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Délits routiers : Safe City bientôt habilitée à sanctionner les conducteurs fautifs

Par Patrick Hilbert
Publié le: 21 avril 2026 à 12:30
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Les caméras Safe City ne serviront plus qu’à la surveillance. Un nouveau cadre légal permettra bientôt de sanctionner automatiquement les entorses au code de la route pour renforcer la sécurité.

Les caméras du dispositif Safe City devraient bientôt changer de rôle : d’outil de surveillance générale, elles sont appelées à devenir un instrument direct de répression des infractions routières. C’est ce qui ressort d’une réponse écrite déposée en fin de semaine dernière au Parlement par le Bureau du Premier ministre. Cela fait suite à une question du député et leader de Nouveaux Démocrates, Khushal Lobine, portant sur l’utilisation de ces équipements pour détecter les violations du code de la route.

Le Premier ministre indique que le projet Safe City, mis en œuvre à la suite d’un contrat signé en décembre 2017 entre la police et Mauritius Telecom pour une durée de 20 ans, est opérationnel depuis le 19 août 2019.  Le dispositif comprend 2 000 sites de caméras de surveillance intelligente (IVS) à travers l’île, dont 34 installées le long des autoroutes, ainsi que 75 sites de caméras de surveillance du trafic (ITS), dont 10 sur ces mêmes axes. Selon les données communiquées par le commissaire de police, « depuis la mise en œuvre du projet, 1 959 cas, incluant des crimes et délits, ont été détectés grâce aux caméras Safe City ».

Ces équipements sont actuellement utilisés pour la surveillance et le maintien de l’ordre sur les axes routiers. 

« Le système de caméras Safe City est utilisé par la police pour le suivi et le contrôle des autoroutes et des routes principales », indique le Premier ministre.

Toutefois, le cadre légal actuel limite leur usage en matière de sécurité routière. « À l’heure actuelle, le Road Traffic Act ne prévoit pas la sanction des infractions routières à travers le système de caméras Safe City », souligne-t-il.

Une évolution est néanmoins en préparation. Parmi les mesures annoncées dans le Budget 2025-2026 figure l’extension de l’utilisation de ces caméras. « L’une des mesures annoncées dans le Budget 2025-2026 est que l’utilisation des caméras Safe City sera étendue afin d’améliorer la gestion du trafic et de détecter les infractions routières », indique la réponse.

Dans cette optique, « un comité de haut niveau a été mis en place […] pour piloter l’extension du système Safe City afin de couvrir les infractions liées au trafic », précise le document. Ce comité regroupe plusieurs instances, dont le Bureau du Premier ministre, la police, la Traffic Management and Road Safety Unit, le Central Informatics Bureau et la National Land Transport Authority.

Cadre réglementaire en préparation

Parallèlement, un nouveau cadre réglementaire est en préparation. « Le ministère du Transport terrestre, en collaboration avec la police, travaille sur un projet de Traffic Offence Enforcement Regulations 2026 », est-il écrit.

Sur le plan technique, des améliorations sont également envisagées. « La police, en consultation avec Mauritius Telecom, travaille sur une proposition visant à fournir des fonctionnalités supplémentaires améliorées […] permettant la détection des principales infractions routières. » Celles-ci incluent « l’excès de vitesse, le non-port de la ceinture de sécurité, l’utilisation d’appareils portatifs au volant et les dépassements sur ligne blanche continue ».

Dans l’attente de ces ajustements législatifs et technologiques, l’usage des images reste limité. « Dans l’attente de l’amendement de la législation pertinente et de l’amélioration des fonctionnalités, les images du système Safe City continuent d’être utilisées comme éléments de preuve dans des affaires criminelles », conclut le Premier ministre.

Enfin, il est souligné que « la police travaille en étroite collaboration avec la Traffic Management and Road Safety Unit et la National Land Transport Authority afin d’assurer le respect des lois et des règlements en vigueur », tout en apportant « des contributions techniques pour toute modification de la législation existante ».

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