur les plages publiques, mais ce n’est pas assez. Il y a un Conservatoire du Littoral à l’île de la Réunion, nous devons avoir un littoral similaire à Maurice afin de pouvoir gérer le problème d’érosion et prendre d’autres mesures pour que les personnes sachent comment bien se comporter sur les plages, évitant ainsi les conflits. » 

 

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