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Droits aux congés : la fonctionnaire ne bénéficie pas de ‘maternity leave’ après trois enfants

Enceinte Le gouvernement souhaite que les familles aient plus d’enfants, encourageons les mamans à le faire.

Oumé, enseignante de 30 ans, est mère de quatre enfants âgés de 5 ans à 11 mois.  Enceinte à nouveau de six mois, elle attend son cinquième bébé. Après avoir accouché de son troisième enfant, elle fut choquée d’apprendre que la mère fonctionnaire a droit à des congés de maternité pour trois enfants seulement. Explications.

«Je ne pense pas que beaucoup de personnes soient au courant de cette mesure », explique Oumé à l’antenne. « Pour mon quatrième bébé, je fus contrainte de prendre des congés (‘vacation leave.’) Depuis quelque temps, les autorités, le ministère évoquent une diminution de la population, année après année. Le ‘birth rate’ chute et on encourage les parents à faire plus d’enfants. Le Premier ministre a augmenté le nombre de jours pour le congé de maternité (de 12 à 14 semaines). «Une mesure que l’on apprécie vraiment. Mais je me demande pourquoi ne pas mieux faire et accorder des congés de maternité aux mères (fonctionnaires) qui ont plus de trois enfants. N’est-ce pas injuste de se concentrer sur les trois premiers enfants ? Et les autres ?»  Le ‘materniy leave’ est offert pour les enfants et non pour les mères. Le nouveau-né a besoin de la présence de sa mère dès ses premiers jours sur terre. «C’est un droit humain d’être auprès de celle qui l’a mis au monde non ? » argue Oumé indignée par cette ‘injustice’.

Pour ses trois premiers bébés, elle a passé du temps avec eux (trois mois). Mais pour le quatrième, elle a dû prendre des vacation leaves pour dix-neuf jours de congé » précise Oumé. « Croyez-moi, on voit la différence quand la mère ne passe pas assez de temps avec son nouveau-né. Un bébé réclame de l’affection et encore plus la présence de sa mère. Il y a des liens très forts qui se créent et les unissent. Mieux que personne, la mère comprend les besoins de son enfant, surtout qu’à sa naissance, l’enfant est incapable de s’exprimer », ajoute-t-elle.

Cette mère estime qu’il y a une politique de deux poids et deux mesures concernant le ‘MaternityLeave’. C’est une discrimination. On garantit à tous les enfants les mêmes droits : alors, pourquoi n’accorder des congés de maternité qu’aux trois premiers? Pourquoi être injuste envers les suivants ? N’ont-ils pas droit au même amour que leurs aînés? N’ont-ils pas le droit d’être trois mois auprès de leur mère ? Il serait bon de modifier cette disposition pour encourager les Mauriciennes à faire plus d’enfants. «Toutes les mères ont le droit de donner naissance à autant d’enfants qu’elles le souhaitent », conclut Oumé.

Elle lance un appel au Premier ministre, au ministère des droits de la Femme et du bien-être de la Famille et au ministère du Travail pour revoir les dispositions de Maternity Leave après le troisième enfant.


Disposition pour le secteur privé

Levy Frivet, attaché de presse du ministère du Travail, confirme que les jours de ‘Maternity Leave’ sont passés de 12 à 14 semaines. Même si une femme n’a pas complété 12 mois d’emploi, elle bénéficie de ces 14 semaines ‘fully paid’. Sauf que (fait rarissime) cette disposition ne concerne que les gens du privé et pas les dames du Service public qui sont régies par le ministère du Service civil et des dispositions particulières aux fonctionnaires. Au delà de trois enfants, la fonctionnaire doit prendre des congés : des ‘vacation leaves ou des congés non payés (Leave without pay). «C’est au ministre de la Fonction publique de modifier ces dispositions dans ce sens», dit-il.


Le ministre se prononcera

Le ministre de la Fonction publique, Eddy Boissezon, indique que les membres de la Fonction publique suivent les directives du Human Resources Management et qu’il y a un manuel établi pour cela depuis 2011, dans lequel figure la limitation des Maternity leave à trois enfants. L’employée a toutefois le droit de prendre ses ‘vacation leaves’ ou un ‘leave without pay’ (congé sans paie). Toutefois, le ministre dit vouloir consulter les officiers de son ministère, qu’en raison de la population vieillissante, il ne faudrait pas aller au-delà de trois enfants pour ce congé de maternité. « Je suivrais la situation de près avec ces officiers, car ils sont déjà en train de travailler sur le prochain rapport PRB. »

Concernant le cas de Oumé, le ministre Boissezon examinera la lettre qu’elle a envoyée à ce sujet et qu’elle réponse elle a reçue. « La décision que le ministère et le gouvernement prendront sera alors d’application générale à tout le service public. »


Imrith : «Modifier le PRB»

Pour Rashid Imrith, président de la Fédération des syndicats du secteur public, c’est un « issue » qui concerne toutes les femmes de la fonction publique qui sont régies  par les recommandations du Pay Research Bureau (PRB) qui décide du nombre de ‘Vacation ou Maternity ‘Leave. « Je pense qu’avec le temps, la loi ne peut rester ‘statique’ d’autant plus que le rapport du PRB ne sort que tous les cinq ans.

D’un côté, la population de Maurice devient vieillissante, de l’autre, le gouvernement veut encourager la population à faire plus d’enfants. Je pense qu’on ne peut plus limiter le nombre de ‘Maternity Leave’. Et on ne peut plus attendre le prochain rapport pour corriger cette anomalie. »

« Il est urgent de reconsidérer cette limitation de ‘Maternity Leave dans la fonction publique, cela peut se faire rapidement en proposant un High Power Committee pour l’étendre à plus de trois pour les fonctionnaires. Cela encouragerait les mamans concernées à faire plus de trois enfants », ajoute le syndicaliste.

« C’est une injuste que d’attendre un autre rapport PRB : on peut aussi faire d’autres recommandations et prendre une décision par circulaire (Circulation). Le chef du cabinet (Head of Civil Service), le Financial Secretary, le directeur du PRB et le Secrétaire du Service public peuvent ensemble décider d’abolir cette limite des Maternity Leave, car nous estimons qu’il y a urgence », ajoute Rashid Imrith.

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