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Dominique Wong, artiste-peintre : l’être intime

Après une vie bien remplie, Dominique Wong jouit de sa retraite en s’adonnant au dessin.

Quoi de mieux qu’une lettre intime pour faire le point sur une vie bien remplie ? En 1978, elle débarque à Rodrigues pour épouser Jacquelin. Depuis, Dominique Wong a été une « multi-tasker ». Aujourd’hui, elle vit en mains libres. Grâce à ses pinceaux !

D’emblée, la Rodriguaise de coeur avertit : « Je n’aime pas être désignée artiste.  Je n’ai ni osmose ou symbiose à exprimer sur un canevas ou du papier. Je suis arrivée au dessin tout à fait par hasard. » Pour ses 60 ans, une cousine lui offre deux grandes boîtes de crayons de couleur… Un cadeau à l’intention bien précise car elle sait que Dominique taquinait de temps en temps le dessin. « J’étais à la retraite et effectivement je me suis mise à barbouiller des pages pour m’occuper. Dans les années 70, j’en ai gribouillé des ‘peace and love’ et des dessins psychédéliques ! »  Après 40 ans de vie active – famille, boulot, etc. -, à se dévouer « comme enseigner à plusieurs générations des Filles de Lorette », avec un œil sur les devoirs, un autre sur les repas, la télé, un autre encore sur un livre, un journal, Dominique apprécie sa retraite dont elle veut partager l’expérience de retraitée. 

Autant en apporte le temps !

« Après avoir jonglé entre les occupations familiales et commerciales, la supervision de l’éducation des enfants, le suivi de loin des études universitaires pour qu’ils réussissent leur vie et dans la vie, on n’a plus besoin de nous...  Les enfants, Gail, Hugues et Dawn sont/seront des parents, (elle vient de marier son fils unique à Shudh, une Mauricienne en décembre) -, les petits-enfants sont autonomes. On se retrouve avec du temps libre et si on ne s’occupe pas, on cogite beaucoup, on peut même entrer dans une oisiveté négative et déprimer. » 

Cependant, Dominique souhaite aller plus loin qu’un simple hobby. « L’internet a été mon école, j’ai fait des recherches et je me suis lancée comme défi d’apprendre et de maîtriser des techniques de dessin et de peinture.  Après trois expositions, je découvre encore d’autres techniques car on ne finit pas d’apprendre. » En ligne, Dominique découvre le ‘doodling’. C’est-à-dire des petits dessins, sans aucun sens souvent, mais juste pour remplir une surface. Pas besoin de grandes connaissances ni d’investissement à part un cahier, un bloc-notes, un crayon ou une plume gel de préférence. 

« Cela m’étonne toujours de voir la page s’animer et avec la pratique, on maîtrise les courbes des lignes et la densité des points avec pour résultat, un beau dessin, confie l’artiste-peintre. C’est cette joie d’avoir donné vie à un morceau de papier ou un canevas qui me fait continuer à peindre. Cela me calme et m’ancre dans une certaine sérénité. » N’a-t-elle quand même pas envie de devenir une signature ? « On me dit qu’il faut que les gens puissent reconnaître mes ‘œuvres’, si on peut dire, mais cela ne m’intéresse pas vraiment. Ce qui m’importe, c’est de découvrir de nouvelles choses, mes capacités, de me sentir vivante ! Je suis heureuse aussi que ma petite-fille, Chloé, 13 ans, possède un talent inné du dessin. D’ailleurs, elle a déjà exposé quelques tableaux. »

Telle Popo (Grand-mère),  telle petite-fille, Chloé compte déjà une exposition  à son actif.
Telle Popo (Grand-mère), telle petite-fille, Chloé compte déjà une exposition à son actif.

Cœur à cœur

Depuis les 40 ans qu’elle habite Rodrigues, Dominique est connue pour son grand cœur, sa maison et sa table ouvertes à tous ceux et celles qui visitent l’île. Elle a aussi beaucoup œuvré dans le social. Elle est surtout vraie ! À l’écouter parler, on a l’impression d’une douce conversation à elle-même dans le creux du cœur. On comprend que maintenant, elle se laisse vivre. « Oui, désormais, le facteur ‘temps’ n’a aucune limite et je le prends selon mes envies, à peindre, lire ou tout simplement à ne rien faire... » 

Elle veut aussi remercier tous ceux qui l’ont encouragée à croire en elle et à s’épanouir dans ce domaine. « Je pense particulièrement à Jacques Désiré Wong, un artiste qu’on ne présente plus, Marc Gossé qui m’a ouvert sa galerie à Rodrigues et les jeunes artistes, dont particulièrement Luqmaan Cader, graphiste à l’âme sensible et au talent très prometteur, avec lesquels j’ai fait deux expositions. J’espère continuer sur cette route. J’ai eu de la chance d’être invitée par l’Association des amis de Rodrigues grâce à sa dynamique présidente, Chantal Moreau, pour ma première expo à Maurice. Pour moi, les expos représentent une évaluation car on aime avoir une idée de ce que l’on fait par rapport au public. C’est quelque peu narcissique mais nous somme tous humains. Je constate qu’il n’y a pas vraiment de critique d’art à Maurice. Mais comme on dit, les goûts et les couleurs ne se discutent pas... » 

Quelques œuvres de l’active retraitée exposées à Rodrigues et en décembre dernier à Maurice par l’artiste-peintre.
Quelques œuvres de l’active retraitée exposées à Rodrigues et en décembre dernier à Maurice par l’artiste-peintre.

 

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