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Dengue : Prolifération importante de moustiques dans la région de Port-Louis

Dr Diana Iyaloo et Dr Kursheed Meethoo-Badulla demandent à la population à aider à prévenir la prolifération des moustiques.

La région de Port-Louis et ses environs connaissent une forte prolifération de moustiques en raison des fortes averses et de la chaleur intense, entre autres facteurs. Cette situation pourrait contribuer à l'augmentation des cas de dengue. Déjà, 289 cas ont été enregistrés depuis le 11 décembre 2023. Au 1er février, on recensait 130 cas actifs. Les autorités lancent un appel à la responsabilité de chacun pour endiguer l’épidémie.

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Leur bourdonnement n’est jamais plaisant lorsqu'ils s'approchent de nos oreilles. Cependant, plutôt que des applaudissements, les moustiques sont accueillis par des gestes pour les chasser ou les tuer. Avec les averses fréquentes de ces dernières semaines, leur population a considérablement augmenté, contribuant à relancer une nouvelle épidémie de dengue après celle d'avril à juin 2023. Cette fois-ci, elle a débuté le 11 décembre de l'année précédente, avec une hausse significative depuis le début de cette année.

Passant de deux à trois cas par jour à une dizaine quotidiennement, explique le Dr Kursheed Meethoo-Badulla, Coordinateur des Maladies Non-Communicables au ministère de la Santé.

Il a été observé que l’incidence des moustiques est élevée actuellement, notamment à Port-Louis et dans les localités avoisinantes, de Pailles à Baie-du-Tombeau, en passant par Cassis, Cité Vallijee, Résidences La Cure, Tranquebar, Roche-Bois, etc., ainsi que dans le Nord et les basses Plaines-Wilhems. 

Outre l’accumulation de déchets favorisant la prolifération des moustiques, les récentes averses et la forte chaleur de ces dernières semaines, ainsi que de nombreux terrains à l'abandon par leurs propriétaires, ont également contribué à cette situation, selon le Dr Diana Iyaloo, responsable de la Division de la Biologie et du Contrôle des Vecteurs (VBCD) au ministère de la Santé. D’où l’appel à un nettoyage régulier des cours et à éviter les accumulations d’eau, que ce soit sur les toits des maisons ou dans les jardins. Les réservoirs d'eau doivent être bien couverts afin que les moustiques ne puissent les transformer en gîtes larvaires.

Cas asymptomatique

La dengue est asymptomatique dans 50 à 90 % des cas, selon Dr Diana Iyaloo. Ainsi, une personne infectée peut ne pas ressentir les symptômes typiques de la maladie comme les fortes fièvres, les courbatures, les maux de tête, des vomissements ou la diarrhée. Ceux qui présentent ces symptômes sont automatiquement testés pour la dengue afin de bénéficier rapidement des traitements appropriés. « Il est important que ceux qui présentent de tels symptômes consultent un médecin », souligne le Dr Badulla.

Prévenir

Comme pour toute maladie, il vaut mieux prévenir que guérir. Le problème, souligne le Dr Badulla, n’est pas les personnes mais les moustiques. Elle exhorte donc la population à prendre les mesures nécessaires, d’une part pour prévenir la prolifération des moustiques, mais aussi pour éviter les piqûres. Cela peut se faire en utilisant des produits répulsifs sur les zones exposées du corps et en portant des vêtements clairs et longs, car les moustiques sont attirés par les couleurs foncées.

Ainsi, après une semaine d’hospitalisation en raison d'une infection à la dengue, afin de fournir le traitement nécessaire et de prévenir la propagation de la maladie, le suivi des patients se fera à domicile à leur sortie de l'hôpital. Cela, en cas d’augmentation du nombre de patients dans les divers hôpitaux du service public. Cette mesure vise à libérer des lits dans ces établissements afin de pouvoir accueillir d'autres patients.

Diverses méthodes de lutte

Différentes techniques ont été déployées pour contrôler la prolifération des moustiques. Parmi celles-ci, on trouve la Technique de l’Insecte Stérile (TIS). Il s’agit de la libération dans la nature de moustiques mâles stériles. En s’accouplant avec les femelles, ces derniers vont pondre des œufs stériles, réduisant ainsi la population.

La TIS a été lancée sur une base pilote en octobre 2022, du Champ de Mars à la cathédrale St-Louis, sur une superficie de 18 à 20 hectares. Le projet visait à diminuer de 75 % la population de moustiques, mais en raison de divers facteurs, ce taux n’a atteint que 60 % après un an. Parmi les retards, on compte l'obtention de certains équipements, ainsi que les fréquentes périodes pluvieuses s'étendant sur plusieurs jours. 

Par la suite, le VBCD a déployé des efforts pour faire face à l'épidémie de dengue d’avril à juin de l’année précédente. Le VBCD a ainsi demandé une extension du projet à l'Agence internationale de l'énergie atomique pour atteindre l’objectif fixé. Cependant, il est à noter qu'aucun cas de dengue n'a été enregistré dans la région, affirme le Dr Diana Iyaloo.

Afin de relancer le projet, le département attend une météo plus clémente pour lâcher à nouveau les insectes stériles. Passant de 60 000 l’année dernière, le VBCD envisage une production de 90 000 à 100 000 moustiques mâles stériles dans l’espoir de réduire jusqu'à 75 % la population de moustiques dans cette région.

Outre la TIS, le VBCD va également procéder à l'installation de 500 ovitrappes létales à auto-dissémination dans les régions les plus touchées. Ces pièges à moustiques contiennent une solution de pyriproxyfène qui vise à emprisonner les œufs et les larves pondus par la femelle, empêchant leur développement et répandant le produit qui va s'imprégner sur les insectes. Cette méthode s'ajoute aux méthodes courantes d’exercice de « fogging » et de « larviciding ».

289 cas depuis le 11 décembre 2023

Selon les derniers chiffres disponibles, 289 cas de dengue ont été détectés depuis le début de la nouvelle épidémie le 11 décembre 2023. Actuellement, le pays compte 130 cas actifs. 
Outre la région de Port-Louis et ses environs, les plus touchés, des cas ont également été signalés dans plusieurs régions du Nord, ainsi que du côté des basses Plaines-Wilhems, comme à Beau-Bassin, Mare-Gravier, Quatre-Bornes, mais aussi du côté de Bambous, Tamarin, Rivière-Noire, Rose-Belle et Valetta.
Compte tenu de la situation, le ministère de la Santé a lancé un nouveau protocole, le Domiciliary Medical Visite (DMV), afin d’impacter le moins possible les divers services hospitaliers et de garantir suffisamment de lits pour l’hospitalisation des autres malades. Après quelques jours d'hospitalisation, les patients recevront leur suivi médical à domicile.

30 à 35 jours de vie

À noter que le moustique mâle ne pique pas et que le moustique a une durée de vie de 30 à 35 jours. Durant cette période, une fois arrivée à l’âge adulte au bout d’une semaine en été et de deux semaines en hiver, la femelle peut pondre entre 50 à 1 000 œufs. Ainsi, la chaleur ou une température de 27 à 30° Celsius favorise la prolifération des moustiques, comme c’est le cas dans les régions chaudes et humides. 
Avec le réchauffement climatique, le risque de maladies transmises par les moustiques augmente, selon la responsable du VBCD. « Avec la hausse de température, les moustiques piquent plus souvent, ce qui fait augmenter le nombre de virus dans leur corps. Par effet boule de neige, ils sont plus infectieux et peuvent ainsi transmettre plus de maladies », explique le Dr Iyaloo.
C’est donc la femelle du moustique tigre qui est le vecteur de la dengue. En piquant une personne infectée par la maladie, elle la transmet à d'autres personnes en les piquant pour boire leur sang. Elle effectue alors un cycle gonotrophique afin d’avoir la quantité nécessaire de sang pour que les œufs qu’elle va pondre atteignent la maturité et se développent.
 Le cycle de vie des moustiques se déroule en quatre étapes : œuf, larve, nymphe et adulte. Selon le Dr Iyaloo, au cours de son cycle gonotrophique, qui dure de deux à cinq semaines, une moustique peut piquer d’une à 50 personnes, si elle est dérangée pendant son repas sanguin et doit chercher une autre victime.

 

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