Discours-programme - Monde du travail : le congé de paternité passe à un mois
Par
Christina Vilbrin
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Christina Vilbrin
C’est l’une des mesures phares dans le discours-programme. Le congé de paternité, qui était de cinq jours, passera à un mois. Une décision qui divise.
Les futurs pères peuvent se réjouir. Ils auront droit non pas à cinq jours de congé, mais à un mois. Une mesure que les syndicats accueillent favorablement, mais avec quand même quelques réserves. « C’est un bon départ. C’était une de nos revendications. On avait, toutefois, demandé trois mois. Mais, un mois c’est déjà une bonne chose. Souhaitons qu’on progresse davantage sur ce plan », commente Reeaz Chuttoo, le porte-parole de la Confédération des travailleurs du secteur privé.
Du côté de la Fonction publique, le syndicaliste Rashid Imrith insiste que le congé de paternité ne soit pas dilué dans les autres congés. « Cela ne vaudrait pas la peine si l’employé en question voit ses autres congés être réduits par la suite », souligne-t-il. Rashid Imrith salue cependant l’initiative. « Le père disposera de plus de temps pour prendre soin de son nouveau-né. C’est aussi une incitation qui encouragera les couples à avoir des enfants d’autant plus que nous avons une population vieillissante qui grandit. Il faudrait, dans la même foulée, mettre en place d’autres mesures telles qu’un Breastfeeding Leave à titre d’exemple », recommande Rashid Imrith.
Que pense-t-on de cette mesure dans le milieu patronal ? L’industriel François de Grivel ne mâche pas ses mots. « C’est une mesure qui me paraît exagérée. Je peux comprendre l’importance d’un père dans l’accompagnement de son enfant, mais une telle durée peut perturber les entreprises », soutient François de Grivel. Ce mois de congé peut, ajoute-t-il, « gêner » la productivité et la performance des activités économiques. « Je ne trouve pas que c’est une mesure raisonnable pour le pays. Qu’on passe de cinq jours à six jours, nous pouvons le considérer, mais une telle longueur de temps ne me paraît pas très sérieux », ajoute l’industriel.
Cette mesure sur le congé de paternité est bien partie pour faire couler beaucoup d’encre.
Le saviez-vous
La moitié des congés appartient à l’employeur, l’autre moitié à l’employé. Les congés non pris sont remboursés. Quant aux congés maladies non pris, ils pourront être cumulés jusqu’à un maximum de 90 jours. L’employé y aura droit s’il est admis ou doit subir une intervention.