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Democracy Watch: Au sommet de l’État

L’équipe de citoyens engagés du Democracy Watch Mauritius nous fait part de leur lecture des sujets brûlants qui dominent l’actualité. La nomination d’une citoyenne ou d’un citoyen à la tête de l’État nous concerne tous, même si la Constitution veut que ce soit le Parlement qui désigne alors ce magistrat suprême et non le suffrage universel. Le choix d’Ameenah Gurib-Fakim est indirectement plébiscité par l’électorat, car il a été annoncé préalablement parmi les mesures du programme Lepep. Nous avons élu cette alliance électorale à une forte majorité. Mme Gurib-Fakim représente aussi une nouvelle génération de citoyens à la Présidence de notre République. Scientifique, indépendante et non politicienne, elle peut donc demeurer au-dessus de la mêlée politique partisane comme on peut le souhaiter pour ce poste. Tel n’est pas le cas pour un politicien, candidat aux dernières législatives, dont le nom est cité pour être l’adjoint de Mme Gurib-Fakim (Le Défi Plus du 12 septembre 2015). Il s’agit, ne l’oublions pas, d’un candidat battu et donc désavoué par l’électorat. Cette nouvelle est-elle liée à de récents événements dans le Sud ? La nomination de tout citoyen au sommet de l’État nous concerne tous et non pas une communauté ethnique ou religieuse particulière ! Sir Anerood Jugnauth a le choix entre mille pour remplacer Mme Monique Ohsan-Bellepeau et faire honneur à la nation mauricienne. Il nous faut des dirigeants ayant fait leurs preuves au plus haut niveau que ce soit dans le secteur public ou privé ou encore au sein de la classe politique.

Il y a état d’urgence et état d’urgence

n Sir Anerood Jugnauth menace d’instaurer l’état d’urgence (Le Mauricien du 8 septembre 2015), suite aux incidents du week-end du 5 et 6 septembre. Il y a état d’urgence et état d’urgence. En 1968, après les meurtrières et sanglantes bagarres raciales, résultant d’une sordide guéguerre de gangs de proxénètes et de trafiquants de drogue, après des centaines de tués et de blessés graves, des soldats anglais, (avec l’aide de volontaires mauriciens) sévissant, comme jamais auparavant, dans un pays, Maurice pourtant indépendant, depuis le 12 mars de cette année, mettent fin à tout état d’urgence et couvre-feu, cinq ou six mois seulement après ces troubles. Nous n’avons toujours pu cicatriser de manière optimale les conséquences les plus funestes de cette tragédie. Le quartier portlouisien de Saint-François-Xavier n’a jamais retrouvé la richesse de sa diversité démographique. Nos cités ouvrières hors Port-Louis (Roche-Bois, Cité La Cure, Richelieu, Cité Barkly, Camp Levieux et autres) se sont démesurément gonflées, de manière cacophonique, gênant considérablement, aujourd’hui encore, une fraternisation localisée plus grande. L’état d’urgence, ayant suivi l’année de braise 1971, avec ces grèves générales et ces paralysies répétées de notre économie, avec risques de pénuries de commodités de base, dure jusqu’au 12 mars 1978. Pour ne rien dire de la censure de la presse et interdiction de tout meeting public (jusqu’à octobre 1976). Les Mauriciens comprennent quand notre police réclame le droit d’appliquer des mesures d’exception, pendant un temps raisonnablement limité. À condition qu’elle les enlève au fur et à mesure au retour du calme. L’exceptionnel ne saurait devenir un état normal exagérément, sinon indéfiniment prolongé. En période d’insécurité inquiétante, toute autorité digne de ce nom a le devoir de rassurer tout le monde, en faisant savoir qu’elle saura se montrer impitoyable à l’égard de tout provocateur, pouvant mettre en danger l’ordre public et la paix sociale. En revanche, tout abus et exagération de sa part met en danger la confiance de la population en elle. La prévention est toujours préférable à un long traitement aléatoire. L’avertissement de septembre 2015 est nettement préférable à l’absence de leadership ressenti en février 1999, encourageant des pyromanes et autres démagogues à abuser d’un relâchement coupable pour créer de nouveaux désordres teintés de partisannerie sinon de racisme, n’ayant rien à voir avec l’origine d’un regrettable incident. Democracy Watch se réjouit du fait que notre paisible population ne s’est pas laissée embobiner par une veule démagogie partisane. Nous espérons que tout autre Premier ministre de Maurice saura faire preuve, en pareille circonstance, de la ferme détermination manifestée par Sir Anerood Jugnauth, après les regrettables troubles des 5 et 6 septembre 2015. Que des politiciens s’abaissent à exploiter ignominieusement un incident aussi regrettable à des fins bassement partisanes et démagogiques, cela dépasse l’entendement. Refusons de tolérer pareille ignominie.
( DWM Team : Michael Atchia, Raouf Bundhun, Roger Leung, Yvan Martial )

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Toujours responsabiliser, jamais infantiliser

À propos des actes de vandalisme commis par des têtes brûlées dans le Sud, les 5 et 6 septembre 2015 (l’Express du 8 septembre 2015), un commentateur faisait ressortir l’« absence de chances égales ». Même si la perception d’une possible dégradation de la situation économique est un des facteurs, pouvant expliquer les réactions déraisonnables de quelques illuminés ou fanatiques, certaines vérités ne sont pas toujours bonnes à être proclamées. Les mentors reconnus de la société mauricienne ont toujours intérêt à responsabiliser autant que faire se peut tout individu. Ils ne doivent jamais, à des fins obscures, sinon douteuses, chercher à infantiliser les membres de notre société. La recherche d’une popularité facile ne peut jamais se faire au détriment de l’intérêt supérieur de la nation. Mieux vaut paraître intransigeant plutôt que d’encourager des plus faibles que nous à agir comme des enfants gâtés. Tout Mauricien, même plongé dans la pire misère morale et physique, se doit d’agir en être responsable de ses actes. Nous devons toujours l’encourager dans ce sens.
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