Dr Veyasen Pyneeandee : «Votre fertilité nécessite une bonne compréhension de votre fécondité»
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Le Défi Plus
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À partir de quel âge une femme peut-elle envisager un traitement de fécondation in vitro (FIV) et jusqu’à quel âge est-il médicalement possible d’avoir un enfant grâce à cette méthode ?
Dans certains pays comme en Europe ou en Inde, on a récemment fixé une limite d’âge pour la fécondation in vitro (FIV), généralement autour de 50 ans, tandis que dans d’autres pays, il est encore possible d’aller jusqu’à 55 ans.
Une personne peut avoir accès à la FIV à un âge plus jeune si son AMH (Anti-Müllerian Hormone) est faible (< 1,2).
Dans certains cas, une femme de 25 ans peut présenter une insuffisance ovarienne ou une ménopause précoce. Dans ces situations, on peut proposer un don d’ovocytes.
De même, pour un couple dont le mari présente une azoospermie (absence de spermatozoïdes), un don de sperme peut être proposé si l’objectif est d’avoir un enfant.
Beaucoup de femmes retardent aujourd’hui leur maternité pour des raisons professionnelles ou personnelles. Quels sont les principaux risques liés à une grossesse tardive ?
Ces complications sont principalement :
• Risque de fausse couche
• Diabète gestationnel
• Prééclampsie / hypertension
• Anomalies chromosomiques du fœtus
• Hémorragie de la délivrance et complications à l’accouchement
Ces grossesses exigent un suivi médical renforcé en raison du risque de prématurité et de retard de croissance pour le bébé.
Par ailleurs, face à ces risques, le gynécologue doit établir un bilan préconceptionnel (évaluation de l’état de santé), réaliser une échographie détaillée et mettre en place une prise en charge multidisciplinaire (obstétricien, sage-femme, etc.) pour garantir un accouchement en toute sécurité. Ces complications restent rares grâce à un bon suivi médical.
Quels sont les groupes d’âge qui consultent le plus pour des problèmes de fertilité à Maurice actuellement ?
L’âge des patients est souvent supérieur à 30 ans et peut aller jusqu’à 50 ans, car souvent la prise en charge de la fertilité est mal faite à Maurice. Les personnes qui rencontrent des difficultés à avoir un enfant se retrouvent souvent engagées dans un parcours de consultations comportant de nombreux tests sanguins inutiles et des traitements prescrits selon une approche de « trial and error.
La fertilité est une spécialité de la gynécologie qui nécessite une approche empathique et scientifique pour guider le couple, ce qui n’est pas toujours le cas ici.
Les couples finissent donc souvent par être épuisés par les tentatives, car ils ne reçoivent pas toujours d’explications médicales suffisantes, ce qui entraîne également des dépenses financières importantes.
Pensez-vous que les réseaux sociaux et la télévision influencent la perception de la grossesse et de la fertilité chez les femmes ?
L’infertilité touche environ 48 millions de couples et 180 millions de personnes à travers le monde, selon l’OMS. Environ un couple sur six est concerné. L’indicateur de fécondité est tombé à 1,56 depuis la Seconde Guerre mondiale et, dans certaines parties du monde, les taux d’infertilité sont devenus comparables, voire élevés, aussi bien dans les pays à revenus élevés que dans ceux à faibles revenus, ce qui en fait un enjeu mondial. L’infertilité ne fait aucune discrimination.
Les réseaux sociaux et la télévision influencent également ce problème de manière négative, car il existe souvent trop de publicités contradictoires : produits de fast-food, perturbateurs endocriniens, pesticides. Il n’y a pas assez de sensibilisation concernant l’infertilité.
Plusieurs célébrités deviennent mamans après 40 ans. Cela donne-t-il parfois de faux espoirs aux patientes concernant les chances réelles de grossesse à un âge avancé ?
À Maurice, mes patients restent ma priorité, avec plus de 48 couples de plus de 40 ans. Après avoir été formé et avoir travaillé à Londres, à Monash University à Melbourne et à l’île de La Réunion dans le domaine de la fécondation in vitro et des cliniques de fertilité, en tant que spécialiste pendant de nombreuses années, je ne « vends » pas des rêves, mais des solutions adaptées pour une éventuelle grossesse.
J’ai accompagné des couples qui sont devenus parents après 40 ans, soit par fécondation in vitro, soit naturellement. Mon principe est simple : il existe une médecine que l’on appelle la « médecine régénérative », qui compare votre âge biologique à votre âge réel. Pendant mes consultations pour l’infertilité, je calcule cet âge biologique, car j’exerce dans cette spécialité depuis 2010 à Paris.
Donc cela veut tout simplement dire, en anglais : « prepare the soil before you put the seed ». Autrement dit, préparer la personne et son angoisse intérieure avant de faire un traitement contre l’infertilité. C’est pourquoi mon taux de succès est supérieur à 80 %, conjointement avec des cliniques en Inde. Nous sommes un groupe de spécialistes qui voulons avant tout le bonheur des couples. C’est pourquoi nous les préparons selon une approche différente, à un coût plus abordable, car le coût d’accès à la fécondation in vitro est souvent élevé ici.
Je vous rappelle qu’en 2017, j’ai réalisé une fécondation in vitro pour un couple âgé de 62 ans et 64 ans, et l’enfant a actuellement huit ans, est en bonne santé et présente un développement normal. Depuis, nous avons accompagné 48 couples de plus de 40 ans qui ont pu connaître ce bonheur.
Dans mon cabinet, une citation résume ma philosophie : « Believe, all things are possible if you believe » (Mark 9:23), car je suis croyant en Dieu et je ne suis que son messager. Sans Lui, je ne suis rien, même dans mes interventions chirurgicales et dans ma pratique.
Quels sont les conseils essentiels que vous donnez aux femmes pour préserver leur santé reproductive et augmenter leurs chances d’avoir un enfant plus tard ?
Votre fertilité nécessite une bonne compréhension de votre fécondité, et l’âge est un facteur important. Il est conseillé d’essayer de concevoir avant 35 ans. Si ce n’est pas possible, quelle qu’en soit la raison, des options comme le prélèvement et la conservation des ovocytes ou du sperme sont disponibles à un âge plus jeune, surtout en cas de bon AMH à ce stade de la vie.
Les facteurs environnementaux jouent également un rôle important : il faut adopter une bonne hygiène de vie et consulter un gynécologue pour en parler avant 35 ans, puis envisager un suivi ou un traitement si nécessaire, car le manque d’« awareness » est un problème important aujourd’hui.
Malgré le développement de plusieurs centres de fécondation in vitro dans le monde, certaines projections évoquent une baisse de la fertilité globale dans les prochaines décennies. Un couple sur six et 93 % des pays dans le monde seront touchés.
Donc, pour une grossesse plus tardive, il est conseillé de :
1. Connaître sa fertilité.
2. Avoir une bonne hygiène de vie (activité physique, alimentation équilibrée, boissons adaptées).
3. Limiter les perturbateurs endocriniens (colorations capillaires, produits pour les ongles, fast-food).
4. Réduire l’exposition aux pesticides.
5. Prendre en compte les facteurs climatiques qui peuvent aggraver les problèmes de fertilité.
Quel message souhaitez-vous adresser aux couples mauriciens qui traversent aujourd’hui des difficultés liées à l’infertilité ?
Un message simple : bien choisir son médecin pour aborder le sujet, même avant d’être diagnostiquée avec une endométriose.
1. Il ne faut pas désespérer : il existe des traitements, et il est important de bien choisir son médecin pour être bien accompagnée.
2. Il est conseillé de réduire les aliments ultra-transformés, d’avoir un bon bilan de fertilité, de pratiquer une activité physique régulière et de préparer son corps avant tout traitement adapté.