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Du rat ou du croco ? L'étrange marché chinois au coeur du virus

Des clients portant des masques de protection achètent de la viande sur un marché de Pékin le 23 janvier 2020. La Chine a placé la ville au centre d'une épidémie de virus sous une quarantaine efficace, en suspendant les vols et les trains à l'aller comme au retour pour contenir une maladie contagieuse qui a tué 17 personnes

Le marché chinois considéré comme l'épicentre du nouveau coronavirus était une sorte de ménagerie où cohabitaient d'étranges espèces, comme la célèbre civette à l'origine de l'épidémie de Sras en 2002-2003.

Le nouveau virus, qui a contaminé plus de 500 personnes et tué 17 patients, semble avoir pour origine le Marché aux fruits de mer de Huanan à Wuhan, une métropole de 11 millions d'habitants au coeur de la Chine.

fruits de mer
Cette photo prise le 15 janvier 2020 montre un vendeur de fruits de mer sur un marché à Pékin 

Comme son nom ne l'indique pas, le marché vendait bien d'autres espèces que des produits de la mer, à en croire une brochure publicitaire et une enquête d'un média chinois. 
Le site a été fermé le mois dernier dès la découverte des premiers cas de maladie chez des commerçants du marché.

Des ventes illégales d'animaux sauvages s'y déroulaient, a reconnu mercredi le directeur du Centre national de contrôle et de prévention des maladies, Gao Fu, sans pouvoir dire si du gibier était bien à l'origine de l'épidémie.

Bis repetita ? L'épidémie de Sras, qui avait tué près de 650 personnes en Chine au début des années 2000, était partie de la civette, un petit mammifère proche de la martre que l'on trouvait couramment sur les marchés de Canton (sud).

En principe interdit de consommation, l'animal figure pourtant sur une liste de 112 produits offerts à la vente par un des commerçants du marché de Wuhan.

«Congelés et livrés à votre porte dès l'abattage», proclamait la brochure, qui offrait à la vente des animaux vivants aussi variés que des rats, des renards, des crocodiles, des louveteaux, des salamandres géantes, des serpents, des paons, des porc-épics ou de la viande de chameau.

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Cette photo prise le 15 janvier 2020 montre un homme vendant de la viande à des clients  sur un marché à Pékin. L'OMS a déclaré le 20 janvier qu'elle pensait qu'une source animale était la «source primaire» de l'épidémie

Le commerce, baptisé «Gibier et animaux d'élevage pour les masses», n'était pas joignable jeudi pour commenter cette liste ni par téléphone ni via l'internet.

Un quotidien pékinois, Beijing News, cite cependant d'autres commerçants du marché selon lesquels ce dernier vendait bien des animaux sauvages jusqu'à la fermeture du site.

Tout ce qui a des pattes... 

Les Chinois se vantent volontiers de manger «tout ce qui a quatre pattes sauf les tables, tout ce qui nage sauf les bateaux et tout ce qui vole sauf les avions» - y compris des espèces rares prisées pour leurs supposées vertus thérapeutiques.

Mais cette gastronomie présente des risques pour la santé humaine, rappelle Christian Walzer, de l'association écologiste américaine Wildlife Conservation Society. 

Selon lui, 70% des nouvelles maladies infectieuses proviennent d'animaux sauvages et les marchés sont les endroits rêvés pour que les virus se transmettent à l'homme.

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Des clients portant des masques de protection achètent de la viande sur un marché à Pékin le 23 janvier 2020

Selon une étude génétique publiée mardi, le nouveau coronavirus a pu prendre naissance chez la chauve-souris.

La revue de l'Académie chinoise des sciences relève que le nouveau virus est très similaire à une souche virale présente chez la chauve-souris.

Le volatile serait ainsi «le réservoir» du virus, mais cela ne signifie pas qu'il l'aurait directement transmis à l'homme.

En revanche, un article du Journal of Medical Virology affirme mercredi que le serpent pourrait servir d'intermédiaire avec l'être humain.

AFP

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