Drame familial à Phoenix : Beedwantee Beeharry, 63 ans, succombe sous les coups de son fils
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Le Défi Quotidien
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La rue Allée Jacques, à Saint-Paul, a été le théâtre d’un meurtre atroce. Beedwantee Beeharry, âgée de 63 ans, victime de violences domestiques répétées, a succombé sous les coups de son fils, Kaylash Sharma Beeharry, 43 ans, lors d’une énième dispute mardi soir. Dans un déchaînement de brutalité, le quadragénaire a projeté la tête de sa mère contre un mur. Il est passé aux aveux : l’origine du drame serait une sordide affaire d’argent.
Le voisinage est sous le choc. « Li ti enn bon madam », confie Rajinee, qui vit juste en face du lieu du crime. Comme tout le quartier, elle est indignée par la violence dont faisait preuve le suspect envers sa propre mère. « Li ti ena zis de zanfan, enn garson ek enn tifi. Tifi-la res lwin. Garson-la res ar li, bwar fer tapaz, ar okenn vwazin li pa bien », ajoute Bijanand.
Ancien cadre dans une société, le quadragénaire aurait sombré après avoir perdu son poste à cause de son comportement. « Li ti ena bon plas travay, akoz sa labwason-la li’nn perdi plas. Tann dir li fim sintetik osi », précise ce dernier.
La vie de Beedwantee était devenue un véritable enfer. Selon Rajinee, la victime subissait quotidiennement les assauts de son fils. « Kan so papa ti la, li osi ti pe gagn bate. Sa semenn-la pou fer enn an depi ki papa la inn mor. Sa inn vinn pli pir », confie-t-elle.
Pour échapper aux coups, la mère fuyait souvent son propre toit. « Le soir, elle quittait la maison pour avoir la paix et se rendait sur le terrain de football du quartier pour y passer la nuit. Et lorsqu’elle sollicitait la police, elle finissait toujours par retirer sa plainte », regrette Rajinee.
Se confiant sur son calvaire, Beedwantee pressentait sa fin tragique. « Touletan li ti pe dir mama-la li pou touy li. Li dir so papa inn kit kas, li pe rod kas ek mama-la », poursuit la voisine. Mardi, peu avant le drame, le fils s’en est encore pris à elle.
Elle s’était réfugiée chez son amie. « Li dir mwa, so garson inn bat li lor so latet. Li pa ti fer nanye. Limem pey tou, lalimier, delo, telefonn. Mo dir li aret peye, li dir non, so garson servi internet », se souvient Rajinee avec émotion. Pensant son fils calmé, elle a regagné son domicile, mais il s’est à nouveau acharné sur elle.
« Il est venu nous voir le soir pour prétendre que sa maman était tombée », poursuit la voisine. Alertée, la police de Phoenix a découvert Beedwantee Beeharry inconsciente dans sa cour. Le SAMU n’a pu que constater qu’elle était déjà décédée.
Après une brève fuite, le suspect s’est rendu au poste de police dans la soirée. Il a alors avoué un crime d’une sauvagerie extrême, expliquant avoir poussé sa mère avant de frapper sa tête contre le mur à plusieurs reprises.
L’autopsie, pratiquée mercredi par le Dr Sudesh Kumar Gungadin, chef du service médico-légal, a attribué le décès à une dislocation du cou. Le fils a comparu en cour de Curepipe sous une accusation provisoire de meurtre avant d’être reconduit en cellule.