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Décès de Farouk Chaumun : les cinq zones d’ombre

Scene of Crime Office (Soco) à l’endroit où a été découvert le corps du sexagénaire. Scene of Crime Office (Soco) à l’endroit où a été découvert le corps du sexagénaire. (En médaillon Riyad Chaumun et Farouk Chaumun)

Plus d’une semaine après, le mystère entourant la mort de Farouk Chaumun, habitant Ollier, Quatre-Bornes, reste entier. Le sexagénaire avait été retrouvé égorgé à proximité de sa maison tôt le samedi 3 novembre. La police se retrouve avec plusieurs zones d’ombre à élucider.

S’agit-il d’un vol qui aurait mal tourné, ou d’une dispute, après laquelle le chauffeur de taxi se serait donné la mort ? C’est l’énigme que devront résoudre les enquêteurs de la CID de Quatre-Bornes qui, à ce jour, gardent toutes ses pistes ouvertes. Durant la semaine, plusieurs membres de la famille Chaumun ont été entendus par les officiers de la CID de Quatre-Bornes. Parmi, l’épouse de la victime, Sulmah Chaumun, son fils Riyad et l’épouse de celui-ci.

Assistés de leurs avocats Imtihaz Mamoojee et Shafik Cassim, Sulma et Riyad Chaumun ont été appelés, le vendredi 9 novembre, à fournir leurs empreintes. Des prélèvements de salive ont aussi été effectués, lesquels seront utilisés par le Forensic Science Laboratory lors des tests ADN sur les vêtements de la victime et du couteau retrouvé à proximité de celle-ci. Ci-dessous, les quelques zones d’ombre à élucider par les enquêteurs.
Vol de jaque

Une première hypothèse avancée le jour du drame serait un vol qui aurait mal tourné. À proximité de la demeure des Chaumun se trouve un jaquier. Ce qui attirait souvent les voleurs, à en croire Riyad Chaumun dans une déclaration à la presse. « J’ai toujours demandé à mon père de ne rien leur dire. Me ou kone, vie dimoun zot amani. Il ne laissait pas entrer des inconnus dans la cour, car il pensait avant tout à notre sécurité », avait-il dit. Cependant, l’absence de jaque sur l’arbre intrigue les enquêteurs. L’interrogatoire d’un vendeur de jaques et d’un habitant d’Ollier, le lundi 5 novembre, n’a rien donné. Les deux hommes ont été autorisés à rentrer chez eux.

Dépressif

Farouk Chaumun, 66 ans, aurait fait une tentative de suicide, il y a environ deux mois. C’est du moins ce qu’a déclaré son épouse, Sulmah Chaumun, lors de son interrogatoire le vendredi 9 novembre. Aux enquêteurs, Sulmah Chaumun a expliqué avec moult détails l’état dépressif de son époux : les traitements qu’il suivait, les médecins qu’il consultait, les médicaments qu’il prenait, etc. Sulmah Chaumun a aussi fait ressortir que son époux n’était pas dans son assiette depuis deux semaines et qu’il ne prenait pas ses médicaments régulièrement.

Vidéo surveillance

Les enquêteurs de la CID de Quatre-Bornes ont aussi consulté les images des caméras de surveillance aux alentours de sa demeure. L’une d’elles, qui donne sur l’impasse où habite les Chaumun, les intéressent particulièrement. Selon une source proche de l’enquête, Farouk Chaumun aurait été vu debout pendant quelques minutes près du jaquier. « Mais on pouvait apercevoir uniquement ses pieds. Impossible donc de dire ce qu’il faisait. était-il seul ? Parlait-il à quelqu’un ? Si oui, à qui ? » s’interroge notre source.

Le couteau

Un couteau retrouvé près du corps de Farouk Chaumun a été envoyé au Forensic Science Laboratory à des fins d’analyses. Fait intriguant, le couteau ressemble à ceux retrouvés dans la cuisine des Chaumun lors d’un état des lieux par la police. L’épouse de Riyad Chaumun confirmera d’ailleurs, lors de son interrogatoire qu’il s’agit bien d’un couteau appartenant à la famille.

Propos incohérents

Le fils de Farouk Chaumun a été de nouveau entendu par les enquêteurs de la CID de Quatre-Bornes mardi. Ceux-ci voulaient des éclaircissements de la part de Riyad Chaumun, car celui-ci tergiversait dans ces propos sur la façon dont les événements s’étaient déroulés le samedi 3 novembre. Riyad Chaumun aurait alors fait comprendre aux officiers de police qu’il était bouleversé le jour du drame, d’où les inexactitudes dans ses différentes versions. Après son interrogatoire, Riyad Chaumun a été autorisé à rentrer chez lui.