Électricité plus chère de 15% : dix gestes pour alléger sa facture à Maurice
Par
Defimedia.info
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Depuis le 1er mai 2026, les tarifs d’électricité du Central Electricity Board (CEB) ont augmenté de 15%, décision entérinée par le Conseil des ministres dans un contexte de crise énergétique mondiale alimentée par la guerre au Moyen Orient. Alors que la demande d’électricité ne cesse de croître et que Maurice reste encore loin de son objectif de 60% d’énergies renouvelables en 2030, chaque foyer est appelé à devenir acteur de la sobriété énergétique pour protéger son pouvoir d’achat et éviter les coupures.
Cette hausse de 15% intervient dans un contexte de flambée des coûts internationaux de l’énergie, directement liée aux tensions géopolitiques au Moyen Orient et à la hausse du prix des carburants utilisés pour produire l’électricité. Le Conseil des ministres, réuni le 10 avril, a validé la révision des tarifs à compter du 1er mai 2026, tout en prévoyant d’épargner certains consommateurs vulnérables inscrits au Registre Social de Maurice, certaines petites tranches domestiques et les PME.
128 800 consommateurs sur 541 127 exclus de la hausse
Les bénéficiaires du Social Register of Mauritius, soit les consommateurs relevant des catégories tarifaires 110A, 215 et 315, ainsi que les PME, soit exclus de cette hausse. Au total, 128 800 consommateurs sur 541 127 seront exclus de cette hausse.
Il faut savoir que la demande d’électricité à Maurice a fortement augmenté au cours des vingt dernières années : la capacité installée est passée d’environ 829 MW en 2005 à 955 MW en 2023, tandis que le pic de consommation est monté de 353 MW à 508 MW, selon une analyse basée sur les données du CEB et de Statistics Mauritius. En 2024, les énergies renouvelables ne représentaient encore qu’environ 18,2% du mix électrique, bien en dessous de la cible nationale de 60% d’ici 2030, ce qui maintient le pays très dépendant des combustibles fossiles importés et donc des chocs de prix internationaux.
Dix gestes simples pour consommer moins
Face à cette hausse, de petites actions répétées peuvent faire une grande différence, à l’échelle d’un foyer comme du réseau national. Des guides de réduction de la consommation montrent qu’un ménage peut économiser 15 à 20% d’électricité en évitant le gaspillage (veilles, éclairage inefficace, mauvais réglages), et parfois jusqu’à 60% sur certains usages avec des équipements adaptés. Voici dix gestes concrets, adaptés au contexte mauricien.
1. Chasser les veilles et les chargeurs inutiles
Selon des campagnes locales et internationales, les appareils en veille et les chargeurs laissés branchés peuvent représenter jusqu’à 10% de la consommation d’un foyer. Débrancher les chargeurs une fois le téléphone chargé, utiliser des multiprises avec interrupteur pour couper TV, box Internet, décodeur et consoles la nuit réduit la facture sans changer le confort.
2. Passer aux ampoules LED
Les ampoules LED consomment jusqu’à 80% d’énergie en moins que les ampoules incandescentes, tout en durent beaucoup plus longtemps. Remplacer progressivement l’éclairage du salon, de la cuisine et des pièces les plus utilisées par des LED permet de réduire sensiblement la consommation, surtout dans un pays où l’éclairage est sollicité tôt le soir.
3. Maîtriser la climatisation et les ventilateurs
Le CEB rappelle que, faute d’une bonne isolation, une part importante de l’électricité domestique est avalée par les ventilateurs en été et les appareils de chauffage en hiver. À Maurice, la climatisation est devenue un gros poste de consommation : régler la clim à 24–25 °C plutôt qu’à 20–21 °C, fermer portes et fenêtres lorsqu’elle fonctionne, et privilégier les ventilateurs quand c’est possible peut économiser des dizaines de pourcents sur la facture liée au refroidissement.
4. Utiliser les appareils en « mode éco »
Les études sur les écogestes montrent que le mode éco d’un lave linge ou d’un lave vaisselle peut réduire la consommation d’électricité de l’ordre de 30 à 50% par cycle, même si le programme dure plus longtemps. À Maurice, où de plus en plus de foyers sont équipés, il suffit de privilégier ces programmes et d’éviter de faire tourner les machines à moitié vides.
5. Lancer les gros appareils en dehors des heures de pointe
Le CEB a déjà mis en place des alertes de consommation pour inciter à réduire les usages non essentiels entre 18 h et 21 h, afin de soulager le réseau et éviter les délestages. Programmer le chauffe eau électrique, la machine à laver ou le four en dehors de ce créneau, lorsque c’est possible, contribue à limiter les pics de demande et à stabiliser le système, tout en préparant le pays à un futur où le tarif pourrait être différencié selon les heures.
6. Bien régler le chauffe eau et privilégier les douches
Réduire la température du chauffe eau électrique ou du boiler solaire à un niveau raisonnable (par exemple 50–55 °C) évite les surconsommations. Prendre des douches plutôt que des bains, raccourcir la durée des douches et installer des pommeaux à débit réduit permet de diminuer à la fois la consommation d’eau et d’électricité, ce qui compte dans un pays exposé à la fois à la crise énergétique et à la crise de l’eau.
7. Isoler la maison et fermer intelligemment
Une maison mal isolée laisse entrer la chaleur en été et perdre la fraîcheur, ce qui force la climatisation ou les ventilateurs à tourner plus fort. Fermer les volets ou les rideaux aux heures les plus chaudes, calfeutrer les passages d’air, installer des protections solaires (stores, films sur les vitres) sont des investissements simples qui réduisent la demande de refroidissement.
8. Choisir des appareils économes lors du renouvellement
Lorsque vient le moment de changer de frigo, de clim ou de télé, l’étiquette énergétique doit devenir un critère décisif. Un réfrigérateur de classe très efficace (A++ ou A+++, selon les normes) peut consommer 30 à 40% d’électricité en moins qu’un ancien modèle, ce qui amortit rapidement un surcoût initial, surtout avec des tarifs plus chers de 15%.
9. Adopter un usage responsable du numérique
Les équipements numériques se multiplient dans les foyers : box, routeurs, ordinateurs, tablettes, consoles, écrans. Éteindre complètement les ordinateurs et téléviseurs au lieu de les laisser en veille, réduire la luminosité des écrans, limiter le streaming en continu sur plusieurs appareils en même temps et éteindre la box la nuit sont autant de gestes qui réduisent la consommation invisible.
10. Mobiliser le quartier et la communauté
Les expériences menées à Maurice montrent que, lorsqu’une population est bien informée et coordonnée, les économies se voient à l’échelle du réseau : un guide évoquait une économie de 12 à 15 MW lors d’une alerte, grâce à la réduction de l’usage non essentiel. En parlant d’énergie avec ses voisins, son syndicat de copropriété, son association de quartier, il est possible de mutualiser certains achats (ampoules LED, multiprises, équipements solaires) et de partager les bonnes pratiques pour faire baisser la facture de tous.
De la facture individuelle à l’intérêt national
Au delà du choc immédiat sur les portefeuilles, cette hausse des tarifs d’électricité rappelle que Maurice reste très exposée aux crises énergétiques internationales, notamment celles liées au Moyen Orient. Réduire la consommation inutile aujourd’hui, c’est à la fois protéger son budget familial, éviter des délestages coûteux pour l’économie et donner du temps au pays pour réussir sa transition vers 60% d’énergies renouvelables d’ici 2030.
Chacun ne maîtrise pas le prix du baril ni les décisions géopolitiques, mais chacun peut choisir de débrancher, d’éteindre, d’optimiser : à l’échelle de plus de 500 000 abonnés, ces gestes répétés peuvent compenser une partie de la hausse de 15% et réduire la dépendance aux énergies fossiles importées.