Drogue de synthèse : le nouveau visage de l’insécurité routière
Par
Sharone Samy
Par
Sharone Samy
Ce qui relevait autrefois de cas isolés semble aujourd’hui s’installer comme une tendance. Au-delà des contrôles policiers et des sanctions judiciaires, c’est toute la société qui est interpellée par l’impact grandissant des drogues de synthèse sur nos routes.
De janvier au 12 février 2026, 411 personnes ont été interpellées pour conduite en état d’ivresse. Durant la même période, 178 automobilistes ont été verbalisés pour conduite après avoir pris des substances illicites. Ces chiffres, loin d’être anecdotiques, traduisent une réalité préoccupante sur nos routes.
Malgré un arsenal légal renforcé et l’application du permis à points, le phénomène persiste. La conduite après avoir pris de la drogue ou de l’alcool ne relève plus du simple fait divers. Elle s’impose désormais comme un symptôme inquiétant d’un malaise plus profond. Chaque interpellation révèle non seulement un manquement individuel, mais aussi une banalisation progressive du risque.
Le Premier ministre Navin Ramgoolam a évoqué la possibilité de saisir les véhicules des conducteurs qui conduisent après avoir pris de la drogue. Si cette mesure forte ne semble pas imminente, elle traduit néanmoins une prise de conscience au plus haut niveau de l’État. La situation dépasse le cadre strict de la sécurité routière.
Car au-delà des contrôles policiers et des sanctions judiciaires, c’est une question de société qui se pose. La prolifération des drogues de synthèse et leurs effets imprévisibles posent une interrogation troublante : assistons-nous à l’installation progressive d’un phénomène qui pourrait laisser des séquelles durables sur le tissu social mauricien ?