Interview

Dhanjay Jhurry : «Certains diplômés sont incapables de mettre leurs connaissances en pratique»

Dhanjay Jhurry Dhanjay Jhurry, vice-chancelier de l’Université de Maurice 

Un employeur sur trois a du mal à pourvoir les emplois vacants en raison de l’inadéquation des compétences. Votre commentaire ?
C’est effectivement le cas. Nos jeunes sont très formés du point de vue académique. Cependant, il est essentiel de détenir des soft skills pour être embauchés ou pour préserver son emploi. Avoir un diplôme ne suffit pas pour décrocher un travail. Il faut avoir le savoir-faire. Aujourd’hui, l’ensemble du globe est confronté au problème de skills mismatch. Maurice n’est pas épargné.

Nous devons promouvoir le capital humain pour combattre ce fléau. Je vous donne un exemple. Le secteur textile a du potentiel mais il faut une stratégie à long terme. Il faut penser en termes de valeur ajoutée et investir dans la formation des jeunes. Il faut aussi revoir notre système éducatif en proposant de nouveaux cours. Nous avons d’ailleurs déjà commencé à le faire. Certains diplômés sont incapables de mettre leurs connaissances en pratique afin de pouvoir répondre aux besoins du marché.

D’où l’importance de la formation ?
Tout à fait. Il faut aussi une approche concertée entre le secteur privé et les institutions d’enseignement supérieur afin de pallier le problème de mismatch sur le marché du travail.

Les universités et les centres de formation poussent comme des champignons. Peuvent-ils combler le manque de compétences que subissent plusieurs secteurs ?
L’université a un rôle important à jouer. Voilà pourquoi nous proposons des cours taillés sur mesure pour répondre à la demande du marché de travail.

Parlez-nous de ces cours…
Il y a, par exemple, la récente signature de Protocole d’accord entre l’Université de Maurice et la Mauritius Exports Association en vue d’offrir des programmes de formation sur mesure. Le premier groupe d’étudiants provient d’Esquel (Mauritius). Ils seront 23 à se joindre à ce programme d’une durée d’un an et demi. Dans le cas du secteur des TIC, nous travaillons déjà avec Accenture pour former des gens. Nous travaillons également avec des banques sur des formations liées au banking et à la finance. Nous proposons aussi des cours menant à l’obtention d’un Certificate in French Insurance. Trente personnes sont formées dans différents programmes de formation sur mesure.