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Élections 2019 - Lutte à trois : moins de vote requis pour être élu

Depuis la proclamation des résultats, de nombreux observateurs politiques commentent les chiffres et sont rejoints par des membres de l’opposition. Certains se demandent comment un gouvernement peut-il être élu avec seulement 37 % des voix contre 63 % pour l’opposition  ? La lutte à trois donne des éléments de réponse.

Les législatives du 7 novembre ont livré leur verdict. L’Alliance Morisien a été reconduite au gouvernement avec 37,68 % des votes de l’électorat. Dans une lutte à trois, malgré le fait que l’Alliance Morisien ait récolté 38 des 60 sièges parlementaires, les résultats démontrent que la majorité des élus ont seulement eu besoin de 30 à 45 % des votes pour se faire élire. C’est d’ailleurs une des caractéristiques de ces élections, car le vote de l’électorat a été partagé non pas entre deux blocs, mais entre trois. Ce qui baisse considérablement le pourcentage nécessaire pour être élu. 

Les statistiques parlent d’eux-mêmes. La différence de 5 % entre l’Alliance Morisien (37,68 %) et celle de l’Alliance nationale (32,73 %) qui peut ainsi paraître insignifiante ne l’est pas dans une lutte à trois. Cette différence donne un résultat de trente-huit sièges pour l’Alliance Morisien contre quatorze pour l’Alliance nationale et huit pour le Mouvement militant mauricien (MMM) (20,57 %).

Neuf élus avec plus de 50 % des votes

Parmi les neuf candidats élus avec plus de 50 % de votes, on trouve seulement deux leaders : Pravind Jugnauth au no 8 (Quartier-Militaire/Moka). Il a récolté 21 327 voix (56,82 %). Il est le candidat de l’Alliance Morisien avec le plus fort taux de votes. Dans cette circonscription, Ashock Jugnauth, candidat de l’Alliance nationale, qui était à la lutte avec son neveu, a obtenu 33,76 % (12 659 voix). Il est donc loin derrière les trois candidats de l’Alliance Morisien.

Le deuxième leader qui a obtenu plus de 50 % des voix est celui du MMM, Paul Bérenger, qui a obtenu 51,01 %, (14 368 voix) dans la circonscription no 19 (Stanley/Rose-Hill). Ce résultat interpelle, vu le faible taux de participation dans cette circonscription : 73,75 %. Au no 19, avec ce faible taux de participation, le leader du Muvman Liberater, Ivan Collendavelloo, qui a essayé de puiser de l’électorat MMM, a presque failli perdre son pari. Il a finalement obtenu la troisième place (5 409 voix d’écart avec Paul Bérenger et 31,80 % des votes.

Osman Mahomed de l’Alliance nationale a lui obtenu le plus fort taux de votes de toutes les circonscriptions (60,10 % du nombre de votes de la circonscription no 2 (Port-Louis Sud/Port-Louis central). Avec 10 560 voix à son actif sur les 17 726 bulletins, son seul véritable adversaire a été Reza Uteem du MMM avec seulement 7 325 voix, le candidat du MMM a obtenu 41,69 % des voix. Les candidats de l’Alliance Morisien se sont retrouvés loin derrière, Zouberr Joomaye et ses deux colistiers ont obtenu environ 22 % du nombre de votes.

Circonscription no 10 

Une autre circonscription où les chiffres ont parlé est sans doute la circonscription no 10 (Montagne-Blanche/Grande-Rivière Sud-Est). C’est d’ailleurs la circonscription qui a retenu le plus d’attention lors de ces législatives, avec la candidature de Navin Ramgoolam, leader de l’Alliance nationale et du Parti travailliste. C’est le candidat de l’Alliance Morisien, Vickram Hurdoyal, qui a été élu en tête de liste. Il est d’ailleurs le ‘chou-chou’ de cette circonscription. Déjà en 2014, il avait obtenu, à lui seul, plus de 9 000 voix comme candidat de Réveil des Jeunes. Pour les élections de 2019, avec le soutien de l’Alliance Morisien, il a fait forte impression. Il a obtenu 54,59 % du nombre de votes (23 252 de voix). Il est ainsi le deuxième candidat après Pravind Jugnauth à avoir le plus grand pourcentage de votes de l’Alliance Morisien. 

Par contre, Navin Ramgoolam a perdu son pari. Il a d’ailleurs obtenu en termes de pourcentage moins de votes qu’en 2014 quand il a été candidat au no 5 (Pamplemousses/Triolet). En 2014, Navin Ramgoolam avait récolté 43,8 % du nombre de votes. Mais au no 10, il n’obtient cette fois ci que 41,17 %, avec 17 536 voix.

Deux candidats de l’Alliance Morisien obtiennent plus de 50 % au no 7 (Piton/Rivière-du-Rempart). Ils sont Maneesh Gobin avec 51,71 % et Rajanah Dhaliah avec 50,21 %. 

Dans cette série, on n’oublie pas la performance de Shakeel Mohammed au no 3 (Port-Louis Maritime/Port-Louis Est) élu en tête de liste. Il obtient 52,02 % du nombre de votes avec 8 297 voix. Celui du Dr Kailash Jagutpal de l’Alliance Morisien au no 13 (Rivière-des-Anguilles/Souillac) qui a obtenu 53,06 % du nombre de votes avec 15 393 voix et celui de Sudheer Maudhoo, toujours de l’Alliance Morisien au no 9 (Flacq/Bon-Accueil) avec 22 805 voix (50,30 %).


La performance des indépendants et petits partis

Parmi les indépendants et petits partis, on note la performance de Sudesh Rughoobur qui s’est lancé seul dans les législatives. Il n’avait pas obtenu d’investiture de l’Alliance Morisien. Il a quand même récolté 4 849 votes (11,92 %) au no 6 (Grand-Baie/Poudre-d’Or). Le leader du Parti Malin, Dhanrajsingh Aubeeluck, a lui obtenu 1 587 voix, soit 4,23 % du nombre de votes au no 8 (Quartier-Militaire/Moka). Georges Ah Yan, leader du Front des citoyens libres, dans la circonscription no 12 (Mahébourg/Plaine-Magnien) a obtenu 1 794 voix, soit 5,82 % du nombre de votes.

Un autre chiffre intéressant de cette joute électorale est le fait que l’électorat des circonscriptions dites rurales ait répondu présent. Ces villageois ont démontré un engouement pour ces élections. Dans ces circonscriptions, un taux de participation de 80 % à 85 % a été enregistré. Alors que pour les circonscriptions dites urbaines, un taux de participation de 70 % à 75 % a été atteint. Le taux de participation de 2019 (76,84 %) a été meilleur que celui de 2014 (74 %). 


Dernière rencontre du Cabinet sortant ce matin

Pravind Jugnauth réunit le Conseil des ministres qu’il a dirigé de janvier 2017 ce matin à 10h30 pour la dernière fois. Il s’agirait de remercier ceux qui font partie de ce conseil des ministres depuis les élections générales du 10 décembre 2014.

De ce Cabinet, un certain nombre de ministres ne seront pas reconduits car soit ils n’ont pas eu d’investiture soit ils n’ont pas été élus. Parmi ceux qui ne siégeront pas dans le nouveau conseil des ministres, il y a Anil Gayan, Étienne Sinatambou, Eddy Boissézon, Pradeep Roopun, Alain Wong pour ne citer que ceux-là.

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