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Élection partielle au no 7  : sur fond d’incertitude

élection partielle au no 7

Le dépôt des candidatures en vue de l’élection partielle dans la circonscription no 7 (Piton/Rivière-du-Rempart) a eu lieu le samedi 17 août 2019. L’exercice s’est déroulé entre 9 heures et 15 heures au Simadree Virahsawmy State Secondary School. Retour sur cette journée, où la tradition a été respectée dans l’ensemble. 

Les formations politiques avaient toutes donné rendez-vous à leurs activistes et partisans à Rivière-du-Rempart en ce samedi 17 août 2019. Sauf que la mobilisation, tant de l’opposition que du gouvernement, n’a pas vraiment convaincu les habitants. Mais il y a une chose qu’on ne peut nier : la tradition a bel et bien été respectée. Munis de drapeaux aux couleurs représentatives de leurs partis, ceux présents se sont dirigés vers le collège Simadree Virahsawmy, choisi pour le dépôt des candidatures pour l’élection partielle prévue le 13 novembre prochain. 

Les partisans du Parti travailliste (PTr) ont commencé à arriver à 11 h 30, soit trente minutes avant l’heure du rendez-vous à la Place Taxis. Ils se sont massés petit à petit en attendant leurs dirigeants. C’est à 12 h 30 que la troupe rouge a démarré sa marche vers le collège. Au même moment, une équipe du Mouvement Patriotique venait de la rue opposée. Les partisans du parti de la rose ont été salués par ceux du PTr.  

Le cortège des rouges était mené par Anil Bachoo, Arvin Boolell et Patrick Assirvaden, suivis par d’autres membres du bureau politique. Les partisans du PTr scandaient qu’il fallait des élections générales et non une partielle, réclamant la dissolution de l’Assemblée nationale au plus vite. Navin Ramgoolam a rejoint ses troupes à quelques mètres du collège pour soutenir Anil Bachoo, candidat à la partielle. 

Au même moment, les partisans et activistes du Mouvement socialiste militant (MSM)/Muvman Liberater (ML) se mobilisaient au Gandhi Square, où des étendards orange étaient distribués. Tous attendaient l’arrivée du candidat orange Vikash Nuckheddy et des dirigeants du parti soleil. La troupe de l’alliance gouvernementale a quitté le Gandhi Square vers 13 h 30. à la tête du cortège, plusieurs véhicules qui diffusaient des chansons à l’honneur de l’alliance.  

C’est dans une ambiance bon enfant, au son des tambours joués par un groupe de jeunes, que les partisans orange et blancs se sont dirigés vers le Simadree Virahsawmy State Secondary School. En chemin, ils ont croisé quelques partisans rouges, auxquels ils ont lancé quelques piques. Même le ministre Stephan Toussaint s’y est mis en lançant : « Pa perdi letan lot kote. Vinn zwenn nou. Vire mam. » 

Le trafic routier à Rivière-du-Rempart a été quelque peu perturbé par les marches des différentes troupes au cours de la journée. S’il y en a pour qui le Nomination Day a été profitable, ce sont les commerçants et les marchands opérant sur la route principale…  

Deux femmes seulement sur 26 candidats

femme

La politique demeure largement une question d’hommes. Le Nomination Day pour la partielle au no 7 en est une nouvelle preuve. Sur les 26 candidats inscrits, deux femmes seulement se sont rendues au Simadree Virahsawmy State Secondary School pour y faire acte de candidature. Elles sont Deeshvy Ragpot, du mouvement En Force, et Rathna Nundoo, candidate indépendante. Enseignante, Deeshvy Ragpot explique qu’elle est là pour apporter un renouveau. « Je souhaiterais redéfinir la politique et voudrais que Maurice prenne une nouvelle inspiration. Je compte sur la collaboration des jeunes, des aînées et des femmes pour travailler ensemble. Tout le monde doit voter, mais il faut savoir quoi voter. En Force veut walk the talk. Rivière du Rempart peut entrer dans l’Histoire et en être l’exemple. »

Vikash Nuckchady (candidat MSM) : «On va travailler sur une stratégie de campagne»

vikashPeu bavard à sa sortie de la salle où il a inscrit sa candidature, peu après la mi-journée, Vikash Nuckchady, candidat du MSM, se réjouit d’avoir été « bien accueilli par tous les partisans du no 7 et par la circonscription. Je les en remercie. » Précisant avoir pris le temps d’« apprendre la topographie de la circonscription », il souligne que, dès lundi, « on va travailler sur notre stratégie pour cette campagne ». C’est la première fois que Vikash Nuckchady participe à une élection, même s’il est proche du MSM depuis un certain temps. Il a d’ailleurs été nommé membre du conseil d’administration de la Tertiary Education Commission par le gouvernement actuel.

Anil Bachoo (candidat PTr) : «Je suis confiant»

anilDans une courte déclaration à la presse, Anil Bachoo affirme être « confiant » par rapport à cette partielle. Et de souligner que « tout le soutien reçu » ce samedi ne lui est pas destiné, mais est plutôt « pour le Parti Travailliste ». Il ajoute qu’il est de son « devoir de défendre le symbole du PTr ». « Pour moi, c’est un devoir sacré. » Il précise aussi qu’il est « dans la politique depuis 40 ans ». « Je ne crois pas avoir d’ennemis, mais que des adversaires politiques. Et je crois fermement que le Parti Travailliste sera victorieux », lance-t-il.

Atma Bumma (Mouvement Patriotique) : «Je souhaite de la retenue sur les dépenses»

Même s’il est persuadé qu’il n’y aura pas d’élection partielle au no 7, Atma Bumma, secrétaire-général et candidat du Mouvement Patriotique (MP), estime que cette campagne pour la partielle sera, avant tout, « une continuation du travail entamée il y a quatre ans et une occasion d’aller dans des quartiers où nous ne nous sommes pas rendus par manque de temps, de finances ou autres raisons ». Il souligne le fait qu’une campagne électorale coûte beaucoup d’argent et souhaite « qu’il y ait un peu de retenue sur les dépenses » de la part des grandes formations politiques. 

Rezistans ek Alternativ, pas de la fête

Tout comme le MMM et le PMSD, Rezistans ek Alternativ ne participe pas à cette partielle. Dans un communiqué émis samedi, Kugan Parapen et Robbie Hurloll font savoir, au nom du parti, que cet exercice « est un gaspillage de fonds publics ». « Selon bann provizion legal, dat bitwar pou disoud parlman ek organiz eleksion zeneral se desam 2019 », disent-ils. Pour eux, « il est totalement irresponsable et absurde d’élire un député pour une durée de moins de deux mois ».

Showkutally Soodhun, président du MSM : «Ramgoolam inn avoy Bachoo manzer»

Le MSM a dépêché son président, Showkutally Soodhun, pour être aux côtés du candidat du MSM, Vikash Nuckchady, quand celui-ci pose sa candidature, samedi. à la sortie de la salle, Showkutally Soodhun a comparé la mobilisation du MSM à celle du PTr. « Eux et Anil Bachoo ont eu honte devant cette mobilisation. Il a disparu. Le Parti travailliste a déjà accepté la défaite, me nou pa tap lestoma », a-t-il dit.

Il a rappelé que le no 7 était « une bastion du MSM. » « SAJ a fait plus que 50 ans ici et a fait ses preuves. Aujourd’hui, on présente un candidat qui fait l’unanimité dans la circonscription. On l’a choisi parmi beaucoup d’autres personnes. Pravind Jugnauth a fait un très bon choix », a-t-il affirmé.

Navin Ramgoolam (PTr) : «C’est un gaspillage»

Pour le leader du Parti travailliste, Navin Ramgoolam, qui accompagnait son candidat, Anil Bachoo, au Simadree Virahsawmy State Secondary School à Rivière-du-Rempart pour poser sa candidature, cette partielle n’aura pas lieu. Dans sa déclaration à la presse, Navin Ramgoolam souligne que « Pravind Jugnauth a fait des dépenses qu’il ne faut pas faire et les Mauriciens sont tous d’avis que c’est un gaspillage d’argent public que de faire une partielle juste avant la dissolution du Parlement ». Et d’ajouter que « nous ne savons même pas si le candidat élu entrera au Parlement ». Par rapport au candidat MSM, Vikash Nuckcheddy, Navin Ramgoolam affirme que « zordi pe met enn kandida pa kone kot sorti. Pou sove la, parski zot kone ki rakle zot pou ganie dan eleksyon ».

Raj Aubeeluck (Party Malin) : «Cette élection n’aura pas lieu»

Le leader du Party Malin, Raj Aubeeluck, a, tout comme pour la partielle de 2003, qui avait eu lieu dans la même circonscription, posé sa candidature. En tant qu’ « homme public », il se sent dans l’obligation de le faire. « Je sais que cette élection n’aura pas lieu. Si c’est le cas, est-ce que le commissaire électoral nous rendra notre caution de Rs 1 500 que j’ai gagnée à la sueur de mon front ». à l’écoute du peuple, il a entendu dire que celui-ci « va voter Party Malin. Il ne veut pas voter pour Rs 220 millions dan kof, ni pour l’imposte ». Référence est ici faite à Navin Ramgoolam et Pravind Jugnauth. « On va montrer qu’il ne faut pas voter pour les dynasties. »

Paul Bérenger : «L’élection partielle sera un gaspillage des fonds publics»

À défaut de participer à une hypothétique élection partielle au no 7, Piton/Rivière-du-Rempart, le 13 novembre, le Mouvement militant mauricien (MMM) a présenté ses trois candidats aux prochaines élections générales. Cela, lors de la conférence de presse du parti, le samedi 17 août au Hennessy Park, à Ébène.

C’était, pour le MMM, une manière de faire comprendre qu’il ne souhaitait pas participer à une hypothétique élection partielle car, pour le leader du MMM Paul Bérenger, « il n’y aura pas et il ne doit pas y avoir d’élection partielle le 13 novembre, car ce sera un gaspillage des fonds publics ». 

Cependant, si l’élection partielle devait malgré tout se tenir, l’éventuel élu ne siègera au Parlement que pendant une trentaine de jours, a-t-il expliqué. Cela dû au fait que le Parlement sera dissout automatiquement le 22 décembre, comme le prévoit la Constitution après qu’un gouvernement a atteint la limite de son mandat de cinq ans. 

Ainsi, au lieu de penser à une hypothétique élection partielle, le MMM a préféré présenter ses trois candidats pour la circonscription no 7 en marge des prochaines élections générales. Ils sont Jai Prakash Meenowa, Jayen Ramtohul et le Dr Vinobah Gooriah. Il a aussi fait comprendre que la liste des 60 candidats du parti est presque finalisée.


Citadelle du MSM

Sir Anerood Jugnauth (SAJ) y a régné en maître pendant des décennies. à huit reprises, la circonscription, qui compte 43 993 d’électeurs, l’a plébiscité. Le ministre mentor, ex-Premier ministre et ancien président de la République, n’y a été rejeté qu’une fois. C’était lors de la vague rouge-mauve de 1995, lorsque le MSM s’était fait battre avec un 60-0.

Mais, cinq ans plus tard, les électeurs du no 7 lui referont confiance et lui permettront d’accéder une nouvelle fois au poste de Premier ministre dans le cadre d’une formule de mandat partagé (3 ans SAJ et 2 ans Paul Bérenger) pour ce fauteuil.

Aux élections de 2005 et de 2010, SAJ ne se représente pas. Le Parti Travailliste en profite. En 2005, il y fait élire ses trois candidats. Deux ans plus tôt déjà, le 21 décembre 2003, lors de la partielle de remplacement de SAJ, qui a démissionné pour prendre possession du Réduit, le PTr y fait élire Rajesh Jeetah.

Mais, aux élections générales de 2010, le MSM reprend un peu possession du terrain. En équipe avec le PTr, avec le PMSD comme troisième partenaire, cette alliance fait élire Prateebah Bholah, Balkissoon Hookoom et Deva Virasawmy, avec une nette avance sur les candidats de l’alliance MMM-UN-MMSD.

Et aux élections de décembre 2014, la circonscription redevient nettement orange. Le retour sur le terrain de sir Anerood Jugnauth y est facilement accepté. En tête de liste, il emmène Vishnu Lutchmeenaraidoo et Ravi Rutnah avec lui.

Avis mitigés des habitants 

Le Dimanche/L’Hebdo a interrogé des habitants en ce Nomination Day. Chacun y allait de son avis. Certains disent avoir apprécié le mouvement inhabituel dans le quartier. D’autres, en revanche, soutiennent que cela ne change rien à leur quotidien. Ils estiment qu’il faut tenir des élections générales et non une partielle, car celle-ci engendrera des dépenses inutiles. D’autres encore sont d’avis qu’il faut respecter la démocratie. « S’il faut une partielle, il doit y avoir une partielle », disent-ils. 

Les candidats

1 AJOODHEA Dravindra Kumar République en Marche
2 AREKION Dharmalingum Indépendant
3 AUBEELUCK Danrajsingh Party Malin
4 AWOOTAR Baboo Goorooduthsing Front Solidarité Mauricien
5 BACHOO Anil Kumar Mauritius Labour Party
6 BASDEO Rajmohun Indépendant
7 BHOGUN Vikesh Indépendant
8 BUMMA Kreepanandsing, also known as Atma Mouvement Patriotique
9 BUNDHOO Neeteeraj Indépendant
10 CHANDRAMAN Moona Moonabhai Moonaman Luxman Indépendant
11 DUSNA Neeraj Kumar Democratic Socialist Party
12 GOOJHA Krisnah, also known as Sen Indépendant
13 MAHADEO Brijanand Indépendant
14 MUNGUR Swattantranand Indépendant
15 NAZIR Ismaël Front Libération National (FLN)
16 NUCKCHEDDY Sanjit Kumar, also known as Vikash Alliance MSM-ML
17 NUNDOO Rahtna Indépendant
18 PRAYAG Menon Indépendant
19 RAGNUTH Nityanand Indépendant
20 RAGPOT Deeshvy En Force!
21 ROSTOM Mohammad Parvez Indépendant
22 SANASY Deyvindrah Indépendant
23 SOUCI Georgy Stephane Brayen Indépendant
24 SUNNASY Vishwadev 100% Citoyens
25 SUNT Rakesh Indépendant
26 VADIVELU Parsooramen, also known as Anbanaden Indépendant

Le FSM aussi

Parmi les dix partis politiques à aligner un candidat, il y a le Front solidarité mauricien (FSM). « Nous sommes un parti politique établi et nous jouissons de notre droit démocratique. J’avais posé ma candidature à la partielle du no 8 et j’étais sorti troisième », note Cehl Meeah, leader de cette formation politique. « Nous aurons un bon score ici aussi », souligne-t-il. La partielle du no 8 (Quartier Militaire/Moka), à laquelle il faisait référence, a eu lieu en mars 2009. Cette fois, le FSM aligne Goorooduthsing Awootar, son président depuis 20 ans.

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