Décès de Ras Natty Baby : Anil Bachoo soulève de « graves manquements » dans l’évacuation médicale
Par
Defimedia.info
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Le ministre de la Santé, Anil Bachoo, est revenu en détail sur les circonstances entourant le transfert et le décès du chanteur Ras Natty Baby au Park Hospital en Inde, évoquant plusieurs zones d’ombre liées au processus d’évacuation médicale, au consentement et au rôle d’une organisation privée. Il répondait à une interpellation du député travailliste Raviraj Beechook à l’Assemblée nationale, mardi.
Absence d’accord médical formel pour le départ en Inde
Le ministre a d’abord indiqué qu’aucune autorisation médicale complète n’aurait été émise par les spécialistes du ministère pour le transfert du patient vers l’Inde. Selon ses explications, cinq spécialistes impliqués dans le suivi n’auraient pas recommandé l’évacuation, estimant que l’état du patient nécessitait une stabilisation préalable.
Il a toutefois été noté qu’un autre praticien aurait validé le déplacement, soulevant ainsi des interrogations sur la cohérence du processus décisionnel.
Un DAMA signé par un proche
Anil Bachoo a également fait ressortir qu’un document de type DAMA (Discharge Against Medical Advice) aurait été signé par un proche du patient alors qu’il se trouvait encore en soins intensifs. Ce document aurait permis la sortie de l’hôpital contre l’avis médical, ouvrant la voie à l’évacuation.
Le ministre a souligné que ce type de décision, dans un cas critique, doit être examiné avec la plus grande prudence, compte tenu des implications médicales et éthiques.
Patient non accompagné et absence d’information des proches
Autre point jugé préoccupant : le patient aurait été transféré vers l’Inde sans accompagnement d’un proche. Le ministre a insisté sur le fait que, dans de tels cas, la présence d’un membre de la famille est généralement requise afin d’assurer le suivi et la prise de décision sur place.
Plus grave encore, il a été rapporté que les proches n’auraient pas été pleinement informés du traitement administré une fois le patient transféré à l’étranger, soulevant des interrogations sur la transparence du processus médical.
Une partie importante de la réponse d’Anil Bachoo a été consacrée à l’organisation OMCA (Overseas Medical Care Assistance), impliquée dans la coordination du transfert de Ras Natty Baby en Inde.
Le ministre a évoqué plusieurs « difficultés » :
gestion contestée des démarches administratives,
communication insuffisante avec les familles,
tensions autour des responsabilités financières liées au traitement et au rapatriement.
Il a également été indiqué que l’organisation aurait lancé une collecte de fonds pour couvrir les frais médicaux et de rapatriement, dans un contexte déjà complexe sur le plan financier et procédural.
Le ministre a également indiqué avoir reçu plusieurs plaintes visant OMCA, dans le sillage de cet épisode. Il a annoncé que ces allégations seront transmises au Medical Council.
Le ministre explique également que son ministère avait entamé le paiement des frais hospitaliers lorsque OMCA a annoncé prendre en charge l’ensemble des coûts, y compris le rapatriement.
Toutefois, face à de nouvelles communications de l’hôpital, le paiement a été suspendu. La banque prend actuellement les dispositions nécessaires pour annuler la transaction et rétablir les fonds sur le compte de la mission, affirme le ministre.
Anil Bachoo a insisté sur la nécessité de faire toute la lumière sur ces pratiques, déclarant vouloir « leave no stone unturned » afin d’identifier d’éventuels manquements et garantir que de telles situations ne se reproduisent pas.
Coûts des traitements : Rs 1 120 000
Le ministre a affirmé que l’État avait pris l’engagement de régler les frais médicaux de Ras Natty Baby, qui s’élevaient à Rs 1 120 000, ainsi qu’une somme de Rs 80 000 pour le rapatriement de la dépouille à Maurice.
Toutefois, il indique que ce n’est que lorsque l’information a été rendue publique que l’OMCA a pris l’engagement d’effectuer les paiements nécessaires au Park Hospital.
“On 28 April, I received a note from the Parliamentary Member that OMCA expressed its inability to pay the hospital fees, given that only Rs 120,000 was collected for his treatment, that’s according to OMCA. At around 1 PM, the government agreed in good faith to pay for the hospital and repatriation fees in respect of late Ras Natty Baby.
The estimated cost of medical treatment claimed by Park Hospital amounted to some Rs 1,120,000 (one million one hundred and twenty thousand Rupees), while an additional amount of Rs 80,000 was quoted by Arham Ambulance Services for repatriation of the body to Mauritius.
On 28 April, our High Commission in New Delhi was informed that all costs related to repatriation would be met by the ministry. It is also to be highlighted that the Commission had already informed his bank to make the necessary arrangements to pay Park Hospital.
It is only at this stage, when this information was already made public, that OMCA informed Park Hospital that, since the organisation had sent the patient for treatment, it would take care of all the expenses, including the repatriation of the corpse
However on 29th april 2026 our mission in New Delhi informed my ministry that Park Hospital will hand over the corps to OMCA Foundation which admitted late Ras Natty Baby and that arrangementts for rapatriation will be coordinated by OMCA accordingly.
Following subsequent communication from the hospital our mission instructed the bank to withhold the payment pending further clarification.
The bank is taking necessary step to ensure that the transaction is reverse and that the funds are restored to the missions account.” a déclaré le ministre.
Âgé de 72 ans, Ras Natty Baby est décédé le dimanche 26 avril en Inde, des suites de complications après une intervention cardiaque.
Tasleem Dilloo, CEO d’OMCA : « Tout est faux ! »
Tasleem Dilloo, fondateur et CEO de l’Overseas Medical Care Assistance Ltd (OMCA), réfute les propos tenus par le ministre de la Santé, Anil Bachoo, au Parlement ce mardi. Il affirme que les declarations de ce dernier sont infondées.
Selon lui, bien que les médecins de l’hôpital Jeetoo n’aient pas autorisé Ras Natty Baby à voyager, la décision finale revenait au patient. Face à la détérioration de son état de santé, ses proches ont sollicité OMCA pour organiser un transfert à l’étranger, explique-t-il.
Tasleem Dilloo précise qu’un médecin indépendant, non affilié à l’OMCA, a certifié que le patient était apte à voyager. Celui-ci a ensuite été pris en charge par une équipe médicale et transféré en Inde dans un état stable. Il rejette également toute affirmation selon laquelle la famille aurait été tenue dans l’ignorance, assurant qu’elle recevait régulièrement toutes les informations nécessaires.
Concernant les frais médicaux et le rapatriement, il indique que les démarches étaient déjà en cours.
« Par la swit, minister inn kontakte nou pou dir ki li pou apporte so soutien, li pou pay Rs 200 000 pou rapatriement. Mais kan bann wrong informations ine koumans sirkile, nou finn desid pou pay tou nou mem », affirme Tasleem Dilloo.
Il affirme que l’organisation dispose d’un plan d’urgence et n’a jamais refusé de régler les frais. Il soutient que des preuves existent et que même le médecin en Inde pourrait témoigner. Il demande enfin au ministre de s’expliquer sur ses déclarations.
« Qui sont ces proches dont fait mention le ministre ? Ce dernier est très mal informé. Pour quelles raisons nous attaque-t-on lorsque nous ne faisons qu'aider ? », se demande Tasleem Dilloo.
Fabrina Louison