Interview

Devanand Ramjuttun met en garde contre un budget hyper-électoraliste

Le président de la General Trade Unions Federation et dirigeant du Joint Negotiating Panel de l’industrie sucrière, Devanand Ramjuttun, met le gouvernement en garde contre ce qu’il appelle un budget « hyper-électoraliste » qui pourrait être néfaste à la population et à l’économie.

Les syndicats, la société civile et autres Organisations non-gouvernementales (ONG) ont jusqu’au 15 avril prochain pour soumettre leurs propositions en vue du budget 2019-2020. Qu’attend la classe syndicale de cet exercice ? 
Nous allons faire des propositions réalistes et nous souhaitons que le gouvernement se montre aussi réaliste et ne se laisse pas tenter de présenter un budget « hyper-électoraliste » afin de ne pas asphyxier la population par des taxes après les prochaines élections. Cela dit, notre principale demande est que les parents continuent de bénéficier d’une déduction de l’impôt sur les revenus, aussi longtemps que leurs enfants n’ont pas trouvé un emploi après leurs études secondaires et universitaires. Nous souhaitons aussi que le gouvernement réactive le travail sur la relativité salariale dans le secteur privé et la fonction publique après l’introduction du salaire minimum. Nous ne pouvons qu’exprimer nos inquiétudes sur la lenteur du gouvernement à amender l’Employment Rights et l’Employment Relations Act. Le ministre du Travail a annoncé que le projet de loi sera débattu au Parlement lors de la prochaine séance parlementaire. N’oublions pas que l’Alliance Lepep avait promis des législations de travail qui protègent les travailleurs. 

Et les autres demandes...
Le gouvernement nous avait promis la création d’emplois lors de la dernière campagne électorale. Ce serait malhonnête de dire qu’il n’y en a pas eu, bien que le secteur textile traverse actuellement une phase difficile. Dans son prochain budget, le gouvernement doit prendre des mesures pour combattre les fléaux sociaux qui affectent de plus en plus la société. Parmi eux, un allègement de la TVA sur certains produits pour rehausser le niveau de vie de la population. 

Comment se portent les négociations sur le nouveau rapport salarial dans l’industrie sucrière ? 
Le fait que nous devons mener des négociations au niveau de chaque compagnie sucrière retarde le processus. La situation serait encore plus difficile en ce qu’il s’agit de la question salariale. Est-ce qu’il y aura différents salaires au niveau de l’industrie sucrière ? Cela irait à l’encontre des Conventions 100 et 111 de l’Organisation internationale du travail. La première préconise un salaire égal pour un travail égal et la deuxième prévient toute discrimination dans le monde du travail. D’où notre demande auprès du gouvernement pour qu’il y ait une plate-forme unique de négociations, surtout pour ce qui est des salaires. 

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