Élections générales : le commissaire électoral rejette la plupart des propositions du PTr-MMM-PMSD
Par
Patrick Hilbert
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Patrick Hilbert
Dans un document de 76 pages, Irfan Abdool Rahman répond aux propositions formulées conjointement par les leaders du PTr, du MMM et du PMSD, visant à améliorer l’organisation et le déroulement des élections générales. Le commissaire électoral n’approuve que quelques-unes des propositions faites. Pour d’autres, il souligne qu’elles nécessitent des amendements législatifs.
Le 28 avril dernier, Navin Ramgoolam, Paul Bérenger et Xavier-Luc Duval, leaders respectifs du Parti travailliste (PTr), du Mouvement militant mauricien (MMM) et du Parti mauricien social démocrate (PMSD), avaient rencontré, en compagnie d’autres dirigeants de leurs partis, le commissaire électoral Irfan Abdool Rahman pour parler de leurs propositions et observations en vue d’apporter plus de transparence et d’efficacité dans l’organisation et le déroulement des élections générales à venir. Un document lui avait été remis quatre jours plus tôt.
Le 16 juin, le commissaire électoral leur a répondu point par point dans un document de 76 pages. Jusque-là, des indications sur la position d’Irfan Abdool Rahman étaient sorties, cependant la majeure partie du contenu de sa réponse était encore inconnue.
Finalement, quelques propositions ont été acceptées mais la plupart ont été rejetées. Et une fois de plus, le commissaire électoral réfute l’argument qu’il ait pu y avoir manipulation ou maldonne aux dernières élections générales. Il maintient que tout a toujours été fait dans le strict respect de la loi.
Réponse du Commissaire électoral : « La proposition n’est pas faisable. » Le bureau du Commissaire électoral explique avoir déjà eu recours dans le passé à des lettres recommandées envoyées à la dernière adresse connue de la personne concernée. « Par expérience, nous savons qu’il y a très peu de réponses et que dans la majorité des cas, les lettres sont renvoyées à la poste avec une notice ‘non-distribuée’. Le Bureau a arrêté cet exercice très coûteux qui ne produit pas les résultats escomptés. Puis, il faudrait amender la loi pour pouvoir appliquer la proposition de l’alliance. »
Réponse : Le Commissaire électoral affirme qu’il ne peut y avoir de manipulation du registre électoral et « qu’il n’y en a jamais eu ». Il assure également que le registre électoral reste au Bureau du Commissaire électoral de manière totalement sécurisée et sous haute surveillance. Et de préciser qu’il peut s’appuyer sur « un système informatisé robuste pour gérer la base de données électorale ».
Réponse : Le Bureau du Commissaire électoral souligne que les mesures « existent déjà et sont mises en pratique ». Il précise que personne d’autre que des personnes désignées du Bureau n’a accès aux données qui sont protégées par un mot de passe. Le réseau n’est pas connecté à un réseau externe ni à Internet.
Réponse : Les électeurs peuvent déjà vérifier. Le Bureau ajoute qu’il « a toujours été en faveur que le registre reste ouvert pour une période plus longue, mais un amendement législatif est nécessaire ».
Réponse : « Malheureusement, l’observation est correcte et est le fruit de la loi actuelle qui veut que le processus d’enregistrement soit clos le 30 mai. » Le Bureau du Commissaire électoral précise que personne ne peut être inclus dans le registre après le 30 mai, car il est publié au plus tard le 14 août. « Le système actuel comporte quelques défis inhérents et doit être revisité », concède le Commissaire électoral. Des amendements doivent être apportés à la loi.
Réponse : Un amendement à la loi est nécessaire, ainsi que des consultations avec toutes les parties.
Réponse : Cela pourrait ouvrir la porte à des abus en termes de marketing ou par des « law enforcement agencies ».
Réponse : « Fixer une copie entière du registre des électeurs pour chaque circonscription dans chaque centre de vote de la circonscription n’est pas pratique et faisable pour plusieurs raisons. » Le Bureau soutient que ce ne serait pas écologique d’afficher des milliers de pages sur les murs des centres de vote, qui sont pour la plupart des écoles ou des collèges. Cela demanderait aussi un travail logistique énorme pour effectuer cet exercice quotidiennement dans 2 305 centres de vote.
Réponse : « L’impression des bulletins de vote a lieu à un seul endroit, au Government Printing Department. » Cela se fait « sous stricte surveillance de la police 24 heures sur 24 et sous la supervision du Bureau du Commissaire électoral et de l’Electoral Supervisory Commission ». Et de préciser qu’il n’y a « jamais eu de sous-traitance auprès d’imprimeurs du privé pour les bulletins de vote ».
Réponse : « Ce n’est ni la fonction constitutionnelle, ni la responsabilité du Commissaire électoral d’émettre des directives. Il n’a aucun pouvoir régulateur dans ce sens en vertu de la Constitution. » Il souligne que l’Independent Broadcasting Authority (IBA) a comme devoir de s’assurer que la diffusion audiovisuelle soit « impartiale et juste ». Le Commissaire électoral n’a également aucune emprise sur la police, car c’est du ressort du Commissaire de police.
Réponse : Le Bureau du Commissaire électoral affirme que ce n’est pas de son ressort.
Réponse : Le Bureau « disagrees with this statement in the strongest terms ». Il précise que les rôles et responsabilités ont toujours été très clairement définis.
Réponse : « La nomination de yard agents peut créer un environnement malsain au sein du centre de vote. »
Réponse : « Des instructions claires en ce sens sont déjà données pour chaque élection. »
Réponse : « Cela est impossible à mettre en pratique et à contrôler. » De plus, l’usage de téléphone mobile dans la salle de vote est déjà strictement interdit par la loi.
Réponse : Le Bureau indique qu’il en a fait la demande depuis plusieurs années.
Réponse : Les « computer rooms » n’ont eu aucune incidence sur le processus de décompte des voix. « Cela a été confirmé par la Cour suprême. » Et d’ajouter qu’il « serait aussi faux de dire que les ‘computer rooms’ étaient gérées par des parties externes ». Il soutient également qu’à aucun moment le système informatique n’a été piraté ou manipulé.