Xplik ou K

Depuis deux mois : cinq employées d’une école sans boni ni salaires

Justine (à gauche) et Anthonella. Justine (à gauche) et Anthonella.

Elles ont très mal terminé 2017, car elles se sont retrouvées sans salaires ni boni. Leur calvaire se poursuit, puisqu’elles n’ont pas été payées pour le mois de janvier. Elles ont saisi le ministère du Travail.

Anthonella, 29 ans, et Justine, la trentaine, travaillent dans une école destinée aux recalés.  Elles relatent à Xplik ou K que cinq employées de l’école n’ont obtenu ni salaires ni boni pour le mois de décembre. Elles n’ont également pas été payées pour le mois de janvier.

La rédaction a contacté le ministère de l’Emploi. « Une amende de Rs 10 000 sanctionne tout non-paiement des salaires. Pour le boni impayé, une autre amende est appliquée », précise Leevy Frivet, attaché de presse au ministère du Travail. « Un officier du ministère téléphonera à l’employeur. S’il ne répond pas à nos appels, s’il joue aux abonnés absents, une lettre lui sera expédiée. Je vérifierai avec l’officier. Si après cette correspondance, il ne réagit toujours pas, l’employeur sera traduit en justice.»

« Outre les amendes prévues, si l’employeur n’a pas payé le salaire minimum, il est bon qu’il sache qu’une équipe se rendra à cette école. La loi est très sévère à ce propos. L’employeur risque une pénalité de Rs 50 000 par salarié, soit au total Rs 250 000, si les dires d’Anthonella sont vrais. Il est dans son intérêt de régler ce qu’il doit. »

L’attaché de presse invite Anthonella et Justine a venir le rencontrer. C’est ce qu’elles ont fait. Elles ont ensuite été priées d’enregistrer une plainte formelle au bureau du Travail de leur localité, à Pamplemousses.

Une source indique que l’école en question n’est pas enregistrée. Des rumeurs signaleraient une mauvaise utilisation des fonds perçus des autorités/sponsors. «À deux reprises, l’Independent Commission Against Corruption a été informée, de manière anonyme, de possibles malversations », ajoute cette source.

Anthonella dit savoir qu’une somme de Rs 669 000 a été versée à l’école en août 2017, mais qu’elle aurait servi à rembourser des dettes, ce qui est contraire aux règles de gestion des fonds CSR. L’école bénéficie en effet d’un financement accordé par un sponsor.

L’objectif de cette école est de dispenser des cours de rattrapage pour les élèves de  Grade 6 et former les enfants de rue. Elle existe depuis une douzaine d’années et emploie trois éducatrices, une cuisinière et un cleaner.