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Dilemme d’un motard : à 95 décibels, l’échappement de sa moto dérange son voisin

Photo : illustration

Comment se fait-il qu’un modèle de moto ait été autorisé à être commercialisé sur le marché local alors que le niveau de bruit s’élève à 95 décibels ? Dilemme auquel fait face un amoureux de grosses cylindrées.

Mahen J., 42 ans, un habitant de Morcellement Saint-André, a acheté à crédit une moto de plus de 200 cc au prix de 
Rs 88 000, le 19 février dernier. À la suite d’une complainte d’un voisin pour le bruit causé par l’échappement de la moto, Mahen a été convoqué par la National Transport Authority (NTA). Après des tests, la compagnie s’est rendue compte que le son émis par l’échappement de la moto était de 95 décibels au lieu de 72. 

Pour sa part, Mahen estime que le son de l’échappement ne peut être modifié.

« Un expert mécanicien m’a averti que ce serait extrêmement dangereux d’essayer d’étouffer le son, car les deux boîtes de compression pourraient exploser. » Par ailleurs, un responsable de l’agence importatrice de moto soutient que ce genre de modèle est autorisé à Maurice depuis 2018. Il précise que c’est la première fois qu’elle enregistre une plainte concernant ce modèle de moto. 

Mahen précise toutefois que, sur la route, aucun policier ne l’a jamais arrêté pour pollution sonore. De plus, il trouve étonnant qu’aucun policier n’ait protesté contre le bruit causé par l’échappement des deux-roues lorsqu’il a effectué des tests aux Casernes centrales. Il révèle qu’il a même donné un lift à un policier du trafic sans que ce dernier ne trouve quelque chose à redire à propos du son émis par sa moto. 

L’habitant de Morcellement Saint-André s’interroge : « Quelle est l’autorité concernée par ce problème ? La NTA, le ministère du Commerce, le Mauritius Standards Bureau (MSB) ? La douane ? » La rédaction a envoyé un courriel à ce sujet au commissaire de la NTA, Kaushik Reesaul. « Nous avons aussi contacté le MSB qui nous a précisé qu’il n’était pas concerné par ce genre de problème, mais que c’était plutôt l’affaire de la NTA. »

Pour sa part, l’inspecteur Jean Nobin Brasse de la Police de l’Environnement souligne qu’« il y a une loi appelée Road Traffic – Control of Emission – Regulations 2002. Cette loi, toujours en vigueur, stipule qu’une moto ne doit pas dépasser 79 décibels. La Police de l’Environnement travaille en étroite collaboration avec la NTA. Nous avons déjà enregistré une plainte similaire dans le passé. La NTA s’était rendue chez la compagnie qui avait importé la moto et avait procédé aux tests de plusieurs motos. Il faut noter que certaines compagnies modifient le son en posant des muflers moins bruyants ».

L’inspecteur Brasse ajoute qu’il va parler au responsable du centre de fitness de la NTA qui serait à l’heure actuelle déjà au courant du problème. « Nous allons voir ensemble comment venir en aide à Mahen. »

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