Disparition de Yogeshwaree Bhunjun : son compagnon médecin inculpé de meurtre, le corps introuvable
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Le Défi Quotidien
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Du sang retrouvé dans le véhicule du suspect a précipité son arrestation. L’homme nie toute implication.
Il exerce la médecine. Il réglait son loyer à la date convenue. À ses voisins, il donnait l’image d’un homme sérieux, rangé, professionnel. Et pourtant, Arvind R. se trouve depuis mercredi derrière les barreaux, inculpé provisoirement du meurtre de sa compagne, Yogeshwaree Bhunjun, 37 ans, mère de famille portée disparue depuis le 26 février. Son corps, lui, demeure introuvable.
C’est une découverte qui a précipité l’enquête : des traces de sang retrouvées à l’intérieur du véhicule du médecin ont conduit la Major Crime Investigation Team (MCIT) à l’interpeller. Arvind R. a comparu mercredi devant le tribunal de Pamplemousses sous une accusation provisoire de meurtre, avant d’être reconduit en cellule policière. Les enquêteurs attendent désormais les résultats des analyses biologiques pour déterminer si ce sang est bien celui de la disparue.
Face aux enquêteurs, le médecin maintient sa version : il ne serait pour rien dans la disparition de Yogeshwaree Bhunjun. Le 5 mars, il avait enregistré une mesure préventive au poste de police de Plaine-des-Papayes, affirmant que sa compagne avait quitté le domicile conjugal de Fond-du-Sac le 26 février à la suite d’une dispute. En rentrant ce soir-là, avait-il déclaré, elle était déjà partie.
Mais le tableau que dressent les proches de la victime est bien plus sombre. Son père, un homme de 62 ans habitant Lallmatie, a donné l’alerte le 7 mars, inquiet de n’avoir aucune nouvelle de sa fille depuis plus d’une semaine. Une inquiétude d’autant plus vive que Yogeshwaree Bhunjun avait, en 2024 puis en 2025, dénoncé son compagnon pour des faits de violences domestiques. Ce qui oriente résolument les soupçons des enquêteurs de la MCIT.
Satian, propriétaire de la maison que le couple louait depuis trois ans à Fond-du-Sac, peine encore à réaliser ce qui se passe. C’est par le biais d’une agence immobilière qu’il avait rencontré le médecin. « Il a tout de suite aimé cette maison », se souvient-il. Le locataire lui avait toujours semblé irréprochable : ponctuel, discret, professionnel.
Pourtant, un détail lui revient aujourd’hui à l’esprit. En février, croisant Arvind R. dans la rue, il lui avait demandé si quelque chose n’allait pas. « Mo’nn diman li si ena enn problem, li ti dir li pe gagn problem ek so madam », rapporte-t-il. Une confidence à laquelle il n’avait pas voulu donner suite. « Je ne m’intéresse pas à entrer dans leurs affaires personnelles », confie-t-il. La nouvelle de la disparition de Yogeshwaree Bhunjun l’a frappé de plein fouet. « Ce n’est que mardi que j’ai appris », dit-il, encore sous le choc.
Tandis que le suspect attend en cellule d’être examiné par un médecin de la police, les recherches pour retrouver Yogeshwaree Bhunjun se poursuivent sans relâche. Où est-elle ?