Élevé au rang de GOSK - Paul Lam Shang Leen : une vie consacrée à la justice et à l’État de droit
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Le Défi Quotidien
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Âgé de 77 ans, l’ancien juge Paul Lam Shang Leen appartient à cette génération de juristes qui ont façonné, avec rigueur et discrétion, le paysage judiciaire mauricien. Dans le cadre de la fête nationale, il a été élevé au rang de Grand Officer of the Order of the Star and Key of the Indian Ocean. Cette distinction récompense son engagement au service de la justice et de l’État de droit.
Très respecté dans le milieu judiciaire, l’ancien juge est connu pour son sens aigu de l’équité, sa rigueur intellectuelle et son attachement constant aux droits fondamentaux. Au fil des années, il s’est imposé comme une figure incontournable du système judiciaire mauricien.
Après avoir obtenu son Higher School Certificate en 1968, il entreprend des études juridiques au Council of Legal Education à Londres, où il réussit ses examens professionnels du barreau de 1970 à 1973. Il y décroche ensuite un diplôme de troisième cycle en 1974. Sa formation se poursuit en France : il obtient une licence en droit à l’université d’Aix-Marseille de 1976 à 1979, avant d’être diplômé de la prestigieuse École nationale de la magistrature à Paris en 1980, dans la section internationale.
Sa carrière au sein du judiciaire s’est construite progressivement. Il a commencé au bureau du directeur des poursuites publiques, avant de devenir magistrat, puis d’être nommé juge à la Cour suprême.
Pendant plus de seize ans, il a siégé à la Cour suprême. Il a aussi présidé la division commerciale, traitant des litiges complexes liés aux entreprises, à l’insolvabilité et aux faillites. Parallèlement, il est intervenu aussi comme arbitre dans des différends liés au secteur de la construction, un rôle exigeant qui requiert à la fois expertise juridique et sens de la médiation.
C’est toutefois dans le domaine pénal qu’il forge l’essentiel de sa réputation. De 1984 à 2007, il a siégé à la cour d’assises, traitant plusieurs affaires criminelles majeures. En 2008, il est devenu président de la division criminelle de la Cour suprême, appelée à se prononcer sur des dossiers pénaux sensibles et très médiatisés.
Au-delà des prétoires, l’ancien juge Paul Lam Shang Leen s’est également investi dans la modernisation et l’amélioration du système judiciaire. Il a notamment présidé le Council of Legal Education, chargé de la formation des futurs juristes.
Il a aussi dirigé le comité de pilotage chargé de la mise en place de l’e-Judiciary, un projet visant à moderniser les tribunaux mauriciens grâce au dépôt électronique des dossiers et à une gestion numérique des affaires.
Son intérêt pour la justice pénale et les droits humains l’a aussi conduit à présider le Prisons’ Board et le Probation Board, deux instances clés dans la gestion du système carcéral et des mesures de réhabilitation. Il a de plus supervisé un projet de modernisation de la Cour suprême permettant l’installation de systèmes de visioconférence avec les prisons, facilitant ainsi certaines procédures judiciaires.
Au fil de sa carrière, l’ancien juge a rendu plusieurs décisions qui ont marqué la jurisprudence mauricienne. Parmi les affaires emblématiques figurent notamment le cas de Raj Ringadoo v Ashock Jugnauth, l’affaire MCB/NPF ou encore l’Amicale, autant de dossiers qui ont laissé une empreinte dans le paysage judiciaire.
En dehors de sa carrière de juge, il a également été appelé à diriger des enquêtes d’envergure. Le 11 juillet 2015, il est nommé président de la commission d’enquête sur la drogue. Le rapport final de cette commission est soumis le 27 juillet 2018.
Actuellement, il préside le Board of Inquiry mis sur pied pour faire la lumière sur la mort du détenu Andy Selmour, le 8 décembre 2025, à la prison de Melrose, à la suite d’une violente altercation avec d’autres détenus. Tout au long de sa carrière, l’ancien juge Paul Lam Shang Leen s’est distingué par son attachement aux principes fondamentaux de la justice.
Discret mais influent, l’ancien juge a su bâtir, au fil des décennies, une carrière marquée par la rigueur, la réflexion et un profond sens du devoir. Une trajectoire exemplaire qui lui vaut aujourd’hui l’une des plus hautes distinctions de la République.