Législatives 2019

Élections générales : la crédibilité des politiciens auprès des seniors

La campagne électorale est lancée. Les politiciens s’activent avec des congrès tenus à travers Maurice dans la démarche de persuader les citoyens avant le jour J. Avec 21,2 % des électeurs dans la tranche d’âge de 61 ans et plus, recensés sur le registre électoral et mis en ligne le 16 août dernier par la Commission électorale, nous avons recueilli l’avis de nos doyens. Qu’en est-il des seniors, sont-ils convaincus ? On vous laisse juger par vous-mêmes.

Shyam Jiggesur : «On doit mettre fin à cette dynastie politique»

shyamShyam Jiggesur, 68 ans, a une approche méfiante envers la politique. « Au fil des années, on a pu constater qu’il y a eu un désintérêt de la part de la population mauricienne au niveau politique suite aux nombreuses promesses non tenues. Dans ce jeu de pouvoir, c’est le peuple qui souffre », dit Shyam en soupirant. Le sexagénaire est d’avis qu’on devrait laisser la chance à de nouveaux visages au sein du parlement pour relancer l’intérêt des citoyens ainsi que les jeunes du pays. « On doit mettre fin à cette dynastie politique, car cette école de pensée est erronée. Il faut donner un nouveau souffle à la politique mauricienne. »


Marie Olivette Goder : «En politique, on ne peut malheureusement pas juger l’intention au préalable» 

Marie Olivette abonde dans le même sens lorsqu’on la questionne sur le regard qu’elle porte sur la politique. Elle avoue qu’elle est sceptique par rapport à ses anciennes expériences. 

« Nous sommes là pour accomplir notre devoir en tant que citoyen et voter. Toutefois, le résultat n’est pas toujours souhaitable. En politique, on ne peut malheureusement pas juger l’intention au préalable, c’est la performance d’un gouvernement sortant qui est indicatif de sa volonté de faire progresser le pays », fait-elle ressortir. Marie Olivette pense qu’« il faut donner la chance aux idéologies qui reflète le mieux notre vision pour le pays. Cela dit, il faut également promouvoir de nouvelles idéologies en encourageant un renouveau au sein du parlement dû au rajeunissement de l’électorat », conclut-elle. 


Daramjay : «J’irai voter, mais je suis méfiant»

daramjayDaramjay, qui habite à Cassis, fait partie des citoyens déçus. Il nous en explique la cause. 

« J’ai perdu confiance en nos hommes politiques, surtout ceux de ma circonscription, car ils n’ont pas levé le petit doigt quand nous avons rencontré des problèmes avec les eaux usées. Nous avons porté plainte, en vain. Dans ce cas, comment espérer un quelconque progrès dans le pays alors que le changement commence d’abord chez soi ? », se demande-t-il.

À moins d’un mois des élections générales, Daramraj garde, néanmoins, un état d’esprit positif. Certes, il est méfiant envers les politiciens, mais il compte voter objectivement. « J’irai voter, mais je suis méfiant. D’ailleurs, je suis les congrès de très près afin de pouvoir prendre la grande décision dont dépend l’avenir du pays », conclut-il.  


Anil Mathur : «On serait crédule de refaire confiance à ceux qui nous ont déçus à maintes reprises»

anilAnil Mathur, 64 ans, juge qu’il est difficile de faire confiance aux politiciens. « Vu le nombre de scandales qui révèlent que la politique est sale et que les hommes politiques abusent de leur pouvoir dans leur propre intérêt, comment regagner confiance en eux ? Une fois que la confiance du peuple brisée, il est difficile de la regagner », affirme le sexagénaire. 

Cependant, Anil souligne qu’il est important d’accomplir son devoir civique en tant que citoyen en allant voter malgré les déceptions, car il y va de l’avenir du pays. « On a un devoir civique et c’est un pouvoir extraordinaire que nous avons dans la main. On doit en faire bon usage pour élire un gouvernement dynamique qui fera avancer notre pays. » Et d’ajouter qu’on en est à un point où du renouveau est impératif. En d’autres mots, encourager un dynamisme au parlement à travers l’intégration des jeunes en politique. « Les jeunes en politique, c’est l’avenir et il faut leur donner leur chance. On serait crédule de refaire confiance à ceux qui nous ont déçus à maintes reprises », fait-il ressortir.


Rahoof Khodabux : «Il faut leur accorder le bénéfice du doute»

Rahoof Khodabux, 74 ans, un habitant de Rose-Belle, est d’avis que les politiciens de chaque parti politique se présentent aux élections générales pour tenter leur chance et qu’il faut leur accorder le bénéfice du doute. 

« On ne peut pas perdre confiance en nos politiciens, car il y en a encore qui sont prêts à travailler pour l’avancement du pays. Il faut être réaliste, toutes les promesses électorales ne seront pas tenues. Il faut juger sur la performance générale d’un gouvernement sortant », souligne-t-il. Rahoof Khodabux ajoute qu’il ira certainement voter le 7 novembre prochain. 

Toutefois, il précise qu’il faut voter de manière responsable. « Il ne faut jamais voter trois candidats du même parti, car il faut être logique. On ne peut avoir un gouvernement sans opposition. »  Lorsqu’on lui demande son avis sur un renouveau au sein du parlement, Rahouf se dit mitigé. « J’accueille cette idée favorablement, toutefois, il leur faudra du temps pour s’adapter à cause de leur manque d’expérience. Du coup, il faut savoir faire une balance entre les anciens politiciens et ceux qui rejoignent l’arène politique afin d’assurer que tout se déroule pour le mieux dans le pays », partage-t-il

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