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Ébène food court : il perd son étal au profit d’un autre

Quelque 50 marchands sont réunis sous le chapiteau, monté par les marchands eux-mêmes.

Son métier lui permettait de joindre les deux bouts, d’autant qu’il a sa mère malade à sa charge.  Or, un jeune marchand de kebab a eu la mauvaise surprise de se retrouver sans étal dans le food court où il travaillait. C’est quelqu’un d’autre qui occupe désormais l’emplacement.

Hamza, 34 ans, de Curepipe, vendait des pains ‘kebab’ à Ébène. Dans un premier temps, les marchands qui y opéraient avaient eu des problèmes avec les autorités, car ils n’avaient pas un lieu fixe pour vendre leurs produits. C’est alors que Landscope (Mauritius) Ltd est intervenue pour leur offrir un espace sur un terrain inoccupé, d’une superficie de 0,5 arpent, à Ébène toujours. Cependant, il était question que ce soit temporaire, le temps qu’ils trouvent ou obtiennent un lieu en permanence. Dans un premier temps, une cinquantaine de marchands a donc travaillé sous un chapiteau connu comme Ébène food court.

Pour que tout se fasse dans la légalité, les marchands avaient juré un affidavit et formé une association officiellement enregistrée où chaque membre a été répertorié.

À la mauvaise surprise de Hamza, qui des pains kebab qu’il vend depuis plusieurs années, l’étal qu’il aurait dû occuper, au Food Court, a été alloué à une tierce personne. « Maintenant qu’on a un lieu fixe où nous pouvons travailler en toute sérénité, on me prend ma place. J’ai tout fait pour récupérer ‘mon’ étal, en vain ? Ce n’est pas juste ! » 

Que s’est-il passé au juste ? Pour avoir la réponse, la rédaction a enquêté auprès de toutes les instances qui pouvaient être concernées. Le maire de Quatre-Bornes, Nagen Mootoosamy, a déclaré que la mairie n’avait rien à faire avec les marchands basés à Ébène et qu’il fallait voir du côté de Landscope. En réponse à l’e-mail que nous avons adressé à Naila Hanoomanjee, la directrice de Landscope, elle a expliqué que le rôle de sa firme se limitait à l’offre d’un espace aux marchands. « Nous ne sommes pas responsables de la location des étals. Pour cela, il fallait voir le président ou le secrétaire de l’association, car nous n’avons pas de relations directes avec les marchands. »

La rédaction a appelé l’association. Le président a indiqué : « Tous les marchands devaient mensuellement s’acquitter des frais de location, ramenés à Rs 1 300, mais M. Hamza n’a rien payé pendant plus de huit mois. Ne voulant pas qu’il perde son étal, nous lui avons demandé à plusieurs reprises d’honorer ses engagements comme tout le monde qui travaille sous ce chapiteau. Un collègue a aussi parlé avec son frère en plusieurs occasions, le suppliant presque pour qu’il paie les contributions. Ni lui, ni son frère ne l’ont fait. Il était absent mais on ne peut laisser un étal vide pendant autant de mois. Je suis triste pour lui, parce que tout le monde doit gagner sa vie. Cependant, on a dû allouer l’emplacement à une tierce personne… Il faut aussi savoir qu’un deuxième groupe de 50 marchands attend d’avoir un étal. »

Hamza a confirmé : « C’est vrai que je n’étais pas au pays, mais j’avais demandé à mon frère de me remplacer. Malheureusement, il est tombé malade et il s’est même brûlé par accident. De ce fait, l’étal est resté inoccupé pendant près de huit mois. » Toutefois, rien n’est définitivement perdu pour Hamza. « Si un autre marchand ne se présente pas à son étal, il pourrait être alloué à M. Hamza », a déclaré M. Reaz.

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