Éducation : le pédagogue Ritesh Poliah propose une réforme inspirée de modèles internationaux
Par
Annick Daniella Rivet
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Annick Daniella Rivet
Ritesh Rao Poliah, consultant en éducation et pédagogue, tire la sonnette d’alarme dans son ouvrage The State of Education System in Mauritius. Entre constats et propositions inspirées de modèles étrangers, il invite le ministère de l’Éducation à s’appuyer sur ce document pour bâtir une réforme solide et pérenne.
Lors de la cérémonie de lancement, jeudi après-midi, au SNYT Heights, Petit Raffray, Ritesh Poliah a précisé que son objectif n’est pas de remettre en cause le Blueprint que le ministère de l’Éducation s’apprête à publier, mais d’apporter une référence utile pour la réforme envisagée.
Le rapport retrace l’évolution des réformes éducatives à Maurice depuis 1941 jusqu’au Nine-Year Continuous Basic Education (NYCBE) introduit en 2019. Il met en lumière les raisons pour lesquelles certaines initiatives ont échoué. Ritesh Rao Poliah compare également le système mauricien au modèle singapourien, qui présente des similitudes : enseignement gratuit dans la majorité des écoles, scolarité obligatoire jusqu’à 15 ans (contre 16 ans à Maurice), examens de Cambridge ‘O’ et ‘A’ level communs aux deux pays.
Le document souligne un taux d’échec préoccupant : près de 60 % des élèves ayant commencé le primaire échouent en Grade 13. Il évoque aussi l’introduction des trois crédits nécessaires pour accéder au Lower VI, en insistant sur la nécessité de paramètres clairs afin d’éviter que les élèves ne se retrouvent désorientés dans leur parcours.
La réforme actuelle prévoit la création de National Colleges en remplacement des Académies, ainsi que de nouvelles modalités d’accès en Grade 7. Selon l’écrivain, des bases solides doivent être établies pour garantir la réussite de ces mesures.
Le Counselling Desk dans les écoles reste insuffisant. « Les enseignants sont présents, mais les psychologues, peu nombreux, devraient être davantage sollicités », affirme-t-il. Il propose de s’inspirer du modèle australien, qui prend en charge les élèves confrontés au harcèlement scolaire, aux difficultés académiques ou aux problèmes familiaux. Le rapport aborde également la question des leçons particulières, qu’il juge nécessaire de réguler, tant au primaire qu’au secondaire.
La démographie constitue un autre défi : certaines écoles qui accueillaient plusieurs classes pour le PSAC n’ont parfois pas plus de dix élèves. Le rapport dénonce aussi le taux élevé d’absentéisme aux examens du PSAC, du National Certificate of Education (NCE), du School Certificate (SC) et du Higher School Certificate (HSC). Il propose que les parents signent un engagement à rembourser les frais d’examen en cas d’absence injustifiée.
Parmi ses recommandations, Ritesh Rao Poliah suggère de réduire le nombre d’écoles et de collèges afin d’optimiser les ressources. Il propose également de revoir les conditions de la Teaching Licence : après un an de stage, les enseignants pourraient devenir des support educators pour accompagner les élèves. Il souhaite aussi que, après le cycle primaire, les enfants soient admis dans un collège proche de leur résidence selon leurs résultats. En Grade 10, après les examens du NCE, les élèves devraient pouvoir poursuivre leur scolarité dans le même établissement, toujours en fonction de leurs résultats. Cette mesure permettrait d’éviter la catégorisation des collèges et de renforcer la collaboration entre enseignants.
Selon Ritesh Rao Poliah, ce document, fondé sur des modèles internationaux et des recherches approfondies, se veut une plateforme de réflexion et d’action pour l’avenir de l’éducation à Maurice.