Électricité : de nouvelles habitudes pour réduire la consommation
Par
Ajagen Koomalen Rungen
Par
Ajagen Koomalen Rungen
Face à l’évolution des tarifs de l’électricité, les foyers mauriciens s’adaptent avec intelligence et bon sens. Ils adoptent des gestes simples, mais efficaces pour mieux gérer leur consommation. Une nouvelle dynamique s’installe : celle d’une consommation plus responsable.
Mario Hung, un habitant de Port-Louis : « Des lampes à énergie solaire »
Depuis la hausse de 15 % de l’électricité, quelles mesures avez-vous commencé à appliquer à la maison pour réduire votre consommation ?
Depuis plusieurs années que je prends des mesures. Par exemple, chez moi, que ce soit dans les chambres, le salon ou les autres pièces, j’utilise principalement des lampes à énergie solaire. Du coup, ma dépendance à l’électricité est déjà assez limitée.
Quels sont les équipements énergivores que vous avez limités ?
Honnêtement, pas grand-chose, car nous consommons déjà peu d’électricité. Nous sommes seulement deux à la maison, moi et mon épouse. J’utilise surtout la télévision, un ventilateur quand il fait chaud, et quelques appareils électroménagers. Avec l’hiver, l’usage du ventilateur diminue.
Comment impliquez-vous votre famille dans les économies d’énergie au quotidien ?
Je sensibilise beaucoup les personnes autour de moi. J’évoque l’importance d’économiser l’énergie avec chaque personne qui vient chez moi. J’encourage aussi l’installation de panneaux solaires et j’insiste sur le fait qu’il faut utiliser l’électricité avec précaution.
Pensez-vous conserver ces nouvelles habitudes à long terme ?
Définitivement. Pour moi, ce n’est pas juste une question de facture, mais aussi de responsabilité. Je me documente beaucoup sur le sujet et j’essaie constamment d’améliorer mes habitudes pour consommer encore moins.
Padma Chedumbrum: « Ne pas utiliser des électroménagers de manière répétitive »
Comment la hausse de 15 % de l’électricité impacte-t-elle votre budget mensuel ?
La hausse a eu un impact très concret sur notre budget familial. Avec mon époux et notre fils de 18 ans, nous avons une consommation normale pour un foyer de trois personnes. Ce qui nous oblige à être plus vigilants dans la gestion de nos dépenses mensuelles, parfois au détriment d’autres besoins du quotidien.
Quelles habitudes avez-vous changées à la maison pour consommer moins ?
Nous avons essayé d’adopter des gestes plus responsables au quotidien. Par exemple, nous faisons davantage attention à éteindre les lumières dès que ce n’est pas nécessaire, à débrancher certains appareils et à limiter le gaspillage d’énergie de manière générale. Nous privilégions aussi l’utilisation des appareils électroménagers à des moments bien précis, en évitant de les utiliser de manière répétitive ou inutilement. Ce sont de petits changements, mais qui requièrent une certaine discipline au quotidien.
Avez-vous pensé à réduire l’utilisation de certains appareils ? Lesquels ?
Honnêtement, il est assez difficile de réduire réellement l’utilisation des appareils essentiels. Les appareils que nous utilisons, comme le réfrigérateur, la machine à laver ou les équipements du quotidien, sont nécessaires. Nous faisons attention à leur utilisation, mais il n’est pas vraiment possible de les réduire sans impacter notre confort ou notre organisation familiale.
Nosimohomed Muhammad Yaseen : « Nous débranchons des appareils non-utilisés »
L’augmentation de 15 % des tarifs d’électricité a-t-elle changé votre façon de gérer la consommation chez vous ?
Oui, cette augmentation de 15 % des tarifs d’électricité nous a poussés à être beaucoup plus attentifs à notre consommation quotidienne. Nous faisons davantage attention aux appareils laissés allumés inutilement et essayons d’adopter des habitudes plus économiques afin de mieux gérer notre budget familial.
Avez-vous identifié des sources de forte consommation à la maison que vous avez réduites ?
Oui, nous avons identifié certains appareils qui consommaient beaucoup d’énergie, comme la climatisation, le chauffe-eau et les lumières laissées allumées inutilement. Nous avons réduit leur utilisation, privilégié les ampoules LED et nous débranchons certains appareils lorsqu’ils ne sont pas utilisés.
Quelles initiatives prenez-vous pour sensibiliser votre famille à une utilisation plus responsable de l’énergie ?
Nous essayons de sensibiliser toute la famille à travers de petits gestes simples au quotidien : éteindre les lumières en quittant une pièce, limiter l’utilisation excessive de la climatisation, utiliser les appareils électroménagers de manière plus réfléchie et expliquer aux enfants l’importance d’économiser l’énergie pour l’environnement et pour le budget familial.
Ces nouvelles habitudes sont-elles appelées à devenir permanentes, selon vous ?
Oui, je pense que ces nouvelles habitudes devraient devenir permanentes. Au-delà de la hausse des tarifs, cela permet non seulement de réduire les dépenses, mais aussi de contribuer à une consommation plus responsable et respectueuse de l’environnement.
Tejasprakashsingh Gungah : « J’utilise des ampoules LED »
Êtes-vous attentif à votre consommation d’électricité au quotidien ?
Oui, j’y fais particulièrement attention, surtout depuis l’augmentation récente des tarifs d’environ 15 %, qui a un impact direct sur le budget des ménages. Cette hausse m’a poussé à adopter une approche plus responsable et réfléchie face à ma consommation d’énergie au quotidien.
Quelles actions simples appliquez-vous pour économiser l’énergie ?
J’essaie d’adopter des gestes simples, mais efficaces. Par exemple, j’éteins systématiquement les lumières lorsque je quitte une pièce et je privilégie au maximum la lumière naturelle pendant la journée. J’utilise également des ampoules LED, qui consomment moins et durent plus longtemps. Je fais aussi attention à l’utilisation des appareils électroménagers, comme ne lancer la machine à laver que lorsqu’elle est pleine et limiter l’usage de la climatisation en maintenant une température raisonnable.
Laissez-vous parfois des appareils en veille ou branchés inutilement ?
Malgré mes efforts, c’est encore le cas parfois, souvent par habitude ou par oubli. Certains appareils restent en veille ou branchés sans réelle nécessité. Ce qui montre qu’il y a encore une marge d’amélioration, même lorsqu’on est déjà conscient des enjeux. Prendre conscience de ces petits détails permet déjà de réduire significativement la consommation globale.
Pensez-vous que les jeunes sont suffisamment sensibilisés à ce sujet ?
Je pense que les jeunes sont de plus en plus sensibilisés aux enjeux énergétiques et environnementaux, notamment grâce à l’éducation et aux campagnes de sensibilisation. Toutefois, il reste encore du travail pour transformer cette prise de conscience en actions concrètes et durables au quotidien. Encourager ces bons réflexes dès le plus jeune âge est essentiel.
Kamesh Ramah Gopaul : « Je limite l’usage de la climatisation »
Êtes-vous attentif à votre consommation d’électricité au quotidien ?
Depuis mon enfance, j’ai été sensibilisé, tant dans le cadre scolaire que familial, à l’importance de la préservation de l’énergie, en particulier de l’électricité. Cette éducation a profondément influencé mes habitudes, faisant de la gestion responsable de ma consommation une démarche naturelle. Même si je vis encore avec mes parents, je reste pleinement conscient de l’impact financier que peut représenter une consommation excessive d’électricité, ce qui renforce mon engagement à adopter des comportements responsables au quotidien.
Quelles actions simples appliquez-vous pour économiser l’énergie ?
À cause de mes études en architecture, ma consommation d’électricité est intrinsèquement élevée. L’utilisation intensive de logiciels spécialisés de modélisation, de conception assistée par ordinateur et de rendu nécessite que mon ordinateur portable reste branché pendant de longues périodes, souvent tout au long de la journée et aussi la nuit. Cette exigence technique constitue une contrainte difficilement évitable. Néanmoins, je m’efforce de compenser cette consommation par l’adoption de gestes simples et efficaces, comme l’extinction systématique des lumières en quittant une pièce ainsi qu’une gestion attentive des équipements électroménagers. Et, je privilégie autant que possible la ventilation naturelle et limite l’usage de la climatisation aux périodes de forte chaleur.
Laissez-vous parfois des appareils en veille ou branchés inutilement ?
Certaines pratiques restent perfectibles. Malgré une réelle volonté de réduire ma consommation, les exigences de mon parcours académique influencent mes habitudes. Mon ordinateur portable et ses périphériques restent souvent branchés en continu afin d’éviter toute interruption lors de travaux exigeants, ce qui limite ma capacité à optimiser pleinement ma consommation énergétique. De plus, après de longues sessions de travail, la fatigue peut entraîner un manque de vigilance, se traduisant par des appareils laissés en veille ou des chargeurs inutilement branchés. Bien que ponctuels, ces comportements contribuent à une consommation évitable. Conscient de ces enjeux, j’adopte progressivement une approche plus rigoureuse, en intégrant des gestes simples comme l’extinction systématique des équipements en fin de journée ou l’utilisation de multiprises avec interrupteur. Durant les périodes de moindre activité, notamment les week-ends, je veille à réduire mon utilisation des équipements électroniques afin de limiter mon empreinte énergétique.
Pensez-vous que les jeunes sont suffisamment sensibilisés à ce sujet ?
Dans un contexte dans lequel l’électricité constitue un besoin essentiel — non seulement pour le confort, mais également pour les études, le travail et la communication — il est impératif de développer dès le plus jeune âge des habitudes de consommation responsables. Ce qui est d’autant plus crucial dans des disciplines comme l’architecture, où l’usage des outils numériques est incontournable.
Isabelle Genave : « Nous allons installer des panneaux solaires »
L’augmentation de 15 % vous a-t-elle poussé à changer certaines habitudes énergétiques à la maison ?
Définitivement. Car, avant même que l’augmentation de 15 % soit officielle, mon époux et moi avons remarqué un important changement dans notre facture, qui est passée de Rs 1 200 à Rs 2 600 sans y ajouter aucun autre appareil qui consomme de l’énergie. Et nous avons pris quelques mesures qui peuvent aider à réduire la facture.
Le climatiseur, bien que ce soit un DC Invertor qui en général ne consomme pas beaucoup d’énergie. Le fer à repasser et la bouilloire, car ces deux appareils consomment beaucoup d’énergie.
Et nous avons développé une nouvelle habitude : quand nous quittons une chambre, nous éteignons la lumière.
De quelle façon sensibilisez-vous votre entourage aux économies d’énergie ?
Nous comptons installer des panneaux solaires.
Envisagez-vous de maintenir ces efforts dans le temps ?
Oui. Car ils aident à réduire la facture d’électricité.
Sarvesh Dosooye : « Pensons à notre planète »
Avec l’augmentation de 15 % du prix de l’électricité, avez-vous modifié vos habitudes à la maison ?
Pas vraiment de modification, car, depuis avant, on n’encourage pas le gaspillage. J’avais déjà fait installer des panneaux photovoltaïques chez moi avant l’augmentation des prix. J’essaie d’adapter mes habitudes en pensant aux conséquences futures. La conservation ne s’applique pas seulement pour l’électricité, mais aussi pour l’eau et d’autres ressources. J’essaie aussi de capter l’eau de pluie pour divers usages.
Quels appareils ou habitudes qui consommaient de l’énergie que vous limitez ?
Principalement je dirais la télé. Parfois on la laissait allumée en même temps qu’on faisait autre chose, mais ce n’est pas trop fréquent. Ne pas laisser les appareils électroménagers ou la lumière allumés pour rien, ce n’est pas si difficile, car nous sommes trois à la maison.
Comment incitez-vous votre entourage à adopter des gestes simples pour économiser l’électricité ?
Étant la plupart du temps à l’intérieur, parfois on ne réalise pas nos habitudes. Une prise de conscience peut marcher seulement pour les gens qui sont réceptifs et, dans ces cas-ci, un rappel verbal marche. Sinon, il ne faut pas seulement dire que faire, mais aussi montrer comment le faire. Il faut « Walk the talk ». J’essaie de donner l’exemple à travers mes pensées et mes actes et de motiver les autres à faire de même.
Pensez-vous continuer ces efforts sur le long terme, même si les prix venaient à se stabiliser ?
Définitivement, car une crise énergétique reste et continue de s’aggraver aussi longtemps que les habitudes des gens ne changent. Si on veut du changement, il est impératif que l’on change, car c’est nous qui apporterons ce changement à travers nos agissements. Pensons à notre planète et améliorons-nous.
Adopter de bonnes habitudes au quotidien permet de mieux maîtriser sa consommation d’électricité, tout en conservant son confort. Les gestes les plus simples restent les plus efficaces : éteindre les lumières en quittant une pièce, privilégier la lumière naturelle pendant la journée et débrancher les appareils inutilisés.
L’utilisation d’ampoules LED, connues pour leur faible consommation et leur longue durée de vie, est aujourd’hui largement recommandée. De même, optimiser l’usage des appareils électroménagers — comme faire fonctionner la machine à laver à pleine charge ou limiter l’utilisation excessive de la climatisation — contribue à une meilleure gestion de l’énergie.
Sur le long terme, certains foyers optent pour des solutions durables comme les panneaux solaires ou les chauffe-eau solaires, réduisant ainsi leur dépendance à l’électricité traditionnelle. Ces initiatives, combinées à une discipline quotidienne, permettent de réaliser des économies significatives.
Au-delà de la simple gestion des coûts, une véritable prise de conscience s’opère au sein des foyers. L’énergie est désormais perçue comme une ressource précieuse qu’il convient d’utiliser avec réflexion. Cette évolution des mentalités se traduit par une volonté de consommer autrement, en privilégiant des pratiques plus durables.
La sensibilisation joue un rôle clé dans ce changement. Parents, enfants et proches sont de plus en plus impliqués dans cette démarche collective. En montrant l’exemple et en adoptant des gestes responsables, chacun contribue à instaurer une culture énergétique plus consciente.
Cette approche positive, tournée vers l’avenir, montre qu’il est possible de concilier confort, économies et respect de l’environnement, tout en construisant des habitudes bénéfiques pour les générations futures.