Décès d’une jeune femme enceinte de 21 ans : le dossier sera référé au Medical Council
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Defimedia.info
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Le décès d’une jeune femme enceinte de 21 ans à l’hôpital Sir Seewoosagur Ramgoolam (SSR) a été évoqué ce mardi à l’Assemblée nationale à travers une réponse du ministre de la Santé, Anil Bachoo, à une question de la députée Anabelle Savabaddy.
Selon le ministre, la jeune femme s’est présentée au service des urgences de l’hôpital SSR de Pamplemousses le 18 mai 2026 à 23 h 48, se plaignant de douleurs au bas-ventre. Enceinte de 23 semaines, elle aurait immédiatement été recommandée pour une admission à l’hôpital. Toutefois, elle aurait refusé les soins et signé une décharge contre avis médical.
Anil Bachoo a indiqué qu’aucun suivi anténatal n’avait été effectué par la patiente, alors que les protocoles établis prévoient des consultations régulières à l’hôpital ou dans un centre de santé, incluant une évaluation complète par un gynécologue et une échographie. Selon les informations disponibles, elle n’aurait pas bénéficié du suivi anténatal recommandé.
Environ trois heures plus tard, soit le 19 mai vers 3 heures du matin, la jeune femme est retournée à l’hôpital SSR, se plaignant toujours de douleurs abdominales et présentant un léger saignement. À l’examen, les médecins auraient constaté qu’elle était en travail et que le rythme cardiaque du fœtus était absent. Le médecin de garde aurait alors contacté le spécialiste de permanence, qui aurait recommandé une admission en salle de travail afin de permettre l’évolution naturelle de l’accouchement.
Vers 6 h 40, la patiente aurait commencé à saigner abondamment à la suite d’un décollement placentaire. Le spécialiste de garde aurait alors été informé et aurait recommandé son transfert au bloc opératoire pour une intervention chirurgicale, conformément aux protocoles établis. L’intervention aurait été pratiquée vers 7 heures. La patiente aurait ensuite été transférée au service de gynécologie vers 9 heures, son état étant alors jugé stable.
Toutefois, vers 11 h 50, elle se serait effondrée dans le service. Elle aurait été prise en charge par le spécialiste de garde et transférée immédiatement au bloc opératoire. Selon le ministre, une hystérectomie - soit l’ablation chirurgicale de l’utérus - aurait été pratiquée par le spécialiste traitant et le consultant responsable. La patiente aurait ensuite été transférée à l’unité de soins intensifs.
Le 21 mai, vers 9 h 05, une distension abdominale aurait été constatée. Son abdomen aurait été rouvert afin d’évaluer les saignements et elle aurait été maintenue en soins intensifs. Le 22 mai, elle était toujours hospitalisée à l’ICU et suivie par une équipe multidisciplinaire, mais son état aurait continué à se détériorer. Elle aurait développé plusieurs complications avant de décéder le 23 mai à 8 h 40.
Le ministre a précisé qu’une enquête préliminaire, présidée par le directeur régional de la Santé par intérim, avait recommandé une enquête approfondie. Un comité d’enquête indépendant a ainsi été mis sur pied le 26 mai. Son rapport a été soumis au ministère le 1er juin 2026.
Selon les conclusions du comité, l’issue médicale, qualifiée de « catastrophique », serait liée à une combinaison de facteurs, notamment une consommation régulière présumée de cannabis, des complications obstétricales à haut risque et des retards imputables à la patiente. Le rapport souligne également que l’absence de suivi anténatal aurait pu favoriser un décollement placentaire ainsi qu’une coagulation intravasculaire disséminée aiguë.
Le rapport indique aussi que le refus initial d’admission aurait retardé une intervention médicale précoce et cruciale. Une fois réadmise, les équipes médicales auraient appliqué tous les protocoles d’urgence sans délai.
Malgré ces conclusions, Anil Bachoo a indiqué que, « dans un souci de justice et de transparence », le dossier sera référé au Medical Council pour une enquête approfondie et toute action jugée appropriée.
Le ministre a également précisé que le gynécologue n’était pas physiquement présent lorsqu’il donnait ses instructions, celles-ci ayant été communiquées à distance avant qu’il ne se rende à l’hôpital vers 6 heures du matin. Il a annoncé la mise en place d’un protocole plus strict afin d’assurer la présence obligatoire des médecins directement ou indirectement concernés lorsqu’une vie est en danger.
Cette affaire intervient dans le contexte de l’initiative de la GMDOA à la suite de la décision de l’ERT concernant le système de travail par équipes (shift system).