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Droits de la femme - Christelle Bégué : «La femme continue à subir tellement de violences»

Droits de la femme

Elles ont quitté leur île pour venir vivre à Maurice et aujourd’hui, plus que jamais, elles ont réuni leurs organisations sur une même plateforme pour militer pour les droits de la femme et dénoncer les violations que subissent les femmes de l’océan Indien. Rencontre avec deux femmes dont le combat est contagieux. 

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Christelle Bégué.

Vous êtes une des responsables de l’association Passerelle et vous luttez pour le respect des droits de la femme. Qu’est-ce qui vous a motivé à rejoindre ce combat ? 
Je n’ai pas rejoint ce combat, je ne me suis pas associée à ce combat, il fait tout simplement partie de ma vie, hier et aujourd’hui. Je me réveille chaque jour en me disant qu’il faut lutter un jour de plus pour que la femme soit protégée et respectée. La femme continue à subir tellement de violences : c’est une réalité ! De plus, la violence domestique, j’en ai été victime durant toute mon enfance car en tant qu’enfant on n’est pas témoin, on est victime ! Et après un long moment où je me suis renfermée, j’ai eu la force d’en sortir. Aujourd’hui, je viens de l’avant pour aider les femmes et les enfants qui ont besoin d’en faire autant. C’est ma contribution en tant que citoyene de la République de Maurice, du monde… 

Maurice, Rodrigues, Magadascar, La Réunion…. Qu’est-ce qui se trame dans l’océan Indien ? Pourquoi une telle mobilisation des femmes ? 
Restez branchés car cela ne fait que démarrer. Ce n’est pas que dans l’océan Indien. Cela commence dans notre île d’abord. Passerelle a rejoint la plateforme de Linion Fam car nous pensons que, nous les femmes, devons être solidaires pour militer ensemble. Nous le savons, la violence domestique est un problème mondial, les coups peuvent même tuer. Nous sommes heureux de constater qu’à La Réunion, cette même mobilisation a lieu. Aujourd’hui nous voulons nous associer à des femmes comme Nadine Bachelot, Edith Semanni, Catherine Payet, Sandrine Noah, entre autres, et aux nombreuses associations que nous avons rencontrées pour agir ensemble pour faire entendre notre voix. Avec DIS-MOI, nous mobilisons aussi les femmes des autres îles et, pour le moment, il y a un très grand intérêt pour concrétiser la mise sur pied d’une plateforme indianocéanique. 

Vous revenez de La Réunion, quels sont vos projets futurs ? 
Il y a eu un riche partage et nous avons l’impression que nous avons toujours travaillé ensemble. Lorsque nous nous sommes réunis pour parler en cercle, nous parlions tous le même langage, si bien que même ce qui n’a pas été dit a été compris. Il faut savoir qu’à La Réunion, il y a beaucoup de victimes de violences domestiques qui viennent de Maurice. Malgré les difficultés qu’elles rencontrent, elles ont beaucoup de difficulté à rentrer au pays car elles ont honte de raconter ce qu’elles ont subi là-bas. Notre objectif premier est donc d’être cette passerelle qui pourrait faciliter leur retour sur leur île natale en proposant un encadrement et un accompagnement à leur retour. Nous allons aussi travailler en partenariat pour améliorer les services proposés à travers des programmes d’échanges, des formations, des ateliers et des projets communs. 


Ny Onja : «Les jeunes sont les cibles idéales pour espérer pouvoir changer les mentalités» 

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Ny Onja.

Pourquoi est-ce important une Commission Femmes à DIS-MOI Maurice ?
DIS-MOI est une ONG qui œuvre pour le respect des droits humains. Il était temps que la commission pour les droits des femmes naisse ou renaisse de ses cendres. La situation est loin d’être satisfaisante à l’île Maurice. Les cas les plus alarmants sont les violences domestiques que nous entendons dans les faits divers, les unes plus atroces que les autres. Vu que Maurice est signataire du CEDAW, il est primordial que le gouvernement mauricien et les différentes ONG travaillent dans ce sens et disons que c’est notre humble contribution à nous.

DIS-MOI a commencé une collaboration avec Passerelle qui travaille sur la problématique des femmes SDF ? Comment et pourquoi des femmes peuvent-elles se retrouver SDF ?
Les raisons sont nombreuses et chaque cas est différent. Souvent, à la suite d’un événement familial douloureux comme le décès du conjoint ou d’un parent, un divorce ou une séparation, l’emprisonnement du conjoint, des violences domestiques etc., cela combiné avec une difficulté financière et l’isolement social, on se retrouve vite à la rue. 

La Commission Femmes de DIS-MOI et Passerelle comptent travailler à moyen terme avec les hommes violents. Pourquoi est-ce important de cibler ce qu’on appelle les agresseurs ?
Parce que tous ont les mêmes droits et nous croyons que le monde n’est pas juste blanc ou noir. C’est trop simpliste d’accuser ces hommes auteurs de violence sans comprendre les raisons pour lesquelles des enfants innocents sont devenus des hommes violents. Visiblement, ils n’ont pas pu acquérir certaines capacités comportementales. Ils doivent apprendre ou réapprendre à gérer leurs émotions, à s’exprimer autrement que par les coups et à dépasser la culture de violence que souvent ils ont connue enfants. Si on n’attaque pas la source du problème, à la sortie de prison, ils risquent de répéter le même geste avec la même ou d’autres femmes.

DIS-MOI travaille souvent avec des jeunes dans les clubs DIS-MOI à Rodrigues ou Maurice. Comptez-vous les intégrer dans vos campagnes à venir?
Certainement, nous allons surtout miser sur l’éducation, la formation, la conscientisation et les jeunes sont les cibles idéales pour espérer pouvoir changer les mentalités. N’oublions pas l’adage qui dit que les jeunes sont l’avenir d’un pays.


Communiqué of DIS-MOI

A poster with the caption ‘’Les Personnes Âgées ont des Droits’’ and sponsored by the SBM (State Bank of Mauritius) was published in the daily 
Le Defi Quotidien (DIS-MOI pages) of the 1st November 2019 on page 51.

We hereby inform the public that we have published the poster as a means to support our advocacy campaign in favour of the rights of older persons. We did not in any manner intend to associate the SBM with the contents of our article entitled ‘’Electoral Manifesto’’ which was intended to all political parties engaged in the last legislative elections.

DIS-MOI is non-partisan, non-for-profit NGO and is not a political party.

We tender our sincere apologies to the SBM for any harm caused.

Lindley Couronne

Director

13.11.2019


Maurice / Réunion : consolider les échanges pour mieux lutter contre la violence envers les femmes 

L’équipe de Passerelle s’est rendue à La Réunion la semaine dernière. Au programme, rencontre avec les associations qui militent en faveur des femmes en détresse et mise sur pied de projets indianocéaniques. 

Elles étaient dix femmes à faire le déplacement de Maurice vers l’île sœur dans le cadre de ce projet : Lilette Moutou, Elvira Brochard, Megane Valère, Martine Fong, Dayviarana Ghoorbin, Stephanie Couronne, Christelle Bégué, Vanessa Grand Jean, Lindy Florent et Mélanie Valère-Cicéron. Invitées pour une conférence et une remise de trophées par l’Association Cœur Vert de La Réunion, elles ont profité de l’occasion pour établir des contacts et concrétiser des projets dans le futur. 


Rencontre avec les associations 

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Durant leur visite à La Réunion, il y a eu de nombreuses rencontres. D’abord, un partage avec l’équipe de Sandrine Noah de La Croix Rouge française. Une riche rencontre a ensuite eu lieu le jeudi 7 novembre avec Les Femmes Solid’Air. « C’était un moment rempli d’émotions où les bénévoles et volontaires de l’association, entourés des responsables Odette et Pierrette, ont eu l’occasion de partager les difficultés qu’elles rencontraient dans la vie de tous les jours. Des témoignages poignants ont retenu notre attention et nous allons très bientôt organiser quelque chose ensemble. Puis le samedi matin, c’est au centre de Réseau Vif que nous avons rencontré plusieurs associations et, encore une fois, l’échange a été des plus constructifs. Nous avons beaucoup appris de celles qui ont tant d’expérience sur le terrain. « Nous sommes aussi contentes d’avoir obtenu le soutien des hommes qui, à La Réunion, militent pour les droits de la femme et nous adressons un remerciement spécial à Didier Sooben, Daniel Claude et Gregory Ramachetty », conclut Lindy Florent, responsable administration. 


Trophée des Femmes précieuses : 12 lauréates dont une Mauricienne 

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La 3ème édition des Trophées des femmes précieuses a eu lieu le jeudi 7 novembre au MOCA, sur l’île de La Réunion, lors d’une soirée de gala où la maîtresse de cérémonie était nulle autre que Marie-Alice Sinaman. 

C’est un trophée créé par Edith Semmani en 2015 pour récompenser les femmes qui se distinguent dans leurs domaines respectifs : agriculture, culture, entrepreneuriat, social, entre autres. S’inspirant de la vie de sa mère, elle a voulu mettre en avant ces femmes en leur offrant une récompense symbolique. Elle explique que souvent ces femmes refusent leur nomination en disant qu’elles n’y ont pas droit. « C’est une récompense légitime ! »

Et cette année, surprise ! Une catégorie a été rajoutée : celle de la femme des îles Vanille et c’est une Mauricienne qui l’emporte en la personne de Mélanie Valère-Cicéron, membre de la Commission Femmes de DIS-MOI et Présidente de Passerelle. Elle est la fondatrice de l’association et c’est son combat pour les femmes qui a été ici distingué. Elle devient ainsi ambassadrice des îles Vanille pour la promotion des femmes de cette région. « Être reconnue pour la lutte que l’on mène dans son pays, c’est une chose, mais dans un autre pays, c’est un grand honneur ». Elle a dédié le trophée à sa mère, à toute l’équipe de Passerelle et leurs partenaires ainsi que toutes les femmes qui ont croisé sa route. 

Elle commencera une tournée dans les îles Vanille bientôt, à la rencontre d’autres femmes qui mènent le même combat. 


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Les jeudis, c’est la journée de la campagne Thursdays in Black.

Projection du film Female Pleasure, suivie d’une conférence-débat 

Le mercredi 6 novembre a eu lieu la projection du film Female Pleasure de Barbara Miller. Il raconte l’histoire de cinq héroïnes originaires de cinq pays différents qui mènent un même combat : s’affranchir des préjugés, combattre les violences faites aux femmes, conquérir le droit à disposer de son propre corps.

La projection a été suivie d’une conférence-débat animée par Françoise Laborde et Nadine Bachelot sur les violences faites aux femmes avec les intervenants suivants :

  • Sandra Hoareau : assistante sociale détachée au Commissariat de St André
  • Eric Tuffery : procureur de la République
  • Emmanuelle Barre : avocate générale
  • Gabrielle Savi : consultante auprès des organismes internationaux dont La Croix Rouge
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