École hôtelière Sir Gaëtan Duval : quand l’examen se transforme en expérience gastronomique
Par
Annick Daniella Rivet
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Annick Daniella Rivet
À l’École hôtelière Sir Gaëtan Duval, les examens ne se limitent pas à des copies et des notes. Ils prennent la forme d’un service grandeur nature, où les élèves, accueillent le public et orchestrent un déjeuner digne des plus belles tables.
Une ambiance électrique se dégage à l’École hôtelière Sir Gaëtan Duval. Un parfum délicat de cuisine flotte dans l’air, attirant les convives venus partager un déjeuner pas comme les autres. Les serveurs du jour ne sont pas des professionnels aguerris, mais une quarantaine d’élèves en pleine évaluation du National Certificate Level 3 (NC3).
Le trac est palpable, mais la rigueur domine. Uniformes ajustés, serviettes blanches soigneusement pliées, gestes précis : les étudiants se glissent dans la peau de véritables professionnels. Filles et garçons suivent le cours « Bar and Restaurant Services » en NC3 et NC4. Après une année de théorie et de pratique, ponctuée de stages de cinq jours en restaurant ou en hôtel, ils arrivent au terme de leur parcours.
Le professeur Bashir Bheenick, responsable du module « Food and Beverage Operations », insiste sur l’importance des détails. « Tout commence par le port de l’uniforme. Cette discipline inculquée tôt forge le professionnalisme et facilite l’embauche, parfois même avant la fin des études », explique-t-il.
Fondée en 1971, l’École hôtelière Sir Gaëtan Duval s’est installée à Ébène en 1996, après avoir été basée à Quatre-Bornes puis aux Casernes, à Curepipe. Sa mission est claire : former des jeunes capables d’entrer dans le monde du travail avec savoir-faire, attitude professionnelle et compétences solides. Les cours vont du NC3 au niveau Diploma, avec comme minimum requis pour l’entrée le National Certificate of Education (NCE).
Le rythme est exigeant : un jour par semaine à l’école, cinq jours en restaurant ou à l’hôtel. Les élèves bénéficient en outre d’un stipend mensuel de Rs 8 000, preuve de l’importance accordée à leur immersion professionnelle par les autorités.
Le chef David Lam, lui-même ancien élève de l’École, souligne : « Les élèves sont en évaluation depuis deux semaines. Chaque cours est encadré par un chef. » Le menu est imposé : salade verte mimosa en entrée, poisson sauce hollandaise et petits légumes en plat principal, crème caramel et salade de fruits en dessert.
La règle est stricte : arriver à 8 heures et avoir tout prêt pour 11 heures. Pour cette session, 48 plats ont été dressés. « Les élèves ont fait beaucoup de progrès. Ils ont suivi les consignes et livré un résultat de qualité », souligne le chef David Lam.
Avec 20 ans d’expérience, il confie : « Je suis un ancien élève de l’École. Aujourd’hui, j’ai mon propre restaurant à Beau-Bassin. Je suis revenu ici pour partager mon savoir-faire. Cela fait un an que j’enseigne à l’École hôtelière. »