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Degré zéro

Cette semaine, on a touché le fond sur le plan du décorum parlementaire, avec Ravi Rutnah traitant le leader de l’opposition de « requin moustache » et bien d’autres qualificatifs, et Paul Bérenger répliquant par le terme « ti roquet ». Quelle élégance ! Sans oublier les « honorables membres » qui étaient à deux doigts d’une bataille rangée dans les couloirs de l’Assemblée nationale. Sur le plan politique, nous sommes en fait pas très loin du degré zéro. Pourtant, les résultats des dernières législatives pouvaient laisser présager de l’introduction d’une autre façon de faire de la politique. On aurait pu penser que ceux qui allaient composer le gouvernement et l’opposition auraient appris la leçon. Que nenni ! La nouvelle majorité n’a pas pris beaucoup de temps pour commencer à faire les mêmes erreurs que ses prédécesseurs, dont le fait de se déconnecter totalement du terrain. A priori, le confort d’une vaste majorité parlementaire a des effets soporifiques pour certains. Attention au réveil ! Il peut être brutal. L’opposition n’est guère en meilleure posture. Pendant que Paul Bérenger continue à poser des PNQ sur des thèmes qui ne suscitent que peu d’intérêt, car loin des préoccupations de la population, Navin Ramgoolam reprend ses reflexes de Premier ministre dans ses discours publiques… oubliant qu’il n’est plus qu’un leader extraparlementaire sous le coup d’une petite dizaine d’accusations en tous genres. En restant à la tête du Parti travailliste, malgré tous ces boulets bien accrochés à ses pieds, il ne rend guère service à son parti, qui ne parvient pas à jouer son rôle de contre-pouvoir et d’alternative crédible.
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