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Détournement de farine subventionnée : un deuxième suspect interpellé

Par Shehzad Jaddoo, Irshaad Olitte
Publié le: 21 avril 2026 à 13:30
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farine

Nouveau rebondissement dans l’enquête sur l’exportation illégale de produits de base subventionnés par l’État vers les Comores. Les enquêteurs de la Financial Crimes Commission (FCC) ont procédé à l’interpellation d’un homme d’affaires opérant dans le Nord du pays. Celui-ci a été entendu afin de faire la lumière sur son rôle présumé dans ce réseau et sur ses liens avec le ressortissant comorien Abdoulhakim Moindze, arrêté le week-end dernier. À l’heure où nous mettions sous presse, l’audition de cet homme d’affaires se poursuivait au Réduit Triangle.

Abdoulhakim Moindze a été appréhendé samedi soir alors qu’il s’apprêtait à quitter le territoire mauricien en direction des Comores. Traduit en justice, il a été provisoirement inculpé avant d’être reconduit en cellule policière. Les autorités lui reprochent notamment d’avoir fourni de fausses déclarations dans le but d’obtenir un permis d’exportation de farine vers l’étranger.

Selon les premiers éléments de l’enquête, Abdoulhakim Moindze, mécanicien de profession et habitant Baie-du-Tombeau, serait impliqué dans un système bien structuré d’exportation de farine subventionnée entre juillet 2024 et juillet 2025. Cette denrée, destinée au marché local à un prix contrôlé, aurait été détournée puis expédiée vers les Comores, générant des profits illicites estimés à environ cinq millions de roupies.

Devant les enquêteurs, il a formellement rejeté l’ensemble des accusations, affirmant n’avoir aucun lien avec un quelconque système frauduleux. Selon sa version, il n’a jamais participé à des activités d’exportation illégale et conteste toute implication dans un détournement de produits subventionnés.

Le beau-frère d’Abdoulhakim Moindze affirme que ce dernier n’a jamais exercé d’autre activité que celle de mécanicien à Maurice. « Se enn fos sarz. Li pa fer sa bann zafer-la. Li fer zis mekanisien », soutient Jamal, qui dit le connaître depuis une dizaine d’années. « Depi li Moris, li travay garaz, li ranz loto. Li pena okenn lezot lokipasion », ajoute-t-il.

Dans le cadre de cette affaire, la FCC a intensifié ses opérations sur le terrain. Plusieurs descentes ont été effectuées à travers le pays au cours de la journée d’hier afin de recueillir des preuves supplémentaires et d’identifier d’éventuels complices. Les enquêteurs cherchent désormais à comprendre avec précision le mécanisme ayant permis la sortie de ces produits du territoire mauricien, en dépit des contrôles en vigueur.

L’implication présumée de l’homme d’affaires récemment interpellé pourrait apporter un nouvel éclairage sur les ramifications de ce réseau. D’ores et déjà, plusieurs autres suspects sont dans le collimateur de la commission anticorruption. L’enquête, toujours en cours, pourrait connaître d’autres développements majeurs dans les jours à venir, alors que les autorités s’efforcent de démanteler ce système et de traduire les responsables devant la justice.

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