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Échanges commerciaux : le Corporate Council on Africa maintient la pression pour une nouvelle extension de l’AGOA

Par Fabrice Laretif
Publié le: 8 May 2026 à 12:00
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Le ministre Aadil Ameer Meea, la présidente-directrice générale du Corporate Council on Africa, Florie Lizer, et le chargé d’affaires de l’ambassade américaine à Maurice, Craig Halbmaier.
Le ministre Aadil Ameer Meea, la présidente-directrice générale du Corporate Council on Africa, Florie Lizer, et le chargé d’affaires de l’ambassade américaine à Maurice, Craig Halbmaier.

À l’approche de l’US-Africa Business Summit 2026 à Maurice, le Corporate Council on Africa insiste sur la prolongation de l’African Growth and Opportunity Act, considérée comme un levier central des échanges commerciaux afro-américains.

Àquelques mois de l’US-Africa Business Summit 2026 à Maurice du 26 au 29 juillet, la question de l’avenir de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) a été évoquée lors lors d’une table ronde organisée par l’ambassade des États-Unis, à Floréal, le 6 mai. Le chargé d’affaires de l’ambassade américaine à Maurice, Craig Halbmaier, et la présidente-directrice générale du Corporate Council on Africa, Florie Lizer, ont présenté les priorités de ce sommet économique consacré aux échanges entre les États-Unis et le continent africain.

Mais au-delà des préparatifs de l’événement, Florie Lizer a abordé les démarches engagées par le Corporate Council on Africa (CCA) en faveur d’une prolongation rapide de l’AGOA. Cet accord commercial est jugé déterminant pour plusieurs économies africaines, dont Maurice. Selon elle, le message envoyé par Washington est celui d’un intérêt soutenu pour l’Afrique, présentée comme un marché en croissance porté par une population jeune et une urbanisation en progression.

Elle estime que les entreprises américaines observent avec attention l’évolution des habitudes de consommation sur le continent et les perspectives d’investissement dans plusieurs secteurs.

Opportunité

« Il y a des opportunités en Afrique », a-t-elle avancé, en soulignant que les consommateurs africains se tournent également vers des produits américains. La dirigeante du CCA a surtout insisté sur la nécessité de sécuriser l’avenir de l’AGOA. Arrivé à échéance en 2025 avant d’être reconduit pour une année supplémentaire, le dispositif demeure, selon elle, un instrument central des relations économiques entre les États-Unis et l’Afrique subsaharienne.

« Nous étions préoccupés lorsque l’accord est arrivé à terme en 2025. Nous avons exercé des pressions pour son renouvellement et nous continuons à le faire auprès de l’administration américaine », a déclaré Florie Lizer. Elle a ajouté que le CCA poursuivra ses démarches afin d’obtenir une nouvelle extension « le plus vite possible ». C’est pour que des pays comme Maurice continuent de bénéficier du programme.

Adoptée en 2000, l’AGOA permet aux pays d’Afrique subsaharienne répondant aux critères d’éligibilité d’exporter vers les États-Unis plus de 1 800 produits sans droits de douane. Ce dispositif vient s’ajouter aux quelque 5 000 produits déjà couverts par le Système généralisé de préférences américain. En 2024, 32 pays figuraient parmi les bénéficiaires du programme. Le Congrès américain avait déjà prolongé le mécanisme en 2015, avec une échéance fixée à septembre 2025. Après plusieurs mois d’incertitude, l’accord a finalement été renouvelé en février dernier pour une année supplémentaire avec effet rétroactif, jusqu’en décembre 2026.

Pour sa part, le ministre des PME, Aadil Ameer Meea, a rappelé que l’AGOA a contribué à transformer les relations entre les États-Unis et l’Afrique en favorisant davantage le commerce que l’aide économique. Il a affirmé que Maurice a adopté une approche constructive dans ce cadre et a pris des mesures pour augmenter ses importations en provenance des États-Unis. Le ministre a également indiqué que le gouvernement mauricien souhaite approfondir les échanges commerciaux avec Washington sur la base « de l’équité, de la réciprocité et de l’intérêt mutuel ».

US-Africa Business Summit 2026

Les discussions ont aussi porté sur les attentes de l’US-Africa Business Summit 2026, organisé par le Corporate Council on Africa. Florie Lizer a expliqué que cette rencontre vise à promouvoir les investissements et les partenariats économiques entre les États-Unis et les pays africains.

Ce sommet est le sixième organisé sur le continent africain. Pour les organisateurs, il doit permettre aux chefs d’entreprise et aux investisseurs de mieux identifier les opportunités présentes dans différents secteurs économiques africains.
Le choix de Maurice pour accueillir cette édition n’a pas été fait au hasard, a expliqué Florie Lizer. Plusieurs pays étaient en lice pour recevoir l’événement. Selon elle, Maurice représente un exemple de transformation économique en Afrique et dispose d’entreprises présentes dans plusieurs marchés du continent, notamment à Madagascar, au Botswana, en Côte d’Ivoire et au Kenya.

Les organisateurs s’attendent à la participation de chefs de gouvernement, de ministres africains ainsi que de représentants américains de haut niveau. Des accords commerciaux pourraient également être annoncés durant le sommet. Florie Lizer a rappelé que l’édition 2025 organisée en Angola avait débouché sur des accords évalués à 4,2 milliards de dollars.

Impact économique

Florie Lizer estime que l’événement pourrait avoir des retombées pour l’économie mauricienne. Certains participants envisageraient de prolonger leur séjour ou de voyager avec leurs familles, ce qui pourrait bénéficier à d’autres secteurs liés au tourisme et aux services.

À l’issue de la table ronde, une réception a réuni des représentants du secteur privé mauricien et américain ainsi que des responsables publics. Prenant la parole, Aadil Ameer Meea a assuré que Maurice disposait des infrastructures et des ressources nécessaires pour accueillir le 18e US-Africa Business Summit. « Nous avons le site, l’équipe, l’engagement du gouvernement et la participation du secteur privé nécessaires pour organiser cet événement en juillet », a-t-il déclaré.

Plateforme commerciale

Le ministre a présenté Maurice comme un partenaire commercial et financier appelé à jouer un rôle de passerelle entre l’Afrique et les États-Unis. Selon lui, le gouvernement peut créer les conditions favorables aux affaires, mais il appartient ensuite aux entreprises de concrétiser les investissements, les exportations et les partenariats.

Il a avancé que les autorités souhaitent faire de ce sommet une plateforme commerciale durable plutôt qu’un simple rendez-vous diplomatique ou institutionnel. « Nous voulons que cette rencontre réunisse les investisseurs, les entreprises et les porteurs de projets capables de générer des collaborations », a-t-il indiqué.

Pour le ministre, l’impact du sommet devra être évalué non pas uniquement à travers le nombre de participants, mais surtout à travers les accords conclus et les projets. Aadil Ameer Meea est également d’avis que Maurice peut servir de plateforme régionale pour les entreprises américaines souhaitant développer leurs activités en Afrique et dans l’océan Indien. À l’inverse, les sociétés africaines pourraient utiliser Maurice comme point d’accès vers les capitaux, les technologies et les marchés américains.
 

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