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Elle avait perdu leur garde : Samira retrouve ses filles après sept ans

Samira et ses deux filles dans les locaux du Défi media Group.

Placés sous la garde de leur grand-mère paternelle depuis deux ans, trois enfants, dont deux sœurs âgées respectivement de 15 et 16 ans, ont trouvé abri dans un « shelter ». Ils avaient été retirés de la garde de leur mère par la Child Development Unit en 2010 pour être accueillis chez leur grand-mère. Six ans après, ces enfants se sont plaints de maltraitance.

Samira (prénom fictif), 37 ans, leur mère biologique habitant Pamplemousses, estime que les autorités concernées ont failli à leur tâche en enlevant de sa garde ses trois enfants qui, aujourd’hui, sont devenus plus fragiles et négligés. « Ma fille de 15 ans a cessé l’école depuis l’âge de 13 ans, alors que la loi préconise la scolarisation d’un enfant jusqu’à l’âge de 16 ans.  J’ai demandé à la CDU de placer mes enfants là-bas, mais elle n’a pas fait un exercice de vérification », a affirmé Samira.

Cette dernière nous explique qu’après le décès de son époux, elle était contrainte de travailler et ses trois enfants habitaient avec elle à Port-Louis. Une voisine avait porté plainte à l’effet qu’elle laissait seuls ses trois enfants à la maison. « C’était en 2010, un an après le décès de mon époux. j’avais l’habitude, quand je sortais, de laisser mes enfants chez une voisine. Je travaille comme bonne à tout faire de temps en temps. Sa vwazinn la fer mo bann zanfan rant kot mwa e CDU trouv zot tousel e pran zot ale », raconte Samira.

Depuis, les trois enfants ont été placés dans un shelter à Pointe-aux–Sables et la cour avait accordé un droit de visite à Samira. Au bout de trois mois, elle a été frappée d’interdiction de visite, car les cadres de la CDU ont affirmé que ce privilège lui a été retiré et qu’elle n’avait plus le droit de les approcher.

Entre-temps, Samira a refait sa vie et s’est installée à Pamplemousses, où elle a eu quatre enfants. Au fond d’elle-même, elle croit qu’un jour ses enfants vont retourner chez elle lorsqu’ils deviendront majeurs. « Mo pa enn move dimoun, ni dan ladrog. Mo finn touzour get mo zanfan bien, donn zot tou seki zot oule e gat zot mem si nou ti mizer. Finn pran mo zanfan ar mwa pou al fer zot tromatize e pas mizer. Ena zanfan pe marye 16 an, CDU pa pe kapav fer narien. E kan mo de tifi pe dir zot pe pas mizer kot zot granmer, oken aksion pa pe pran », déplore Samira.

Samedi, après sept ans de séparation, Samira a pu revoir ses deux filles. Elle assistait à une cérémonie religieuse chez ses parents à Plaine-Verte, lorsqu’elle a rencontré par surprise ses deux filles, qui étaient en larmes. Selon Samira, elles lui ont affirmé ne plus vouloir vivre chez leur grand-mère paternelle, où elles allèguent être victime de maltraitance. « Zot dir zot gagn bate, maltrete avek ban lezot pros ki laba. Mo vreman soufer mo get leta mo bann zanfan. Mo lans enn lapel ban lotorite ed mwa regagn mo zanfan », implore Samira. 

Elle a conduit ses deux filles dans les locaux du Défi Media Group pour connaître la marche à suivre. Les cadres de la Child Development Unit en ont été informés et ils sont venus récupérer les deux sœurs, en leur accordant le soutien voulu. La CDU a conduit les deux sœurs, accompagnées de leur mère, au poste de police de Plaine-Verte, où elles ont consigné une déposition pour relater le calvaire vécu chez leur grand-mère.

Dans l’immédiat, les deux filles vont être placées chez un autre proche, où elles seront en sécurité. La CDU les a pris en charge pour les aider dans leur démarche et elles bénéficieront aussi du soutien d’un psychologue.

La police a ouvert une enquête pour faire la lumière dans cette affaire. La mère biologique détient des photos qu’elle compte remettre à la police pour soutenir que l’une de ses filles, âgée de 15 ans, faisait la manche avec une proche de leur grand-mère au Marché central.

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