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Dr Renganaden Padayachy : «D’ici un an ou deux, la dette publique atteindra 93 % de notre PIB»

Par Fabrice Laretif
Publié le: 12 May 2026 à 10:48
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Renganaden Padayachy

À travers quel mécanisme ce transfert de Rs 55 Md avait-il été effectué ?
C’est un simple transfert. La Banque centrale transfère ses profits. Ce montant concerne toute une année financière. Une partie avait été utilisée pour les dépenses courantes et le reste pour la construction des maisons sociales. Nous étions en pleine crise, sans rentrée de devises comme je l’ai expliqué dans la vidéo. Nous avions traité ce transfert comme un « advance payment from the Bank of Mauritius ». 

Concernant les Rs 83 Md supplémentaires imprimées par le régime actuel auxquelles vous faites référence dans la vidéo, n’y-a-t-il pas de raison concrète à cela ?
Notre économie est au ralenti par rapport à 2025. La croissance est passée d’un plafond de 5 % à 3 %. L’approche de Freedman est de contrôler la masse monétaire si nous voulons redonner de la valeur à notre monnaie, et contrôler l’inflation. On parle de l’excès de liquidité et la destruction de la monnaie de la Mauritius Investment Corporation. Il faut savoir qu’est-ce qui a été fait de ces Rs 83 Md qui ont été imprimées ? Pourquoi un tel montant ? Le montant est élevé par rapport au taux de croissance. 

Le Junior Minister doit se regarder dans un miroir concernant la gestion catastrophique de l’économie»

L’héritage laissé par l’ancien régime, notamment le niveau de la dette publique a été mis en avant par le Junior Minister aux Finances, Dhaneshwar Damry, après les dernières consultations prébudgétaires. Comment réagissez-vous à cela ?
La crise de COVID-19 que nous avons traversée est sans précédent. Pour la première fois, l’économie mauricienne a enregistré une contraction d’environ 15 %. Nous avons pris des mesures exceptionnelles tout en gardant les mesures sociales comme je l’ai expliqué. Nous avons équilibré et redémarré notre économie avec environ 8 % de croissance en 2022 et un taux de 5 % par la suite. C’est cela l’héritage, ajouté à un taux d’inflation de 3,7 %,  un taux de chômage de 5,6 %. En juin 2024, le déficit budgétaire était de 4,9 % et la dette publique à environ 86 % du PIB. 

Le nouveau régime n’a rien fait. Quand on propose un 14e mois à la population, il faut faire des réajustements. Notre proposition pour le 14e mois était basée sur les Rs 8 Md qu’on allait recevoir par rapport au dossier Chagos. Le nouveau régime a refusé ce chèque de Rs 8 Md et a perdu le même montant, ce qui fait que le gouvernement actuel a perdu Rs 16 Md. Le Junior Minister doit se regarder dans un miroir concernant la gestion catastrophique de l’économie. La dette publique frôle aujourd’hui les 90 % du PIB. D’ici un an ou deux, la dette publique atteindra 93 % de notre PIB. Le gouvernement ne pourra inverser cette tendance, car il n’a pas de politique pro-croissance économique. Le gouvernement a enlevé tous les bénéfices sociaux en 18 mois et cela a un impact énorme sur la confiance de la population. C’est pour cela que l’économie dégringole. 

Par ailleurs, il y a une note favorable du Fonds monétaire international sur Maurice. Pour la première fois depuis 1983, Maurice suit toutes les recommandations de cette institution. Il faut rappeler que la proposition concernant le retrait des subsides sur le riz et la farine avait proposé la cassure entrer sir Anerood Jugnauth et Paul Bérenger. C’est au pays de décider comment apporter la consolidation fiscale.

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