Dernier hommage à Ras Natty Baby : émotion et recueillement à Richelieu
Par
Nathalie Marion Mungur
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Nathalie Marion Mungur
Proches, amis et artistes se sont réunis jeudi 30 avril à Richelieu pour rendre un dernier hommage à Joseph Nicolas Emilien, plus connu sous le nom de Ras Natty Baby. La dépouille de l’artiste a été exposée à son domicile après son rapatriement d’Inde, marquant le début d’un adieu solennel avant les funérailles prévues ce vendredi 1er mai.
C’est au rythme de la musique et des rituels rastafaris que Ras Natty Baby a passé sa dernière nuit dans sa maison de Richelieu. L’émotion était forte chez son fils Salem et ses filles Marga et Haïma Emilien.
Salem évoque la relation particulière qu’il entretenait avec son père : « Baby et moi, on se côtoyait souvent. Il vivait à l’étage de la maison et moi au rez-de-chaussée. On parlait de musique, de la vie et de philosophie. Parfois, on faisait des jam ensemble. Nous avions commencé un projet musical que nous n’avons malheureusement pas pu terminer. J’espère pouvoir le finaliser plus tard. »
Sa fille Haïma garde le souvenir d’un père à la fois aimant et exigeant. Elle souligne l’importance qu’il accordait à l’éducation, convaincu qu’elle était essentielle pour sortir de la précarité.
« Il était très strict sur le plan de l’éducation. Nous suivions beaucoup de leçons particulières », confie-t-elle. Avec le temps, les échanges ont évolué vers la spiritualité : « Il nous parlait souvent des messages de ses chansons et voulait que nous les appliquions dans notre vie. C’était un homme plein de sagesse. »
Présente à la veillée mortuaire, la Junior Minister des Arts et de la Culture, Véronique Leu-Govind, a rendu hommage à l’artiste avec qui elle entretenait des liens réguliers. « Nous étions souvent en contact, notamment lors de réunions au ministère. Même pendant sa maladie, nous restions en lien par messages et appels », a-t-elle confié.
Au-delà de sa fonction, sa présence s’inscrit dans une démarche de solidarité. « Je suis venue apporter mon soutien à la famille pour l’organisation des funérailles. Avec les artistes, nous nous partageons les tâches. C’est comme un membre de ma famille », a-t-elle ajouté.
Joseph Varok Ravina, commissaire des Arts et de la Culture de Rodrigues, était également présent. Il a évoqué l’héritage de l’artiste et indiqué qu’un monument à la mémoire de Ras Natty Baby pourrait être érigé à Rodrigues.
Pour rappel, l’artiste est décédé le dimanche 26 avril à l’âge de 72 ans en Inde, des suites de complications survenues après une intervention cardiaque.
La veillée a réuni une foule venue saluer celui qui, aux côtés de Kaya, fut l’un des piliers du seggae. Originaire de Rodrigues, il laisse derrière lui plus de 40 ans de carrière et des titres emblématiques tels que « Leve do mo pep », « Nuvel Vision », « Mo la misik » ou « Seggae Survival ».
Les hommages se poursuivent ce vendredi 1er mai avec le transfert de la dépouille au terrain de football de Petite-Rivière dès 10 heures, pour permettre au public de se recueillir. La cérémonie religieuse aura lieu à 15 h 30 à l’église Saint-Cœur-de-Marie, suivie de l’inhumation.