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Elle perd la vue après deux interventions : Amrita Baboolall plongée dans une nuit permanente

Son voisin et ami d’enfance veille sur elle.

Le désespoir se lit sur le visage d’Amrita Baboolall. Après deux interventions aux yeux, elle a perdu la vue. Depuis, la quinquagénaire broie du noir.

Des larmes perlent, coulent sur ses joues… Aujourd’hui, ses yeux ne lui servent qu’à pleurer. Jadis agente de sécurité, Amrita Baboolall, 52 ans, n’y voit plus rien. C’est le « black-out » total. Elle broie du noir, abandonnée de tous si ce n’est son voisin, un ami d’enfance. 

La quinquagénaire explique qu’elle a subi deux opérations à l’hôpital de Moka (voir plus loin). « Je pensais que l’hôpital soignait, mais j’ai perdu mes yeux, je suis devenue complètement aveugle après deux opérations », dit-elle, résignée. 

Amrita Baboolall ne nous voit pas mais elle ouvre son coeur. « Avant, je travaillais mais depuis que j’ai perdu la vue, ce n’est plus possible. » Elle ne peut cependant pas compter sur sa famille pour la soutenir dans cette épreuve.

Mes enfants pensent que ma place est dans un ‘home’, mais je ne veux pas.»

« Je suis divorcée et c’est mon ex-mari qui a obtenu la garde de nos quatre enfants », confie Amrita Baboolall en larmes. « Pour la Fête des mères, même pas un appel de mes enfants », ajoute-t-elle. Quant à ses quatre soeurs et son frère, qu’elle a aidé à élever, elle ne peut non plus les solliciter. « Aujourd’hui, je me retrouve seule et locataire. »

Un bon Samaritain pourtant veille sur elle. Il s’agit de son voisin, lui-même pensionné. « C’est lui qui veille sur moi alors qu’il est épileptique. Il m’aide, c’est un ami d’enfance et un fidèle compagnon. » Il l’emmène même à moto à ses séances de dialyse lorsque l’ambulance ne vient pas la chercher.

Assise dans son salon qui ressemble plus à un long couloir où s’entassent sofas, chaises, table, frigo et la télé – elle ne fait qu’écouter les infos de la MBC –, Amrita Baboolall semble avoir tout le poids du monde sur les épaules. Il y a une profonde tristesse dans la voix de ce petit bout de femme. 
« Mes enfants pensent que ma place est dans un ‘home’, mais je ne veux pas. »

Non, elle ne veut pas. Car Amrita Baboolall est une battante, qu’importe la nuit permanente dans laquelle elle est plongée. 

Deux opérations

Amrita Baboolall est intervenue sur les ondes de l’émission Explik ou Ka la semaine dernière. Elle a notamment raconté qu’après un problème aux yeux l’année dernière, avant le confinement, elle s’était rendue à l’hôpital de Moka. « J’ai été traitée au laser. »

Au début, avance-t-elle, sa vue dans l’œil droit s’était assombrie. En revanche, elle voyait bien de l’oeil gauche. Mais elle finit par rencontrer d’autres problèmes avec son oeil droit. « Je me suis à nouveau rendue à l’hôpital de Moka. Le médecin m’a recommandée de voir un spécialiste dans les plus brefs délais vu que l’état de mes yeux se détériorait. »

Sauf que ce n’est pas un spécialiste qu’elle a vu le lendemain, mais un généraliste. « Il m’a prescrit des médicaments et m’a donné rendez-vous dans un mois et demi. Plus tard, j’ai subi une intervention à l’oeil droit. Malheureusement, j’ai perdu la vue complètement dans cet œil. Et par la suite j’ai cessé de voir avec l’autre œil aussi », a-t-elle déploré.

« Elle a reçu tous les soins nécessaires »

« Nulle part dans son dossier, il n’est mentionné qu’elle est devenue aveugle après son opération. » Réaction du ministère de la Santé, par le biais de son responsable de communication, Geerish Soodhoo, sur le cas d’Amrita Baboolall. « D’après son dossier, elle a reçu tous les soins nécessaires à l’hôpital de Moka depuis le premier jour », affirme-t-il.

Geerish Soodhoo explique que c’est à partir du 24 octobre 2021 qu’Amrita Baboolall a commencé à suivre un traitement à l’hôpital de Moka, avant d’être opérée de la cataracte. Il précise qu’il faut prendre en considération le fait qu’elle souffre de plusieurs comorbidités. Et qu’elle a refusé, en une occasion, d’être admise à l’hôpital. 

La quinquagénaire a rendez-vous à l’hôpital le mois prochain. Elle n’est toutefois pas obligée d’attendre, fait-il comprendre. « Elle peut se rendre à l’hôpital quand elle le veut. Je faciliterai les choses pour elle », assure Geerish Soodhoo. 

 

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